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Dr. Essahal mohammed - publié le Lundi 21 Mars à 10:11

France : la guerre des gauches






Que se passe-t-il dans le parti de la rose? C’est une crise plus grave que dans le passé, si on se souvient des congrès et des frondes, car les idées des socialistes au gouvernement en matière économique ont échoué et ceux qui veulent gouverner sont obligés de faire des compromis avec les idées libérales.
Un parti socialiste divisé et toute une gauche ébranlée par les fortes turbulences liées aux choix du gouvernement, en commençant par la loi Macron, le projet de la déchéance de nationalité et la réforme du droit du travail qui a provoqué des manifestations dans la rue.

Que veut M. Aubry ?
Depuis longtemps, elle n’aime pas la politique du gouvernement, elle ne supporte pas en peinture M. Valls, sur sa tribune, elle l’a dit un peu plus fort, elle a franchi ce handicap dans un texte par une violence politique excessive sur le gouvernement.
Elle me semble qu’elle est dans un petit engrenage que ceux de ses amis contents de son retour et qui sont les mêmes qui ont signé dans son absence, une pétition pour les primaires qui avait été adopté par le quotidien ‘’la libération’’, mais, elle les rejoigne, elle l’a fait à sa façon, c'est-à-dire pourquoi pas cette primaire? Mais elle n’a pas été politiquement violente sur ce point.
Décrypter M. Aubry : elle veut jouer le statut du commandeur, elle est la dame des tente cinq heures, et on ne doit pas toucher au code du travail, elle fait un coup politique, dans un contexte marqué par une colère contre les actions du gouvernement.
En ce qui concerne, la déchéance de la nationalité, les français ont adhéré, mais pour le code du travail, la contestation à travers la tribune sur le fameux quotidien ‘’le monde’’ est un acte politique, et non pas un moment d’une mauvaise humeur, car derrière cet acte, les cosignataires veulent liquider la tentation libérale du gouvernement, et au sein même du parti socialiste, par conséquent, pour eux, il y’a une condamnation d’une politique extrêmement dommageable pour le pays.
Pourquoi attendre si longtemps ? Pour le faire, la conjoncture politique et économique avec la loi ELkhomri est favorable, elle ne supporte pas M. Valls qui est allé en Allemagne pour critiquer la politique du Merkel, elle ne tolère pas sa ligne réformiste, puis, il y’a l’appel à la mobilisation dans la rue, ce qui va obliger le gouvernement à réfléchir deux fois.
Subséquemment, le climat est favorable pour lancer sa tribune, après un remaniement qui ne lui a pas plu, aussi, plus qu’on s’approche de 2017 moins qu’on estime que le président en exercice est le candidat naturel, en abandonnant des pans entiers du code du travail et de sécurité sociale.
Donc pour un militant de gauche, c’est vraiment trop, ce qui a atteint même le groupe parlementaire du parti socialiste au sein de l’assemblée nationale, et c’est pareil dans la rue, beaucoup de gens pensent comme elle, qui arrive en Guest star à Lille, chez les défenseurs des primaires en plaidant que le président en exercice doit se soumettre lui aussi aux primaires et qu’il n’est plus le candidat naturel, en plus les primaires vont être ouvertes à toute la gauche.
La maire de Lille se place de plus en plus en jeu, en l’absence d’un projet ficelé, mais, il apparait que le divorce est consommé et que le dernier remaniement les séparent pour du bon.
Dans cette situation, en réclamant les primaires, elle lance ses pions pour prendre la tête d’une fronde anti-Valls, et renforce l’idée que la gauche a besoin d’une explication et que le parti socialiste doit se réunir et de se prononcer sur le futur visage de la gauche.
Quoi qu’il en soit, elle cherche à rendre impossible la candidature de son éternel ennemi M. Valls, ce dernier après les manifestations contre la réforme du droit du travail a confirmé qu’il faut une explication, plus encore de la consultation, mais, ni l’un ni l’autre ne sont dans l’après Hollande, et tout le monde a des idées, ce qui demeure encore flou, car il y’a des postures, lorsqu’on dit une primaire pour toute la gauche.

