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Jawad Kerdoudi via Marance.info - publié le Jeudi 24 Octobre à 17:50

Fin de la crise budgétaire américaine : Soulagement aux Etats-Unis et dans le monde






Jawad Kerdoudi
Jawad Kerdoudi
Le Congrès américain dans la nuit de 16 Octobre 2013 a mis fin à la crise budgétaire en relevant le plafond de la dette et en autorisant le financement du gouvernement. De ce fait le « Shutdown » est terminé, et les 900.000 fonctionnaires qui avaient déserté leurs bureaux le 1er Octobre 2013 ont repris le travail le 17 Octobre. Selon l’Agence Standard & Poor’s la fermeture partielle du gouvernement américain a coûté au pays une baisse de 0,6 point de croissance du quatrième trimestre 2013 et un montant de 24 milliards de $.

Cette victoire incontournable de Obama est dûe à la fermeté du Président qui a refusé tout compromis avec les Républicains. Ces derniers sous l’impulsion du « Tea Party » ont exercé un véritable chantage sur la Maison blanche : pas de vote du budget, pas de déplafonnement de la dette sans un report de l’Obamacare, l’assurance maladie introduite en 2010 et qui devait entrer en application le 1er Octobre 2013. Ce n’est  pas la première fois que le Président Obama est entré en conflit avec les Républicains, puisque pendant l’été 2011 il a été obligé d’opérer des coupes sombres dans le budget fédéral. Le Président Obama n’a cessé durant les 16 jours du « Shutdown » de dénoncer la « prise d’otages » et « les demandes de rançons » des Républicains. Il a refusé de négocier le crédit et la réputation des Etats-Unis. D’ailleurs 74 % des américains ont rendu les Républicains responsables du « Shutdown ». Le Président Obama a déploré qu’il est obligé de gouverner le pays « d’une crise à l’autre », ce qui est préjudiciable à l’intérêt des Etats-Unis aussi bien sur le plan intérieur qu’extérieur.

Il faut noter que l’accord arraché aux Républicains est de portée limitée. En effet, le financement du budget fédéral n’est assuré que jusqu’au 15 Janvier 2014, et le déplafonnement de la dette jusqu’au 7 Février 2014. L’accord a cependant décidé la création d’une Commission bi-partite qui devrait trouver un compromis avant le 13 Décembre 2013 sur l’architecture du budget à long terme. Le choix des dates 15 Janvier et 7 Février a été causé par le souci d’éviter la collision entre le « Shutdown » et le déplafonnement du budget fédéral. Il n’en demeure pas moins que si l’Obamacare n’a pas été touché pour le moment, le problème risque de nouveau d’être posé début 2014.

Cette situation préjudiciable aux Etats-Unis sur le plan intérieur et extérieur est dûe au fait que si le Parti démocrate (celui du Président Obama) est majoritaire au Sénat, il ne l’est pas à la Chambre des Représentants. Or la Constitution américaine octroit le pouvoir législatif au Congrès, et aucune loi ne peut passer sans son accord. Il faut espérer qu’aux prochaines élections législatives de mi-mandat de Novembre 2014, le parti démocrate puisse gagner également la majorité à la Chambre des Représentants. Ce qui est loin d’être garanti, car la société américaine est traversée par un fort courant qu’on peut qualifier « d’extrême droite ». Ce courant est généreusement financé par certains milliardaires américains, tels que les Frères Koch qui disposent d’une fortune de 36 milliards de $ chacun. Les moyens utilisés sont des officines tels que Freedom partners, Génération opportunity, Héritage, ou Americans for prosperity, qui a été l’artisan de la victoire des extrémistes du « Tea Party ».

Les américains sont également inondés de spots TV, d’études et de sondages orientés. Les idées véhiculées par ce courant sont : refus de toute intervention de l’Etat dans l’économie (moins d’Etat), services sociaux et impôts minimum (lutte acharnée contre l’Obamacare) opposition à toute réglementation environnementale (négation du réchauffement climatique).
Vu de l’extérieur, on ne peut que souhaiter la victoire du parti démocrate aux prochaines élections législatives de Novembre 2014. L’extrême droite américaine comme d’ailleurs européenne, véhicule des idées dangereuses pour la paix sociale intérieure, et belliqueuse sur le plan international.

Jawad Kerdoudi
Président de l’IMRI
(Institut Marocain des Relations Internationales)


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