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par Madeline Dubus - publié le Jeudi 23 Septembre à 10:20

Etre rappeur après les tours jumelles




New York – Lorsque Cyrus McGoldrick monte sur la scène, il n’est plus lui-même. McGoldrick rappe sous le nom de The Raskol Khan, souvent avec le Freddy Fuego Sextet, un groupe de Harlem à la composition fluctuante.



Ce nom de Raskol, il le tient du héros de Dostoïevski dans Crime et Châtiment : Rodion Romanovitch Raskolnikov. Pour McGoldrick, la première partie de son pseudo est un “rebelle dans la société qui essaie de bien faire mais doit surmonter les obstacles que constituent son environnement et lui-même”. Khan, mot d’origine orientale désignant le roi, ou chef, “véhicule les vestiges d’une mentalité impériale, d’une longue histoire de conquête”. C’est une histoire dont McGoldrick espère se purifier.

McGoldrick n’est pas célèbre. Il n’est pas révolutionnaire. C’est un étudiant, un musicien et un écrivain. Il est également musulman en Amérique. McGoldrick fait partie de la première génération de jeunes Américains musulmans qui ont vécu leur adolescence et le début de leur âge adulte après les événements de septembre 2001.

“Ce 11 septembre était le jour de la rentrée”, se rappelle-t-il. Dans les années qui ont suivi ces événements, lui semble-t-il, l’identité musulmane s’est affaiblie.

Lorsqu’il est forcé de s’identifier par rapport à d’autres, “l’identité perd de sa fierté”, dit-il. “Le problème, c’est que pour être un bon musulman en Amérique il faut ne pas être quelque chose, et non pas être ce qu’on peut être”. McGoldrick veut servir les autres et favoriser une communauté musulmane unifiée aux Etats-Unis.

Né d’une mère iranienne et d’un père américain d’origine irlandaise, Cyrus McGoldrick, né le 22 janvier 1988 à Newport (Rhode Island), a grandi à Perkasie, en Pennsylvanie. Sa mère, quant à elle, née et élevée à Téhéran, a quitté l’Iran à 17 ans, juste avant la révolution de 1979.

Sans croire qu’un jour les gens de toutes les cultures deviendront amis, Cyrus McGoldrick croit qu’il est possible qu’ils acceptent mieux le peuple musulman.

Le passage de la coexistence et de l’acceptation à la crainte et à la haine lui parait évident. Cela ne devrait même plus poser question dans notre société. Pourtant McGoldrick espère qu’il existe quand même un moyen de retrouver un équilibre : “Rien qu’en étant nous-mêmes, nous pourrions faire de l’islam une partie normale de la vie des autres gens”.

Les préjugés nourris à l’égard de l’islam contraignent les musulmans, qui se sentent aliénés, à se définir selon leurs propres valeurs positives. Cyrus McGoldrick le ressent bien, lui qui en éprouve à la fois de l’espoir et de l’incertitude. “Parfois, je me sens perdu”, faisant une pause pour regarder ses mains. “J’espère que je verrai le bien se produire en cette époque. Parfois nous n’avons pas le temps de nous arrêter pour voir où nous en sommes”.

Cela étant, il estime que sa musique et The Raskol Khan sont le meilleur forum pour traiter les problèmes auxquels, comme les autres musulmans d’Amérique, il doit faire face. “La musique fait partie de mon ministère”, dit-il.

Lorsqu’il rappe avec le Fuego Sextet, comme c’est souvent le cas, il parle de son combat personnel et des problèmes politiques et sociaux qui le touchent le plus. Après l’attaque de la marine israélienne contre le plus grand des bateaux de la flottille d’assistance à Gaza, le 31 mai, qui fit au moins 9 morts et plusieurs dizaines de blessés, le groupe transforma le concert qu’il devait donner en hommage.

“Tout le monde n’était pas d’accord, mais ils sont entrés dans la musique, et ça leur aura en tout cas laissé quelque chose”.

Pour Cyrus McGoldrick, le pouvoir du hip-hop est de pouvoir atteindre un public plus progressiste, “automatiquement plus réceptif” en raison de la nature historique de ce genre, qui s’oppose à l’injustice politique, sociale et raciale.

C’est là la raison d’être de The Raskol Khan : en dépeignant honnêtement McGoldrick et son histoire, il est persuadé que ses auditeurs pourront mieux se connaître eux-mêmes.

“Les rappeurs de considèrent comme la perfection faite homme”, dit-il . “Mais cet homme-ci n’est qu’un début”.
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* Madeline Dubus, journaliste à Campus Progress, diplômée en mai 2010 de la New School University, y est professeur associé en journalisme. 


Tagué : cgnews

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