On a un parti socialiste qui ne sait où l’on est, car à la limite de l’organisation d’une primaire, le problème, c’est de se mettre d’accord avant de l’organiser, ce qui relie à la question suivante: face au clivage gauche-droite qui organise la vie politique en France, les partis ont peur du Front national, ils disent que toute la gauche doit être réunie.
Ainsi, la question de la primaire fera l'objet d'un conseil national, du parti, le 9 avril prochain, au moment où les "deux gauches" estiment certains, qu’elles sont semblablement divisées, plus encore, au niveau du centre, on parle de l’alternance au pouvoir.
De son côté, J.C Combadélis soutenu par une quarantaine de personnalités socialistes, se force de préserver l'unité du parti socialiste, particulièrement l’appel au renouvellement total des relations du parti socialiste avec la société civile afin de produire une «belle alliance» à gauche dans la ligne droite pour 2017.

La cohésion des rangs socialistes est singulièrement mise à mal depuis le début de l'année, avec la polémique autour de la déchéance de nationalité et la réforme du code du travail. Ce projet de réforme a fait sortir de ses gonds Martine Aubry, qui a pourfendu la politique gouvernementale, ce qui rend l’apaisement délicat et le consensus au sein du parti très difficile.

Une primaire pour tous :
Une primaire pour tous, affecte naturellement la légitimité du président en exercice, mais en cherchant dans la constitution de la V ème république, rien n’est écrit, alors que dans les statuts des partis, il est écrit que la désignation d’un candidat, se fera par des primaires, donc se sera une violation des statuts du parti socialiste, si on ne va pas les faire, mais il est dit une primaire, et non pas une primaire de toute la gauche.
Pour lever toute nuance, Monsieur Cambadilis a une explication juridique pour le président sortant et c’est évidemment le cas, les statuts ne disent pas que c’est obligatoire, donc il faut attendre la décision du président, s’il va, il se sera trop tard pour organiser des primaires, mais une primaire pour toute la gauche, pourrait être bien pour les gens qui aiment les concepts de la gauche.
La seule solution, c’est de laisser les choses floues pour que le temps se charge de la rendre impraticable et c’est la méthode Hollande.
Notant que la dernière primaire de 2011, comprenait cinq candidats socialistes et un candidat radical du gauche, elle s’avère qu’elle a un sens, car c’est une famille politique qui est d’accord sur à peu près tout pour gouverner, mais une primaire pour toute la gauche, c’est très bien, toutefois, elle est impossible.
De ce fait, le jeu c’est pour une primaire sans préciser le contenu et laisser la vie politique se charger pour la rendre irréalisable, certains politologues et analystes attirent l’attention du côté de M. Valls, chez celui-ci, on ressent de la fébrilité, en montrant, tout de même sa loyauté au président, pourtant, il se démarque à chaque fois sur des choses et en faisant les savoir à la presse.

S’il ne le fait pas de manière expresse, c’est une posture qui ressemble à celle d’un candidat à succession, si le chef n’ira pas et tout sait que se sera M. Valls en regardant les sondages où 56% des français estiment que M. Valls incarne la gauche moderne et progressiste contre 38% pour Aubry, aussi se sont 73% qui considèrent, qu’il est déterminé et 68% assurent qu’il est dynamique alors que 59% le voient courageux, cependant ce ne sont que 20% qui estiment qu’il rassemble son camp, et seulement 23% croient qu’il obtient des résultats.
Quant au décalage de perception entre la personnalité politique et l’action, se sont 53% de sympathisants de la gauche moderne qui se prononcent pour M. Aubry contre 45% seulement pour M. Valls.
Donc, c’est consternant ce qui va affecter le taux de participation aux présidentielles de 2017, car on ressent des contradictions entre les idéologies et la capacité de gouverner avec des textes qui passent au forceps en plus de la haine, ce qui témoigne de l’absence de solidarité entre les socialistes.
On peut dire que c’est une donne assez compliquée où tout le monde prend conscience, mais comme impact sur l’opinion publique, c’est catastrophique car la politique n’est pas une profession règlementée, donc peut-être, on peut s’attendre à une uberisation du secteur économique, mais on ne peut jamais, imaginer une seconde une telle uberisation sur le plan politique.

