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Darrehmane Boudriss - publié le Samedi 12 Juillet à 08:07

Ferveur nationaliste et systéme dédoublé de l'enseignement publique






Le Maroc est le pays qui connaît le taux le plus élevé de l’effectif d’encadrement par enseignant :   un professeur pour 27.1 élèves dans le secondaire.  Ces statistiques démontrent l’encombrement des classes scolaires marocaines; et, au moment ou les classes des pays de l’union européennes cherchent à diminuer le nombre d’élève par enseignant et le rendre en deçà de 15 élèves  on trouve celui des classes marocaines augmente de plus en plus. La cause de tout cela est bien sur le niveau de recrutement des enseignants qui a baissé mais il y a aussi d’autres facteurs importants qu’il ne faudrait pas négliger.

Parmi ces facteurs la ferveur nationaliste démesurée qui cherche à s’exprimer par le nombre d’heures d’enseignement accordée à la langue nationale : l’arabe. Il faut savoir que la ferveur nationale démesurée est payante en devise. La moyenne d’enseignement accordée aux langues nationales dans les pays de l’union européenne est 8 heures par semaine au maximum dans les écoles primaires alors qu’elle dépasse 11 heures au Maroc, et si on lui ajoutera trois heures d’enseignement de l'éducation islamique on obtiendra une moyenne de 14heures par semaine. La ferveur nationaliste imposée par les principaux partis marocains au pouvoir coûte cher c’est pour cela il faudrait l’économiser. Une diminution de trois heures hebdomadaires de la masse horaire accordée à l’enseignement de la langue arabe fera gagner au Maroc un nombre important d’enseignants dans le secteur de l’enseignement primaire. Il suffit de multiplier par trois le nombre de classe scolaire recensées au primaire pour connaître le nombre d’heure exacte à économiser. Multiplier ce nombre d’heures par leur valeur d’indemnisation pour déterminer au chiffre prés le prix de revient de la ferveur nationaliste inutile, surtout faisant face aux économies qui se mondialisent de plus en plus. En plus du budget à économiser uniquement à partir du nombre d’heures accordées à l’enseignement de l’arabe il y’a d’autres petits budgets à grignoter par ci par là pour améliorer le degrés d’efficience du système d’enseignement national.

Le 5 août 1999 le ministre de l’éducation nationale de l'époque, M.ismail Alaoui à signé un décret ministériel visant l’organisation et le fonctionnement des délégations du ministère de l’éducation nationale. Un an après, précisément le 19 mai 2000 un décret royal a été signé portant le statut de loi de création des académies régionales de l’éducation et de la formation. Deux textes de loi visant à préciser et à déterminer les prérogatives administratives de deux instances institutionnelles malheureusement destinées à faire la même chose. Un dédoublement institutionnel inutile et très coûteux.

Après la fin de la décennie nommée la décennie de l’éducation et de la formation qui a débuté en 1999, et après la publication du rapport de la banque mondiale durant le mois de février 2008 intitulé « un parcours non encore achevé », selon ce rapport, en matière budgétaire(budget du gouvernement), on dépense plus de 10,5% que l’Algérie et plus de 6,4% que la Tunisie et malgré cela on n'a obtenu que des miettes. On dépense plus de 27,2% du budget du gouvernement alors que la Tunisie ne dépense que 20,8% et l’Algérie pays exportateur du gaz et du pétrole ne dépense que 16,7% de son budget gouvernemental.

Ce rapport ne reconnaît que deux avancées importantes à notre système d’enseignement et ces deux avancées sont reconnues pour tous les systèmes d’enseignement objet du rapport. La première avancée est celle se rapportant à L'élimination de l’écart éducatif entre les deux sexes: la parité entre garçons et filles dans l’enseignement fondamental est pratiquement achevée. La deuxième avancée elle se rapporte à l'amélioration des niveaux d’éducation ainsi que de certaines compétences de base. Mais, malgré le résultat de ces deux avancées, tout reste encore à être fait, surtout que le dit rapport a caractérisé ces systèmes de « parcours non encore achevé ». Et il cite les actions à entreprendre pour réaliser des progrès dans l’immédiat qui sont au nombre de trois :

1.Des actions à entreprendre en matière de scolarisation secondaire et supérieure
2.Des actions pour diminuer Le faible impact de l’éducation sur le développement social et économique
3.Des mesures pour restructurer le systèmes éducatif pour faire face aux défis économiques, démographiques et financiers


Comme il est clair de ces actions à entreprendre, elles ne concernent pas les pouvoirs locaux et régionaux de l’enseignement ; à savoir au Maroc les académies régionales de l’éducation et de la formation et les délégations. Mais elles concernent le pouvoir central, c'est-à-dire le ministère de l’éducation nationale et tout l’Etat.

Le système d’enseignement marocain est composé d’entités désarticulées et repose sur un dédoublement fonctionnel inutile. Dans le secteur de l’enseignement scolaire, nous avons deux entités (les académies et les délégations provinciales) ces deux entités reposent sur la même assise administrative dédoublée mais chacune d’elle est gérée par une lois de fonctionnement différente. L’assise administrative dédoublée se détermine par l’effectif des élèves. Cinq divisions administratives au maximum selon l’effectif des élèves, alors que les lois de fonctionnement de ces deux entités dédoublées sont la loi 07-00 et le décret ministériel du5 août 1999.

En plus de cela, la loi qui organise l’entité administrative nommée académie n’a rien a avoir avec la loi qui organise le système d’enseignement universitaire. La première est organisée par la loi 07-00 et la deuxième par la loi 01-00 et les deux lois ne permettent aucune possibilité de coordination et d’harmonisation du système.

L’effet néfaste du dédoublement fonctionnel est aggravé par l’exercice d’un double pouvoir ministériel éclaté. Un pouvoir ministériel éducatif qui se charge de la gestion du dit secteur de l’enseignement scolaire et un pouvoir éducatif à sa tête un ministre qui s’occupe de l'enseignement supérieur. Le parcours du pouvoir éducatif chargé de l’enseignement est très tumultueux et par conséquent coûteux et improductif.

Même au sein du domaine de spécification des académies dont les délégations régionales ne constituent qu’un simple service, les prérogatives et les attributions sont floues. L’article 7 de la loi 07-00 stipule qu’un texte organisationnel des prérogatives des services régionaux sera publié ultérieurement. Cette loi (la loi 07-00 composée de 15 articles) est publiée le 19 mai 2000 au moment où le décret ministériel du 5 août 1999 composé de 16 articles détermine déjà les prérogatives des délégations régionales. Lourdeur administrative, noyade des frontières et éclatement structurel improductif tels sont les caractéristiques fonctionnels du secteur de l’enseignement scolaire marocain.

Le découpage administratif des régions coïncide parfaitement avec le découpage administratif des académies. On a certes voulu rationaliser par ce découpage. On a voulu faire des académies sur le plan de la région une vraie instance représentative du pouvoir éducatif central, mais on a oublié que pour réussir cela il faut adjuger aux instances des AREF toutes les prérogatives y compris celle de l’enseignement supérieur.

En plus de cela, le découpage du pays en régions est fait sur une base politique et territoriale alors que la détermination du nombre des AREF devrait se faire sur une base universitaire et estudiantine. C’est la carte universitaire et la masse estudiantine qui devaient déterminer le nombre des académies et non l’espace territorial.



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