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Lehbib Ould Berdid - publié le Jeudi 2 Juin à 12:33

Faciliter la coopération économique régionale pour notre bien commun






Lehbib Ould Berdid
Lehbib Ould Berdid
En ces temps de crises économiques, certains pays ont réussi mieux que d’autres à se développer durablement et à éradiquer la pauvreté.

La coopération économique régionale et l’ouverture de l’économie sur le monde sont des éléments déterminants pour parvenir à une croissance durable et à réduire les inégalités sociales, une double tâche redoutable.

Chez nous, avec la chute depuis 2014 des cours des produits d’exportation notamment le fer, le cuivre, l’or, et le pétrole, la situation économique de la Mauritanie connaît dans son ensemble une évolution défavorable. Le déficit de la balance commerciale est passé d’environ 118 milliards d’ouguiyas en 2013 à 215 milliards en 2014, presque le double.

Nous venons d’évoquer notre balance commerciale. Arrêtons nous donc un instant sur ce point pour montrer les avantages de la coopération économique régionale et répondre à la question concernant nos exportations vers le Maroc dont certains esprits incultes disent que la Mauritanie n’a rien à lui vendre.

L’objet du présent article est de montrer les valeurs de la coopération régionale avec par exemple le Maroc, notre avantageux voisin du Nord. La levée progressive par le Maroc des restrictions aux mouvements transfrontaliers des biens, des services des personnes et des capitaux à notre frontière Nord, n’a cessé d’accroître nos échanges.

Chaque nuit, des voitures (taxis et autres) remplies de centaines de voiles, de boubous et de Foukiyas quittent Nouakchott pour passer la frontière le lendemain matin. Une simple malle arrière ou un porte bagage peut facilement contenir, par exemple 100 boubous de Bazin, vendus 1500 à 2000 DH soit 60 à 80.000 UM la pièce. Il faut compter au minimum 6 à 7 millions d’ouguiyas par taxi. Ce qui est l’équivalent de la valeur marchande d’une cargaison de 60 tonnes de mandarines, d’oranges ou de pastèques dont le kilo est vendu en gros à 100 UM à Nouakchott.

C’est incroyable, c’est même inouï. Un petit véhicule (mine de rien), qui passe inaperçu transporte la même valeur marchande qu’un camion frigo de 60 tonnes qui, lui, attire l’attention de tout le monde. C’est pourquoi beaucoup de gens ne remarquent que nos importations en provenance du Maroc.

Ces habits : voiles, boubous et autres sont des produits à haute valeur ajoutée. La couture et la teinture font parfois le tiers du prix de ces habits.

Des centaines de tailleurs, de couturières et des teinturières qui opèrent dans ce domaine construisent des maisons et nourrissent leurs familles à Nouakchott, à Kaédi, à Sélibaby, grâce à cette activité.

De même des dizaines de commerçants mauritaniens rapatrient chaque fois leurs bénéfices et leurs dividendes depuis le Maroc.

Pour comprendre l’importance de nos exportations par voie terrestre vers le Maroc, il faut se pénétrer de l’idée que ce secteur relève entièrement de l’informel. Il n’y a pas de statistiques officielles à ce sujet.

Profitant des avantages du libre échangeet de l’absence de barrières, nos opérateurs économiques ne voient dans notre voisin du Nord qu’un participant actif de la coopération économique régionale.

Sous réserves de toutes les précautions qu’il convient de prendre lorsqu’on essaye de quantifier des grandeurs réelles à partir de certains échantillons, on peut estimer nos exportations vers le Maroc à environ 30 à 40 milliards d’ouguiyas chaque année. Certes, ces chiffres ne sont cités que pour illustrer une tendance et n’ont pas pour but de la quantifier dans l’absolu.

Et ce n’est pas fini. Pour le moment l’exportation des animaux est interdite par le Maroc pour des raisons de sécurité, mais demain quand les choses rentreront définitivement dans l’ordre, puisque nous sommes un pays d’élevage, nous pourrons leur vendre de la viande en exportant par centaines voir plus, des chameaux à destination de notre partenaire et voisin du Nord, puisqu’il était question qu’il en importe d’Australie.

N’en déplaise à certains malintentionnés mais notre balance de paiement serait belle et bien excédentaire avec le Maroc.

Il faut ajouter à cela les transferts et les investissements étrangers. Sur ce plan, le Maroc est loin d’être en reste. De tous les pays de la région, il est celui qui a le plus investi chez nous. En plus de ses anciens financements, il a démarré plusieurs projets dans l’agriculture sur la vallée et au profit d’autres activités prioritaires comme entre autres, la fabrique de ciment. ²&
Mais, c’est de notre côté que des efforts doivent être entrepris pour stimuler en priorité nos transactions. Pourquoi en priorité ? Parce que l’efficacité économique le commande et exige dans l’ensemble, l’expansion des marchés régionaux et sous régionaux. Certes, des efforts louables ont été entrepris mais il nous faudrait plus car ce secteur vital de coopération risque s’il n’est pas restauré de compromettre l’avenir en pénalisant notre développement et à la longue de faire coucher notre barque sur son flanc alourdi par les problèmes qui continuent de peser négativement sur la qualité de notre partenariat économique.

Qu’on me comprenne bien, la présente communication ne prétend pas proposer une réforme de notre systèmeéconomique loin delà, mais elle observe que la valorisation de notre coopération économique reste à faire.

Le responsable de ce poste doit être un homme exceptionnel, un véritable visionnaire, pour hisser notre économie à la hauteur des défis qu’annonce le troisième millénaire.
Il s’agit à coût sûr d’une tâche édifiante et ardue, au même titre que l’accès à l’eau potable, l’emploi des jeunes diplômés, ou le développement humain (santé, éducation…)

Bien sûr, ces trois derniers thèmes ont dans l’opinion un degré d’urgence beaucoup plus grand que celui dont l’auteur que je suis a voulu se saisir et c’est normal. Mais aucun des grands problèmes de la société et de l’économie mauritanienne ne pourrait recevoir de solutions durables si était négligée ou mal comprise l’absolue nécessité d’un renouveau de notre coopération régionale et sous régionale.

LehbibOuldBerdid
professeur d'économie



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