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AFP - publié le Jeudi 10 Novembre à 08:56

Face à la sécheresse, le salut des agriculteurs zimbabwéens passe par la science



Zaka (Zimbabwe) - Longtemps, Sekai Filomena Makonese a espéré un miracle venu du ciel pour sauver ses récoltes. En vain.



Alors, faute de pluie, elle a reporté ses derniers espoirs sur la science et un nouveau maïs hybride capable de résister à la sécheresse qui frappe son pays. Comme ses voisins d'Afrique australe, le Zimbabwe cuit littéralement depuis deux ans sous un implacable soleil. L'eau manque, les récoltes s'assèchent, le bétail meurt. Cette année, la situation est encore pire, aggravée par l'anomalie climatique El Nino qui frappe toute la sous-région.

Un quart de la population rurale du Zimbabwe, environ deux millions de personnes, a besoin d'aide alimentaire et ne survit qu'au prix d'un régime très maigre à base de fruits sauvages. "Avec le changement climatique, nos plantations sont détruites avant même qu'on puisse les récolter", se désespère Sekai Filomina Makonese, 58 ans, en pointant du doigt les forêts qui entourent ses terres de Zaka, à 300 km au sud d'Harare. "Ces arbres étaient pleins de feuilles vertes à cette période de l'année.

Ca voulait dire que les pluies étaient arrivées", soupire l'agricultrice, "regardez maintenant, ils n'ont plus de feuilles". Son salut pourrait passer par une initiative du Centre international d'amélioration du maïs et du blé (Cimmyt), une ONG qui travaille sur des cultures capables de résister à la fois à la sécheresse et aux fortes températures. L'ONG produit déjà un maïs enrichi en vitamine A en Amérique Latine et dans d'autres pays africains. Dans sa petite station de recherches, l'équipe de Cosmos Magorokosho travaille sur une variété de maïs économe en eau et capable de pousser sous des températures de 35 degrés Celsius.

"Ce que nous faisons, c'est produire des variétés de maïs en limitant d'environ 60% la quantité d'eau nécessaire pour les faire pousser", explique son responsable, Cosmos Magorokosho. "Ensuite, nous retenons celles qui continuent à bien donner malgré les faibles volumes d'eau". Comme les autres agriculteurs de Zaka, Ceaser Chavizha attend beaucoup des essais menés par le Cimmyt. "Cela va beaucoup nous aider", se réjouit l'éleveur en regardant ses bêtes à la recherche d'un semblant d'ombre.

"On peut pas continuer à compter sur l'aide financière alors que nous avons nos propres champs pour produire notre nourriture". Les premiers résultats sont encourageants. "Comparée à d'autres semences, les semences expérimentales ont supporté la chaleur et la sécheresse que nous connaissons et ont produit une meilleure récolte", assure, enthousiaste, Apollonia Marustvaka.

"Je devrais avoir assez pour tenir jusqu'en février". Jadis considéré comme le grenier à céréales de l'Afrique, le Zimbabwe a perdu depuis plusieurs années déjà son indépendance alimentaire, tant à cause de la sécheresse que d'une réforme agraire controversée menée à l'aube des années 2000. Grâce à sa semence hybride, Cosmos Magorokosho espère pouvoir sortir les fermiers de Zaka de leurs difficultés. Son ONG a bénéficié d'une enveloppe de 500.000 dollars de l'aide américaine pour financer la mise au point de sa nouvelle variété de maïs sur l'ensemble du continent africain.

Le chercheur y voit une solution pour de nombreux pays particulièrement vulnérables au réchauffement climatique, au coeur des discussions de la conférence internationale COP22 qui s'est ouverte cette semaine à Marrakech (Maroc). "Je conseille vraiment aux agriculteurs d'adopter ces nouvelles variétés.

Car, avec le changement climatique, leurs semences actuelles ne sont plus aussi bonnes que par le passé", explique Cosmos Magorokosho. Reste à en convaincre les gouvernements, à commencer par celui du Zimbabwe qui, regrette-t-il, tarde à autoriser la distribution à grande échelle de sa nouvelle variété de maïs hybride. "Il y a une batterie de tests imposés par les autorités qui ralentissent (le processus)", déplore-t-il, "on aimerait que cela soit plus rapide pour que les agriculteurs en profitent plus vite". 

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