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Abderrahman Benhamza - publié le Mercredi 11 Mai à 15:37

Exposition : " Naissance " de Saâd Bouhmala



La galerie casablancaise Le Chevalet sise organise sous le thème « Naissance » une importante exposition de l’artiste peintre Saâd Bouhmala, professeur et animateur d’art plastique dans diverses institutions privées, et ce du 19 au 29 mai 2016. Le vernissage de l’exposition aura lieu le 19 mai à 19 h. en présence de personnalités du monde de l’art et de la culture.



« Toute définition thématique mise de côté, l’œuvre sculptée de Saâd Bouhmala peut faire l’objet de cette citation de Brancusi disant que : « ce n’est pas la forme extérieure des choses qui est réelle, mais leur essence ; à partir de cette vérité, personne ne peut exprimer la réalité en imitant la surface extérieure des choses ». Cette approche du non-dit en art inscrit iconographiquement le travail de Bouhmala dans le cadre d’une esthétique moderniste affirmant une conception de la sculpture comme création symbolique, dont les techniques et les dimensions varient à l’infini. Comme chez des artistes allemands de la 2ème  moitié du 20ème  siècle, tels que Lüpertz, Kirkeby ou Carl André, le résultat obtenu se dissocie de tout ce qui rappelle le naturalisme, où la forme se dégage de ses aspects démonstratifs, accidentels et contingents.

L’assemblage, l’accumulation, l’installation comme on le sait sont des pratiques contemporaines, où la conception sculpturale est poussée à ses limites. Dans sa trimentionnalité, l’œuvre devient signe de quelque chose d’intense, mais elle reste structurée vu l’intérêt accordé aux contours et aux profils. Bouhmala mulplie dans ce sens les méthodes plastiques dans une optique picuraliste. Il s’attache à enrober les surfaces d’effets lumineux significatifs. Si le thème du corps (celui notamment de la femme), constitue le point focal autour duquel gravitent les différents usages de la matière, il faudrait voir là un témoignage dans l’air du temps, le corps considéré comme lieu de naissance, mais aussi de résistance à la systématisation de normes sociales coercitives, et une expression dynamique qui libère, figurée dans la singularité des poses traitées à cette fin. Bouhmala, qui est aussi peintre, est engagé dans un processus visionnaire, qui consiste dans la réification de l’image féminine sculptée, où le modelé inclue des percées perceptives audacieuses et une fonctionnalité du matériau à même de parler de nouvelles possibilités visuelles.

Corps matriciel, corps/concept tout en courbes, aux lignes ici lisses et unies, là articulées et comme soudées, farci d’intentions comme des messages ou des prises de position revendicatrices… Il y aurait pourrait-on dire de la dissidence (pour ne pas dire de la provocation) dans le travail de l’artiste, une sorte de rejet d’une sensibilité artistique désuète, où la représentation sculpturale peine à se sortir d’un expressionnisme par trop bavard.

Exposition : " Naissance " de Saâd Bouhmala
Tout le répertoire technique de Bouhmala s’y emploie : argile, fils de fer et électriques, bronze, matières mixtes et autres matériaux : c’est une entreprise de manipulations ardues, avec toujours le renvoi au thème principal si symbolique, qui est l’épreuve de la naissance au monde, partant à l’œuvre d’art qui en deveint la métaphore.

Un thème plus explicite au niveau des œuvres peintes, où apparaît un fœtus notionnel graphiquement positionné et assujetti à une récurrence comme un all over. Là aussi les coubres et contre-courbes jouent telle une écriture codée.

Prise dans un contexte global, il s’agit d’une peinture complétive, au gestualisme euphémisé, faite avec des couleurs qu’on dirait prise dans la palette impressionniste tant l’élément lumière y fait naître des nuances et des tons subtils. Le concept de la femme y est allégorisé, voire virtualisé dans son essentiel (à travers des flashes sensuels vivement colorés).

Thème universel inépuisable s’il en est, traité chacun à sa manière par des peintres connus dont les Marocains Karim Bennani et Farid Blekahia, « l’Eternel Féminin » débouche chez Saâd Bouhmala sur des résolutions matiéristes ciblées. Le subjectivisme qui les qualifie leur confère une plasticité de bon aloi. »

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