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robocup555 - publié le Samedi 29 Septembre à 00:00

Gouvernement : inflation de 'ministrables'




Le vif débat suscité par la nomination d’Abbas El Fassi au poste de Premier Ministre et les complexes tractations qui ont suivies sur la coalition gouvernementale et la répartition des portefeuilles ministériels ont fait oublier l’essentiel : le programme des partis qui seront au gouvernement correspondra t-il à leur programme électoral ? La loi de Finances 2008 sera-t-elle celle de la majorité sortante ou de la nouvelle équipe ? Même si la même équipe est reconduite, Quid des promesses électorales sur le budget 2008 ?



Des négociations qu'on imagine d'épiciers sont ouvertes depuis 8 jours dans le secret presque absolu, nous ramenant à une époque que l'on pensait révolue. Des partis vaincus, qui se réclament soudain membres d'une certaine coalition, ce qui fait d'eux des vainqueurs. Le parti arrivé en 2ème position est presque ignoré. Toutes les tractations et négociations de « paliers » ne portent que sur le nombre de ministères qu'aura chaque parti, comme si les élections n'auront finalement servi qu'à cela, ce qui donne raison aux arguments des 63 % d'abstentionnistes et renforce la conviction que les partis ne sont pas crédibles.

La course aux fauteuils

Dans toute démocratie qui se respecte, les coalitions se font avant et non après les élections, sinon, on usurpe la voix des électeurs. En admettant l'idée que nous sommes en apprentissage de démocratie, même dans ce cas, les coalitions devraient se faire sur la base de similitudes d'orientations idéologiques et de rapprochement de programmes politiques. Or, à quoi assistons-nous sinon à une mascarade où les partis sont en cachette en train de se partager le gâteau. Même les médias se prêtent au jeu et chacun allant de son pronostic de qui est l'heureux ministrable.

Dans toute démocratie qui se respecte et qui veut promouvoir l'émergence d'un exécutif fort et d'un législatif tout aussi fort, les coalitions se font selon des idéologies communes. La coalition gouvernementale devrait oublier Al Koutla et Al Wifaq, coalitions nées de l'alternance voulue par Hassan II au début dés années 1990, et réalisée en 1997, il y a 10 ans, pour copier la Gauche/Droite française en diluant les partis dits progressistes, en réalité non makhzéniens, dans un gouvernement dirigé par un exilé socialiste Abderrahmane El Yousfi et initié et contrôlé par Driss Basri. Ces coalitions sont aujourd'hui désuètes et appartiennent davantage à une fin de règne.

Dans cette logique, comment expliquer à un électeur que le PJD, islamiste modéré cotoie dans l'opposition l'UC, droite libérale, deux partis ni plus ni moins islamiques ou libéraux que l'Istiqlal et que de nombreux partis de l'extrême gauche à l'extrême droite sont dans l'opposition. Quelle opposition peut-on attendre sans qu'il y ait un choix du courant et du contre courant, du conservatisme et du progressisme, du libéralo-islamisme et de la social-démocratie, de la chose et de son contraire, voilà pourquoi on se déplace dans les bureaux de vote, sinon à quoi bon si c'est pour dépenser une fortune en élections, une autre fortune dans 2 chambres pour finalement assister à une mascarade.

Pôles ministériels

Dans les démocraties, on groupe les pôles ministériels et on crée de nouveaux centres d'intérêt. Au Maroc, nous avons besoin d'un Ministère de la Consommation pour réglementer un pan de l'activité humaine qui échappe à tout contrôle. Le cas des jouets Mattel doit nous donner à réfléchir, les marocains sont exposés en permanence à la mal-consommation : produits non étiquetés, ni en prix, ni en composition, produits périmés, dangereux pour la santé, importés de Chine ou fabriqués au Maroc, et ce, sans que personne ne s'en émeuve, ni aux départements du Commerce, ni à ceux de la Santé. Nous avons besoin d'un Ministère de l'Ecologie pour évaluer les pertes cumulées depuis 1980 sur nos ressources agricoles, forestières et halieutiques dues au réchauffement de la planète et aux effets de serre. Dans le cadre de coopération à la fois bilatérale et multilatérale avec nos partenaires américains et européens, nos problèmes de sécheresse et leurs conséquences sur notre économie doivent être défendus afin que la solidarité riches/pauvres, pollueurs/pollués, se manifeste en temps réel. La mondialisation a un coût et c'est aux nantis de le supporter.

La tache d'Abbas El Fassi n'est pas facile et n'est pas dénuée de coups bas, ni de rancoeur, et tout laisse croire que ce sera : retour à la case départ, c'est le Roi qui va trancher au bonheur des …abstentionnistes qui auront eu raison de se taire.


Tagué : maroc, robocup555

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