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DR IDRISSI MY AHMED - publié le Mardi 20 Octobre à 00:56

Exotisme colonial et sagas médiatiques contemporaines




Brûlot apocalyptique, chantage ou traquenard?



Lyautey appelait cette propension à la suffisance teintée de morgue, cette jouissance à humilier l’indigène, «l’odieux muflisme du colon français». Toutes distances gardées, c’est un peu cette arrogance qu’ont ressentie les autorités marocaines. Après Gilles Perrault, (Le célèbre scripteur de «Notre ami le roi»)», voici le brillant Eric Laurent et son franc parler, qui viennent nous plonger dans un labyrinthe de cinéma, pour faire l’affiche!

Jérémiades lamentables ou fourberies d’un mystique ?

Ce dernier qui ne donnait pas l’air d’une brute, mais celle d’un diplomate, est devenu un briseur impudique des icônes et des limites célestes. Bref, le gaucho des lignes rouges locales et le révolutionnaire international qui en appelle aux foules et invite le bon peuple intimidé aux barricades rebelles. Pour un gars qui a un portefeuille d’adresses palatines, c’est bien gauche comme saillie. Du coup, c’est un mythomane qui se révèle à nous et pas seulement. Il se dévoile devant ses pairs révoltés. Ebahis, mais néanmoins ses défenseurs qui iront s’impliquer par corporatisme et par intérêt envers leur alter ego. Car ce «chantier» qu’il est de critiquer de façon hautaine et cavalière, d’interpeller à outrance les dirigeants des petits pays, de huer leurs élus, nommés avec la bénédiction des anciens colons, ce champ, ce souk et ses dépendances, leur appartiendrait, de droit, ad vitam aeternam. Le Makhzen et ses terreurs, ne font pas l’exception. C’est leur antre et leur scène, l’abattoir où ils vont se rassasier. Les aigles et les loups ne vont pas aux restaus. Leur conviennent les fosses communes, les fosses septiques de l’histoire et le sang des charniers.
C’est dans ces grottes et ces égouts qu’ils trouvent matière à explorer et fertile imagination. Leurs serres de prédateurs, leurs crocs de zombis lacèrent les victimes, dont ils se servent en les réveillant. En fait, c’est le doigt dans l’œil...du cyclone, du cyclope, du titan et demi-dieu, qu’ils ont réveillé. En emmenant leur barque dans le Styx et l’Achéron ignorent-ils la distance entre les abysses et l’Olympe et cette antre d’Hercule où ils veulent farfouiller?

Brûlot apocalyptique, chantage ou traquenard?

Lui, Eric, qui voulait leur entrer dedans à ces Maures, curieusement encore vivants. Il est entré par effraction dans les dédales des palais. Dans ces entrelacs andalou-mauresques, percent ses balivernes comiques, amusant les moucharabiehs où clignent des yeux ahuris, effarouchés. Il spécule, présuppose et planifie des raisonnements lubriques. Des manigances de sofas échaudés, des intrigues de harems fictifs et de sérails dévastés. Le propre du romancier est là : inventer. Peindre des fantômes, violer leurs secrets, voire leurs silhouettes, leur donner une âme. Faire revivre leurs phobies et leurs traces.

A partir de peu ou de rien, écrire, dérailler s’il le faut. Ecrire, ou chercher, c’est chercher à vendre aussi. Il le justifie pour se disculper, quelles que soient les modalités. Il fabrique un projet de quelques pages. Il se fabrique une mémoire. Il veut rentrer dans ses frais et prospérer. N’est-ce pas naturel et humain de vendre ce qu’on produit? S’est-il blanchi pour autant?

Scènes précoloniales

Hier, c’étaient des peintres qui allaient devenir célèbres, des photographes et des reporters, qui firent les caïds et le lit exotique et gouailleur du Protectorat. Les légendes épiques, les qu’en-dira-t-on opaques et les reliquats des bordels coloniaux. Ce n’étaient pas des balivernes. Il ne manque à notre Eric, es-laurentades, plus que Lyautey et le grand seigneur Thami Glaoui, l’âne de Bouhmara et l’ombre de Basri. Quelques potins historiques qui deviendront des anecdotes et des retouches prémonitoires, son assurance hautaine d’inquisiteur bien assise, et voilà le tableau fatidique de nos méfaits assombri, le Makhzen dénoncé et surfait.

