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Aziz Abounasm - publié le Jeudi 28 Février à 20:09

Fayçal Laraichi et Tejjini fraternisent pour le pire de la télévision






Fayçal Laraichi et Tejjini fraternisent pour le pire de la télévision
Vexation cathodique ce dimanche 24 février 2013 lorsque notre élite médiatique découvre un nouveau programme « l’Invité du Dimanche » sur AL OULA, accordé sans passer par un appel à projet au moment même où la direction de la SNRT vantait un nouveau dispositif transparent.

Si les observateurs avertis sont unanimes sur la médiocrité de l’émission et de son « grandissime » présentateur, la question qui se pose aux professionnels de l’audiovisuel marocain : comment faire pour obtenir une émission dite « politique » sur Al Oula ?

La recette vous est révélée en exclusivité ici.

D’abord oubliez la déontologie, préférez un voisinage avec un parti de droite, de préférence belge, présentez-vous, même au nom de ce parti, aux élections locales. Libérez-vous des contraintes pesantes d’objectivité ou de moralité, en privilégiant le sensationnel, le plausible et la séduction. Préparez-vous à endosser l’habit du marqueteur partisan mais ne craignez jamais la désinformation, la manipulation ni la diffamation. Et surtout, donnez l’impression d’être heureux dans votre posture « d’idiot utile ».

Maintenant que vous assumez votre position de journaliste moderne au service de la vérité de vos maitres, reste à vous débarrasser de certains clichés répandus chez les journaleux débutants. Ne vous souciez jamais du niveau de langue : soyez proches de vos futurs invités en adoptant un langage populiste et « proximiteux » pour ne pas dire « bouzabaliste », Ne vous souciez pas de l’intonation de la voix, de la perspicacité des questions, ni de la cohérence de vos propos, laissez cela aux amateurs. Mais gardez le sourire en vous disant « je suis le meilleur ! ».

Attention, votre posture exige aussi de n’inviter que des politiques qui vous ressemblent pour être dans votre élément. Ne vous aventurez pas en sollicitant ces politicards ou militants, trop consciencieux, épris de vérité, de démocratie. C’est nocif pour le spectacle surtout que votre émission doit être conçue et réalisée comme un long spot publicitaire sur vos amis et protecteurs.

Certes, la recette ne peut être productive sans une dose de chantage. Vous êtes maintenant sans scrupules ni principes, vous devez publier des vidéos pour dénoncer les abus du PDG de la chaine visée, et attaquer les responsables des institutions potentiellement partenaires… Le chantage pourrait avoir des vertus certaines et immédiates sur les corrompus surtout si vos amis et le PDG ont les même ennemis politiques.

Passant à l’efficacité de la recette par l’exemple : Mohamed TIJJINI présente bien « L’invité du Dimanche ». On ignore s’il a suivi une formation de journaliste mais on sait qu’il est conseiller et candidat malheureux du Mouvement Réformateur belge. En 2005, Mohammed Er-Roukhou était membre du PS quand il se présenta sans succès aux élections de l'Assemblée générale des Musulmans de Belgique. En 2010, nous le découvrons, tout à coup, directeur-animateur-journaliste de AMTV.

C’est un ancien journaliste belge Jean-Claude Defossé qui va critiquer en commission du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la faiblesse du traitement de l'information et pointer la méthode TIJJINI : "L'éditeur de service Maghreb TV est clairement polémiste et incontrôlable", selon M. Defossé. Cette insuffisance est criante dans chacun de ces talk-spectcles et la méconnaissance de la politique intérieur, de la diplomatie, de l’affaire du Sahara, du dossier des MRE, les diffamations et approximations déshonorent le journalisme.

TIJJINI utilise ouvertement sa tribune pour tenter de faire vivre son projet de chaine tv. Il va interviewer Driss El Yazami président du CCME, potentiel bailleur de fond puis Jamal Rayane son antidote. Il invite Benkirane puis Hakim Benchemass … Les approximations et attaques se multiplient et ne se ressemblent pas.

Fayçal Laraichi n’échappe pas au stratagème. La messe était dite lors d’un talk dédié au PDG de la SNRT considéré clairement, par Mohamed Tijjini, comme le chef de file d’un système de corruption qui rongerait les chaines publiques. Ne cherchez pas cette vidéo, Monsieur Tijjini l’a supprimé : à quoi bon laissé le talk qui mettait en cause Faycal Laraichi et la magouille télévisuelle s’il a obtenu « l’Invité du dimanche » sur Al Oula. La recette marche.

Mais, si l’existence de ce nouveau programme nous indique comment certaines émissions ou fictions aussi médiocres peuvent trouver leur place dans la grille de la SNRT, le choix du premier invité du Dimanche trahit peut être un agenda. Commencer cette émission avec le tumultueux Hamid Chabat, dans une chaine dite publique, n’est-il pas un message, on ne peut plus clair, à Benkirane et à son ministre de la Communication Mustapha ElKhalfi que Tijjini avait reçu dans sa phase prospective ?

Soyons perspicace, ce mode d’emploi ne vous permettra d’obtenir une émission que si vous êtes profondément sans scrupules et foncièrement sans compétence. Faut-il encore espérer que le PDG de la chaine visée veuille bien céder à votre chantage et vous utiliser contre ses adversaires politiques avant de vous remercier comme un mouchoir jetable.

*Bruxelles : Aziz Abounasm
journaliste


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