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Reuters - publié le Mercredi 27 Janvier à 15:47

France. Taubira démissionne sur "un désaccord politique majeur"





Taubira / AFP
Taubira / AFP
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a démissionné mercredi du gouvernement en raison d'"un désaccord politique majeur" sur la politique sécuritaire du gouvernement, une décision attendue qui clôt de longs mois de défiance.

Elle a présenté sa démission au chef de l'Etat avant le conseil des ministres, le jour de la présentation par le Premier ministre de la révision de la Constitution sur l'extension de la déchéance de nationalité, disposition, finalement expurgée, qu'elle combattait.

Christiane Taubira est remplacée par le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des Lois de l'Assemblée nationale, un proche du Premier ministre. (voir portrait )

"Je quitte le gouvernement sur un désaccord politique majeur. Je choisis d'être fidèle à moi-même, à mes engagements, à mes combats, à mon rapport aux autres", a-t-elle expliqué lors d'une déclaration à la presse avant la passation de pouvoirs.

En fonction depuis le 16 mai 2012, l'"icône" du mariage homosexuel, porte-parole des frondeurs de la gauche, met ainsi fin à une situation inconfortable, voire intenable, au sein d'un gouvernement où elle était de longue date en porte-à-faux avec François Hollande et Manuel Valls. (voir portrait )

Attaquée régulièrement par l'opposition qui réclamait sa démission, Christiane Taubira, qui aura 64 ans le 2 février, avait mené à son terme en 2015 une réforme pénale jugée "laxiste" par la droite et le Front national pour avoir supprimé notamment les peines planchers.

"LE DERNIER MOT A L'ETHIQUE"

La présidente du FN, Marine Le Pen, a salué mercredi "une bonne nouvelle pour la France" dans un concert de réactions de soulagement au sein de l'opposition. Les "frondeurs" socialistes et des responsables écologistes, telle Cécile Duflot qui démissionna en 2014 du gouvernement, ont loué pour leur part le "courage" et les "convictions" de la ministre.

A l'Assemblée, les députés socialistes et écologistes se sont levés pour l'applaudir après qu'elle eut été remerciée pour des "combats emblématiques" et des "moments historiques".

La décision du chef de l'Etat, après les attentats du 13 novembre, de constitutionnaliser la déchéance de nationalité pour les binationaux nés français convaincus de terrorisme, aura précipité le départ de Christiane Taubira alors qu'elle avait exprimé le voeu de rester à son poste.

Ironie du sort, le gouvernement, au nom de l'unité nationale, a finalement renoncé à inscrire la référence aux binationaux dans la Constitution, a annoncé mercredi Manuel Valls en présentant un texte remanié devant la commission des Lois de l'Assemblée.

"Parfois résister c'est rester, parfois résister c'est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l'éthique et au droit", avait écrit auparavant Christiane Taubira sur son compte Twitter, avec l'emphase littéraire qui caractérisait ses discours.

Le ton s'est durci lors de sa déclaration à la presse : "Nous ne devons lui concéder aucune victoire, ni militaire, ni diplomatique, ni politique, ni symbolique", a-t-elle dit du "péril terroriste".

"Pour elle, le seul fait d'inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution est inacceptable", a-t-on expliqué dans son entourage.

UNE NOMINATION AU CONSEIL CONSTITUTIONNEL?

Ouvertement hostile à l'extension de la déchéance de nationalité -- mesure qui lui donnait un "haut-le-coeur" confiait-elle le 18 novembre dernier sur France 5 --, Christiane Taubira avait plusieurs fois exprimé son désaccord.

Lors d'une visite en Algérie le 22 décembre, elle avait même annoncé sur une radio locale l'abandon de cette mesure symbolique plébiscitée par les Français dans les enquêtes d'opinion. Elle estimait alors que la réforme, qui divise profondément la majorité, "posait un problème de fond sur le principe fondamental qu'est le droit du sol".

Le lendemain, Manuel Valls la désavouait publiquement en annonçant le maintien de la disposition contestée et en soulignant que "le respect de la parole présidentielle s'impos à tous."

"Chacun a droit à ses doutes, à ses interrogations, à ses questionnements et à ses analyses", avait toutefois ajouté le Premier ministre lors d'une conférence de presse aux côtés de Christiane Taubira.

L'équation politique devenant inextricable, Manuel Valls s'était résolu à défendre lui-même le projet de loi constitutionnelle devant les députés, à partir du 5 février, alors que cette mission incombait à la garde des Sceaux. Jean-Jacques Urvoas, qui a décidé début décembre un outil de contrôle de l'état d'urgence, devait en être le rapporteur.

La démission de Christiane Taubira intervient quelques semaines avant un remaniement attendu, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius étant donné partant pour le Conseil constitutionnel en mars prochain.

Trois nouveaux "Sages" doivent être nommés, un par le président de la République, un par le président du Sénat et un par le président de l'Assemblée nationale, et le nom de Christiane Taubira a été cité parmi les prétendants possibles.

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