Aujourd’hui, on va s’amuser un petit chouïa à nos historiques dépens. Qui se rappelle la Maison Blanche et se souvient de Moulay Abdellah, ces maisons closes quasi mitoyennes du palais de Fès ? Ces Bousbères étaient des maisons de tolérance. C’étaient des prisons pour les filles des indigènes et les femmes des guerriers et des recrues vaincus. Elles furent contraintes d’illuminer les bordels, comme autant de lustres exotiques. Un peu partout au Maroc d’hier, pour le repos du guerrier français. On prendra un critérium gras pour forcer les traits, sans déformer la caricature burlesque. Juste ce qu’il faut pour croquer L’Couple des journalistes, Eric et Cathy, avec un minimum de crédibilité. Est-ce possible de médire des champions du 4ème pouvoir par-delà les Pyrénées ? Les pires aînés des journalistes, enquêteurs, détectives et historiens, à la fois, sans craindre la chute aux enfers et le veto des éditeurs gaulois.

Jeux sataniques et Game of Trones

Eric est tout comme ses lyriques prédécesseurs, détracteurs, laudateurs, prédateurs masqués, tout au moins bien payés par les grands seigneurs. L’achat de leurs livres pestilentiels et de leurs silences, par trop chers. Complices, deviennent alors les soutiens des médias français, qui semblent leur donner raison, malgré les torts. Il est capable de dribbler Satan lui-même, et de lui prendre sa queue pour la lui vendre. Parce que la queue pointue, mesdames, la queue mon Dieu, par moralité anatomique, la queue donc cache des parties molles. Et même le trémolo des très molles. Alors vite, vite, pour nous ressusciter, nous rédiger un livre prophétique, une thalassothérapie, un talisman salvateur. Sulfureux, pathétique, il le doit, pour briller et coûter cher. Un livre évènement, véhément par les plumes zélées et incorruptibles des anges témoins, de nos horribles dépassements. Une bible fielleuse par la même, qui fustigera les rois. Nos rois, c’est terrible. C’est une honte pour tous les sujets de la terre! La couronne, l’arbre généalogique, la tige et le reste des poils, se hérissent, à se gratter avec violence. Un livre féroce sur les excès qui rapportera du prestige et du flouse.

Arracher aux riches leurs dents, c’est digne des Robins des Bois.

Oui les bois, c’est un peu la jungle, même dans les pays où c’est dans les rues et les hôtels que ça ne va pas. C’est honteux de parler vrai de cette histoire crépusculaire de la création qui est celle mythique ou mystique de la lutte du bien et du mal. Et le bien se fait avoir des fois, comme un bleu. Ce qui n’est très malin est l’œuvre du Malin. Alors vite un livre sur les méfaits du pouvoir pour dénoncer et conjurer le Mal. Un livre talisman, un livre valable contre tous les démons de midi, du Midi, le Sud, les Maghrébins. Nous. Quoi ? Alors les bons diables vont se mettre à deux pour chasser nos démons. Satan va entrer en couple, avec un succube d’écrivaine, afin d’exorciser le démon. Paradoxale lutte interne où le feu illumine et dévoile, enflamme et carbure ses propres incendiaires. Assez parler de ces extraterrestres, parlons des choses terre à terre, même si elles osent altérer et héler les grands. La high, notre king, le patron. Lamâalèm, pas celui du jeune chanteur Saâd Lamjared, qui vient d’être décoré pour ses «millions de j’aime», mais du grand maître-chanteur. Le doyen le grand-duc des détectives politiques. Ouais ! C’est aussi un journaliste qui a ses entrées et qui fait de très bonnes entrées livresques. De quoi faire une ou des pellicules. Une série noire. Et voici donc une saga digne du film «Game of Thrones». Un prurit es-seigneurs. Ou que magnanime, enfin par angélisme, l’Eric cédera ce qui n’est pas encore écrit, par le destin, pour éviter la chute de l’empire et la fin de la dynastie.

