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Zitouni Imounachen - publié le Samedi 7 Juin à 21:39

Et si on s'écoutait plutôt!






La communication est un processus impliquant l’échange d’un message entre un émetteur et un récepteur. Autrement dit, deux personnes communiquent quand d’un coté nous avons une personne qui parle (locuteur) et de l’autre une personne qui écoute (interlocuteur).
En se référant à cette définition, on se rend compte très vite que la communication n’a pas droit de cité chez nous, ou alors très peu. Car, sans écoute, nulle véritable communication ne peut avoir lieu.

Aujourd’hui, l’un des grands maux qui frappent notre société n’est autre que le manque voire l’absence d’écoute. En effet, de la communication, la majorité des marocains ont clairement choisi leur camp : Parler.
Que ça soit au parlement, dans nos foyers ou au café, les auditoires ne se composent pas de gens qui écoutent, mais de gens qui attendent leur tour pour parler. Car, l’écoute n’est pas seulement une posture passive qui se résume à se taire quand l’autre s’exprime, mais un exercice complexe et volontaire à travers lequel on essaie de raisonner comme celui qu'on écoute tout en étant en totale empathie avec lui. En somme, écouter c’est mettre son « soi » et son « ego » entre parenthèses pour devenir l’espace de la discussion l’autre. D’ailleurs, quand on écoute vraiment une personne, les préjuges, la haine et le mépris laissent souvent place à la compréhension, à l’affection voire à l’amour.

Ecouter l’autre c’est lui permettre d’exister, c’est le respecter et le considérer. L’écoute permet aussi d’acquérir le savoir et la nuance dans le jugement. Ecouter c’est prendre le risque de douter quant à ses certitudes. Ecouter, enfin, c’est faire preuve de grandeur d’âme, car comme l’a si bien dit Calvin Coolidge : « il faut être un grand homme pour bien écouter les autres.»

Malheureusement, de nos jours, les discussions ressemblent plus à des duels ou le gagnant est celui qui va réussir à s’accaparer la parole pour en user et abuser le plus longuement possible. Les auditoires, eux, se composent de personnes à l’affût du moindre signe de faiblesse du locuteur pour lui prendre la parole. Quant à l’écoute, il faudrait repasser !

Ce manque d’écoute qui frappe notre société engendre deux désagréments majeurs. D’une part, comme personne n’écoute la communication se retrouve décapitée de son essence, qui n’est autre que la transmission de messages, notamment du savoir. D’autre part, les messages qui réussissent tant bien que mal, à être diffusés dans la société sont finalement ceux émis par les personnes les moins aptes à le faire. Parce que les personnes qui parlent le plus sont celles qui écoutent le moins, et par conséquent celles qui en savent le moins.

Ce dysfonctionnement communicationnel fait légion dans toutes les institutions politiques et tous les organismes professionnels marocains, et cela engendre des situations souvent ubuesques, et parfois dramatiques. Par manque ou absence d’écoute, beaucoup de personnes se font des guerres fratricides alors qu’elles prônent la même chose, beaucoup de couples s’entredéchirent, tant d’amitiés s’interrompent et dans les cas les plus dramatiques certains vont jusqu’à mettre fin à leurs vies.

En ces moments où le mot changement est porté en étendard partout et par tout le monde, nous devons, peut être, commencer par ce changement dans nos attitudes et prendre le temps de nous écouter les uns les autres. Car, bien des disputes, d’incompréhensions et de drames humains peuvent être évités ainsi.

Quant à moi, si j’ai choisi d’écrire c’est parce que personne n’écoute. Mais pour donner l’exemple et vous inciter à adopter l'écoute, j’arrête d’écrire et je vous donne la parole. Allez, je vous écoute.



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