Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Appel à renforcer le rôle des jeunes dans le suivi de l’Agenda 2030 à... | via @lemagMaroc https://t.co/CmCOvzqFM2 https://t.co/80Vlht9g1c



Sophie Louet - Reuters - publié le Vendredi 2 Août à 13:47

France-L'UMP, "canard sans tête" en quête d'un chef




Paris - L'UMP, combien de divisions? C'estun parti d'opposition sans boussole, déchiré par les ambitionset les faux-fuyants idéologiques, comme suspendu au bon vouloirde Nicolas Sarkozy, qui se prépare à affronter en septembre une majorité affaiblie.



France-L'UMP, "canard sans tête" en quête d'un chef
"Unité, unité, ils n'ont que ce mot à la bouche, mais chacunfait sa petite cuisine dans son coin", lâche un député UMP,résumant l'état d'esprit de nombre d'élus qui jugent que lesstigmates de l'élection interne de l'automne 2012 restent à vif.

Les luttes sourdes qui étreignent historiquement la droitedepuis les années RPR-UDF étouffent plus que jamais le débat.

Le "Sarkothon" et ses quelque 9 millions de dons récoltéspour compenser en partie l'invalidation des comptes de campagnede Nicolas Sarkozy par le Conseil constitutionnel ont pu laisseraccroire à une UMP debout malgré l'adversité.

"La bonne nouvelle en ce milieu d'été, c'est que l'UMP estde retour", a estimé Luc Chatel.

Mais le faux-semblant du sauvetage financier masque laréalité : plus d'un an après la défaite de 2012, le premierparti d'opposition se cherche toujours un chef de file et uneligne politique.

"L'UMP est sans direction, telle un canard à qui on a coupéla tête. Du coup, les leaders s'égaillent", juge Stéphane Rozès,président de Cap (Conseil, analyses, perspectives).

Faute de budget, le parti n'organisera pas cette année sesuniversités d'été et journées parlementaires, démonstrations decohésion qui ne trompaient personne.

En "chapelles" ou "tribus" selon l'humeur de parlementairesdéconfits, les prétendants déclarés ou putatifs à l'électionprésidentielle de 2017 feront leur rentrée dans la dispersion,chacun avec son club de réflexion.

"HOLLANDE EST ASSURE D'ETRE REELU"

Le 18 ao t, Laurent Wauquiez et sa "Droite sociale" seréunissent en Haute-Loire, puis Jean-François Copé, président del'UMP, à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône) sous la bannière de "Génération France".

Personnalité politique préférée des Français selon CSA,François Fillon, qui entend disputer à Nicolas Sarkozy le titrede leader de la droite, organisera un séminaire de réflexion le28 ao t dans la Sarthe. Puis "Les Amis de Nicolas Sarkozy" serassembleront les 1er et 2 septembre à Arcachon (Gironde).

Autant d'ambitions rivales, autant de risques debalkanisation.

"Si on continue comme ça, François Hollande est assuréd'être réélu", dit un autre député.

Même le scénario incantatoire d'un retour de NicolasSarkozy, présumé "providentiel" et entretenu comme tel par sesfidèles malgré l'instauration de primaires d'investiture pour2016, ne chasse plus les inquiétudes.

"Au lieu de tirer les leçons de l'impasse dans laquelle nousnous sommes mis, une nouvelle historiographie se propage : ellevoudrait que la première défaite d'un président sortant depuistrente ans ait finalement été une 'presque victoire' commeWaterloo", analyse le sénateur UMP Philippe Bas dans une récentetribune dans Le Monde.

"Mais puisqu'il s'en est fallu d'aussi peu, continuons dansla même direction (...) et jetons-nous dans les bras du mêmechef", ironise l'ancien secrétaire général de l'Elysée sousJacques Chirac.

L'analyse a toujours cours à l'UMP : "Deux à trois semainesde campagne de plus nous auraient permis de gagner. Malgré safaçon d'être, Sarkozy est plus rassurant pour les Français queHollande", avance un membre de la direction.

LE TABOU DE L'INVENTAIRE

"La présence-absence de Nicolas Sarkozy empêche de faireretour sur l'expérience passée, elle empêche l'UMP d'avancer",souligne Stéphane Rozès.

François Fillon a achevé sa rupture avec l'ancien présidenten se refusant avec rare virulence, le 11 juillet, à une "UMPcongelée, au garde-à-vous" liant son avenir à "un homme".

Avec Alain Juppé ou Bruno Le Maire, tous deux d'unevigilante discrétion, et Jean-Pierre Raffarin, il tente des'attaquer au tabou de "l'inventaire", non sans arrière-penséetactique - celle de réduire l'enjeu de la primaire à un duelentre l'ancien président et lui-même.

L'ancien Premier ministre a mis en ligne le 24 juillet surson blog "35 propositions pour la France" dont il appelle sesconcitoyens à débattre.

"Miser sur le discrédit de la gauche n'assurerait ni notrevictoire, ni notre capacité réelle à moderniser notre pays. Pourincarner une alternative forte et crédible, il faut commencer àbâtir notre projet", écrit-il.

Réplique de l'ex-ministre sarkozyste Rachida Dati dans LeFigaro Magazine : "Nicolas Sarkozy n'empêche ni le débat d'idéesni l'émergence d'un autre leader ou d'un homme d'Etat, mais nousen sommes loin".

Jean-François Copé, vainqueur par défaut du duel avecFrançois Fillon pour la présidence de l'UMP, assure oeuvrer à unprogramme commun à travers les "Assises de la refondation", maisdes analystes jugent que son autorité est trop entamée pourl'autoriser à incarner une improbable "synthèse".

Entre droite décomplexée, qui assume la reprise de thèmesidentitaires du Front national et droite modérée, lesdivergences paraissent irréconciliables et empêchent l'émergenced'une doctrine. Ce ne serait pas pour déplaire à NicolasSarkozy, voire Jean-François Copé, qui joueraient la divisionlatente pour s'imposer in fine, selon des membres du parti.

Les élections municipales de 2014 constitueront à ce titreun arbitrage déterminant entre les tenants de la "droitisation"et ceux d'un recentrage.



               Partager Partager