La faim des héros

Un pactole comme pécule. La fin du héros de la fiente qui suinte et qui spécule. Ce sont des livres qui se vendent. Le coup de grâce à l’impudent, et pour cet effort de complaisance et de silence. Le livre diffamatoire, éphémère et châtré, qui rapporte à l’impétrant le titre fameux du premier maître-chanteur es-roi. Eric fait du fric face aux barbares. Attila s’est attelé à la tâche. Il veut rétablir la démocratie et les droits de l’Homme. Fichtre, la fin du sacré et du divin chez les indigènes. Les grands chevaliers sont parmi nous. Alors à l’annonce, à la vue d’une valise pleine, il s’auto-avalise. Il se permet de faire le salaud, le sagouin. Et se congratule, presque. Un petit chantage angélique, pour punir le tyran. Ce n’est pas merveilleux, ça? C’est quasiment une prouesse madame. Elégamment acceptée, la morale est en berne pour un bref instant. Ils sortent avec les cadeaux consistants. Les poches pleines de millions.

Aux larmes, citoyens !

Et puis, c’est une conduire excusable pour les preux chevaliers et cavaliers de la plume. Il y a sa femme, la pauvre. Dès lors le sésame, par pitié pour elle, ira, perhaps, amadouer les juges du même clan. Et les critiques sarcastiques du geste vont tarir et l’épauler, face à Satan. Il plaidera l’indulgence. Le choc du «gentleman» fait écrivain a un prix, un coût, voyons. Ce sont des honoraires, une compensation pour le travail de recherche. Ce n’est pas un chantage. C’est un chant du cygne. Ils seront attendris et compréhensifs, les juges et les journalistes, pour ne pas dire, gratuitement complaisants. Les procurators, ces auteurs incendiaires et marocophages de choix, verront les jurés attendris, en larmes de crocodiles. Entre médias laïques, c’est d’une éthique que l’on conçoit, et qui se pardonne et qui «se» comprend. Puis, il faut constater que la guerre initiatique, la croisade atavique des entités supérieures, celles des surhommes, porte un nom laïc moderne. C’est de l’exotisme. Référez-vous à ce que j’ai tapé en début. L’esprit gaulois, avec comme arsenal pour la Marseillaise des médias, la moquerie, le canular, le canard, la franchise aussi, s’en donne à cœur joie. Bref, la liberté d’opinion, toutes les libertés contre le servage. Se moquer et amuser, honnir pour s’enrichir Et puis, c’est cultivé, humanitaire et amusant. Ça remplit la sphère, les assiettes et les verres, et ça régénère les méninges et vivifie les passions. Imaginez les fêtes, les faunes, les druides, les sirènes, les dryades et les satyres.

Les conquêtes militaires, les guerres dont, plus vieux, on se rappellera dans la métropole des Lumières, Astérix et Napoléon en seront contents. Et vive Rabelais. Il était médecin, salut confrère médiéval. Ou renaissant ? Le verbe en guise de sang et de châtiments. Dès lors, ces bons descendants de nos aimables colons, ont encore bien des choses à nous enseigner. Il y a un gars sur un forum qui m’a injurié pour avoir parlé de colonie au lieu d’écrire Protectorat sur le Maroc, comme il sied aux névralgiques des colonisations. La plume acerbe nous inculque, nous égratigne et nous blesse, pour nous apprendre nos propres droits. Ils sont venus du Nord, tels des Vikings sur leurs drakkars, en moins blonds, mais plus latins.

Pour cela, vive César. Lui qui a laissé en Gaule, les traces de sa langue et la plume de ses virils soldats. Indirectement, gratuitement, nous sommes réveillés, par ces prophètes agnostiques. Une attention machinale, magnétique, génétique, disciplinaire, une passion française veut nous libérer de notre Moyen-Age, à nous, et par la même, de nos cultures religieuses fébriles.

