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Abderrahmane HADDAD - publié le Mardi 5 Mars à 14:56

Fès : Réhabilitation de l’histoire et de la population




nfin ! Une approche intégrée avec une garantie royale. C’est ce qu’attendait certainement la cité millénaire de Fès depuis au moins son classement par l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture), en 1981, au rang de patrimoine mondial de l’humanité. Depuis, des fonds d’ici et d’ailleurs ont été alloués aux murailles et monuments de la ville. Différents projets de réhabilitation ont été menés. Mais paradoxalement, la situation s’est dégradée. L’approche purement touristique tournée vers l’étranger n’a pas donné ses fruits. Et l’agence de dédensification et de réhabilitation de Fès, acteur pilote et fédérateur de l’opération de sauvetage, s’est trouvée en fin de compte au bord de la faillite.



Abderrahmane HADDAD
Abderrahmane HADDAD
Réhabiliter n’a jamais signifié redorer le blason de la ville afin de la présenter dans la meilleure apparence aux étrangers qui auraient à contempler les rues et les ruelles au prix de photos et de nuitées dans les hôtels et maisons d’hôtes de la médina. Sans pour autant négliger cet aspect combien important, la réhabilitation est aussi et surtout une manière pour répercuter le patrimonial sur le vécu quotidien des gens et sur leurs conditions de vie. L’absence d’une telle approche a, pour longtemps, engendré une rupture entre l’habitant et l’habitat, entre l’homme et la cité. Les projets de sauvegarde ont été souvent conçus par les citoyens, lorsqu’ils n’étaient pas tout simplement ignorés d’eux, comme des opérations de maquillage de courte durée à raison de certaines circonstances ; les péripéties du temps et du climat ne tardaient pas à démasquer la fragilité d’une telle approche. A cela s’ajoutent un manque flagrant de suivi et d’évaluation et une multitude d’intervenants sans stratégie affichée et durable. Ce qui a favorisé une gestion de rafistolage et de cas par cas.

Désormais, la donne semble devoir changer. Une approche intégrée est enfin de mise. La réhabilitation de l’histoire est appelée à prendre en charge la réhabilitation socio-économique de l’homme. C’est ce qui explique que, ce 4 mars 2013, deux types de conventions ont été simultanément signées : la première sur la restauration d’un nombre de monuments historiques dont foisonnent la capitale spirituelle et la deuxième sur le traitement des bâtisses menaçant ruine. Les monuments qui bénéficieront du programme de restauration seront intégrés dans le domaine touristique certes mais aussi dans les domaines, culturel, social et économique. Le passé est enfin censé se conjuguer avec le présent et épouser les préoccupations des citoyens.

Mais pour que cette nouvelle approche  puisse voir le jour, il fallait une garantie de taille. Devant l’envergure du projet et l’urgence de l’intervention, la supervision royale de la signature des deux conventions précitées est de nature à assurer un acheminement dans la sérénité des opérations de réhabilitation et de traitement. Et pour preuve, des financements chiffrés et exacts ont été avancés, des échéances ont été fixées et des commissions, dont une centrale et une autre locale, ont été mises sur pied avec des compositions et des responsabilités bien définies. Sous le patronage du Roi, l’esprit de Fès est donc appelé à jaillir non seulement des senteurs de l’histoire mais aussi du vécu des gens.

Abderrahmane HADDAD
Enseignant Chercheur
Conseiller auprès du Centre d’Etudes Internationales



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