En conséquence, on peut juger sur le fond et dire que M. Aubry n’est pas candidate, mais elle a enclenchée la guerre entre les socialistes qui représentent des sensibilités différentes sur le fond et c’est assez logique que le parti socialiste rentre dans des primaires pour faire un choix sur la ligne politique.
Ceci dit, il n’y a pas de combats sur le plan personnel, et la reposte du premier ministre à la tribune de M. Aubry et ses amis était sanglante, lorsqu’il a dit « qu’on l’appelle sociale-libérale, sociale-réformiste, libéral et fier de l’être».
Ainsi, Valls a mis son clan devant ses responsabilités et il a appelé à une clarification, il croit à la rupture consommée et affiche plus que jamais sa ligne politique, de même le trio Valls- Macron- ELKhomri incarne cette affiche libérale et affirme son unité sur la thématique du travail en se positionnant en première ligne, tout en répliquant que cette loi ne doit pas faire polémique, il s’agit d’adapter le pays, de regarder ce qui marche à l’extérieur et de l’intégrer dans la législation.
De sa part, la ministre M. ELKhomri souhaite que cette loi puisse donner plus de souplesse et de liberté à l’entreprise, alors que les salariés ne voient pas tous où se trouve leur intérêt, pour certains syndicalistes, cette loi déplore le visage libéral de l’exécutif socialiste, en avançant qu’il écoute attentivement les propositions du MEDEF.
Par conséquent, cette loi cristallise les critiques contre l’exécutif et le premier ministre est particulièrement visé car la tribune signée lors du fameux mercredi porte sur les méconnaissances et les vérités de M. Valls, car on affirme que ce n’est pas non seulement l’échec du quinquennat qui se profile, mais «un affaiblissement durable de la France qui se prépare» et bien évidemment la gauche.
Même, en dénonçant un texte libéral et dangereux, les syndicats paraissent comme archaïques et sept d’entre eux ont appelé à la grève le 9 mars (220 000 manifestants selon les autorités) pour le retrait de la loi EL Khomri.
Le gouvernement était obligé de s’ouvrir pour entamer des consultations avec des centrales syndicales et les représentations des étudiants, d’apporter des précisions et de faire des corrections de la première mouture du texte, mais la mobilisation du 17mars est moins importante(69 000manifestants) que la précédente, dans l’attente du 31 mars, particulièrement les lyciens qui ne sont pas concernés.

Le gouvernement a fait pencher nettement la balance du côté de la flexibilité, au détriment de la sécurité, au point de susciter l’opposition de la CFDT, son partenaire syndical pourtant indispensable, ainsi, le gouvernement a donc réussi à provoquer un périlleux front du refus, qui rassemble les syndicats, une grande partie de la gauche, ulcérée ou déboussolée, la société civile, qui pétitionne à grande échelle sur Internet contre le projet.
Ainsi, de la frustration liée au contenu de la loi et des politiques menées, une colère qui s’accumule depuis des mois, ce qui pose la question si on voulait dégommer Valls et faire monter E. Macron.
Il faut dire que M. Valls qu’on l’attendait en 2022, est estimé par Mélenchon qu’il s’est déjà lancé dans les présidentielles de 2017, celui-ci, va plus loin pour parler d’une révolution du palais, mais il reste à savoir si le couple de l’exécutif se tiendra jusqu’à la fin de quinquennat.
Par ailleurs pour mener une réforme un rapport de l’OCDE pose des conditions à savoir :
- il faut une compagne sur la réforme,
- Il faut de la communication sur la réforme, le cout de faire ou de ne pas la faire,
- Il faut faire des analyses vigoureuses et que la majorité au gouvernement soit d’accord avec la politique.
Cependant, sur le fonds, on est dans une économie de l’innovation où il y’a, des métiers qui vont disparaitre, ce qui exige de la flexibilité dans le bon sens, en discutant avec les partenaires sociaux :
- La gauche au gouvernement a été long à comprendre certains paradigmes économiques, car, c’est l’entreprise privée qui fait la croissance et crée de l’emploi,
- Elle a été plus long à réaliser qu’il y’a des salariés précaires ou pas de salariés du tout, et qu’ils sont nombreux que des salariés avec statuts,
- elle a progressivement changé de ligne,
- elle a fait le pacte de responsabilité,
- elle a baissé des charges que leur demande le MEDEF depuis des années.

Donc, la gauche au gouvernement a réussi à satisfaire les demandes du MEDEF et de réformer le code du travail, ainsi, il appartient au chef de l’Etat de faire l’équilibriste là où M. Aubry attaque le pouvoir socialiste, la dame des 35 heures attaque ce qu’elle considère la gauche molle, alors que toutes les hypothèses sont aujourd’hui sur la table.
Ce qui est sûre, le parti socialiste est en crise de transition en perdant la bataille des idées, même il est attaqué par l’idéologie de la destruction des années soixante, en ignorant toute la réalité.
En conclusion, une crise sociale rampante depuis des mois, la majorité à gauche est divisée, les jeunes battent le pavé, et la bataille d’explication est perdue pour garder le texte et limiter la colère dans la rue.



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