Sadiques caricatures

Or, ces critiques journalistiques, ces directives masquées, se produisent comme une sérénade. Des coups sur la femelle pour accepter la croupe et la cravache. La loi du seigneur, qui joue au mâle et qui crie pour vous châtier, en femelle asservie, pour nos retards et nos fixismes archaïques. Et qui de plus en plus, force sur les viscères, pour prendre son plaisir, indélicat et dévastateur. Celui de lui vendre gratis ce qu’on a de meilleur. Immolation, l’aïd, sur le lit, sur l’autel, des prédateurs. Et voilà que ces hérauts des rapaces, ces lettrés, qui tiennent à leur credo pervers, celui de vous en vouloir. Ces inquisiteurs jettent sur vous leurs dévolus, à vous la partenaire de leur luxure. Vous qui leur êtes si dévoué, vous qui êtes leur possession favorite, vous avez l’habitude de leur céder. Amours haineuses et mépris, délit d’orgueil et extase dans leurs suffisances. Celles dont on a parlé plus haut. Celle des surhommes sur leurs péripatéticiennes conspuées. Les leurs de favorites répulsives. Les respectueuses non respectées, mais auxquelles, ils ne cesseront jamais de s’intéresser. Sournoisement, avec une fourberie digne des tribus antiques, c’est le harcèlement culinaire, à griller la peau et les cuisses de la poule, aux œufs d’or. Un credo, le leur, qui enchaîne par la foi, le maître auto-déclaré à sa disciple-esclave. Rien de moins, l’esclavage de la possession Afrique, n’est pas soldé. Il est dans les chromosomes des survivants et les gènes des nations asservies !

Démonologie ethnique

Le démon xénophobe lui infligera à jamais, sa sentence raciale. Le châtiment qui convient aux races attardées, barbares, nègres et mulâtres, infâmes. La victime expiatoire, le bouc émissaire de la Civilisation, demeurera à jamais, faible, indolent, dolosif et infantile. Un prosélytisme qu’expie son élève-proie subjugué devant le maître-truand.

Le César, la clef de son destin. Le disciple obligé, n’évoluera pas comme il peut, mais, il lui restera si attachant, si loyal, si confiant, si puéril. Ce machisme subjuguant, que l’on fait perdurer, comme une religion didactique, est utilisé à des fins politiques, certaines. Ou qu’il est savamment instrumentalisé par celles-ci, pour rendre les tractations aisées, aux fins de très grosses affaires. Par complaisance ? Non par obligation. Le chantage est à deux doigts. Point. Sus au tyran, devient, suce le tyran! D’autant qu’il ne s’agit que d’un étranger, un autocrate, un arabe, un berbère, un islamique. Et que, en bons républicains bien hexagonaux que l’on est, là-haut, on les déteste franchement. Ce n’est pas de la haine, mais un moindre mal, on n’aime pas ce genre de régimes, de parrains ou de papes, depuis la Saint-Barthélémy et la laïque Révolution. Eric et ses éricales, c’est un travail de messie humanitaire, celui des maîtres à penser, des plus arrogantes écoles. Hélas ou enfin, il a montré ses faiblesses, naturellement humaines. Je copie quelque Googlades : C’est «une affaire navrante» qui risque de «déconsidérer» tout travail objectif sur le Maroc, selon l’écrivain Gilles Perrault.

Affaire Laurent-Graciet : Le Maroc entre méprise et mépris

Le chantage du duo Laurent-Graciet n’a pas déstabilisé le pays. Jeu de langue entre La Fontaine et Molière. Tel est pris qui croyait prendre. Ou qui croyait comprendre et voulait encore plus prendre. En voulant nous faire changer notre régime, Eric Laurent s’est révélé bien moins moral et plus matérialiste encore. Un malfrat corrompu-corruptible et piégeable à merci, s’est révélé au jour. Le piètre maître chanteur s’est finalement grillé. Point barre. Un beau, un joli coup de l’avocat. Et qui plus est une belle fable, bien vraie, encore. Merci à Jean de La Fontaine qui critiquait l’humanité et les gens puissants, autrement que ces sbires. Des fables pour les corriger en nous amusant. Des contes pour réveiller fossiles somnolents.
Attention, Eric! Dans vos prochaines Laurentades, évitez d’interpeller leurs rois et de vouloir châtier les Maures. Castigat ridendo mores, sans jeux de maux, laissez cette rigolade, à Molière. Sa langue est moins fourchue.


Par le Dr. Moulay Ahmed Idrissi
Président de l’Association des Amis des Myasthéniques du Maroc



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