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Khalid Souqbi - publié le Lundi 28 Février à 09:11

Est-ce la fin du Monde Arabe ?




Une idée saugrenue sans doute et complètement improbable, une théorie même risible aux yeux des esprits sages. Et pourtant, le bruit court déjà sur la toile, et on a l’impression que des milliers d’internautes arabo-islamophobes se frottent déjà les mains en laissant des commentaires où ils expriment une certaine réjouissance vis-à-vis ce qui se passe dans le monde arabe, certains parlent même de miracle, celui de l’autodestruction d’un monde qui représente à leurs yeux et selon une multitude de propagandes « un danger pour le monde libre ». Bien entendu, il s’agit d’élucubrations comme on en voit beaucoup sur le net. Mais sans vouloir accorder du crédit à ce genre de délire, la question s’impose : est ce vraiment la fin de certaines formes de dictatures dans le monde arabe ? Ou est ce la fin tout court ?



Est-ce la fin du Monde Arabe ?
On peut s’interroger sur la capacité du peuple arabe à mener à bon terme une révolution, car soyons réalistes, il ne suffit pas de destituer un chef d’état pour crier victoire, le plus difficile dans ce cas reste à venir, et la transition peut être comparable à un passage sur une longue crête d’un glacier, à peine large de quelques centimètres, et le moindre faux pas peut entraîner non pas une chute mortelle sur le coup, mais un glissage incontrôlable et interminable qui mènera fatalement jusqu’aux abîmes de l’un des deux versants, droit ou gauche, et dont les chances de survie sont très faibles. Ce qui rend la traversée de cette crête périlleuse, c’est qu’il s’agit d’une cordée à la quelle tout un peuple est attaché, et le pire c’est quand plusieurs personnes se disputent le rôle du « premier de cordée ».

Dans ces conditions là, et en considérant la fièvre qui met en ébullition le monde arabe actuellement, la tendance est plutôt vers un changement rapide, voire trop rapide pour être fiable. Ne nous racontons pas d’histoire, nous ne sommes pas dans un conte de fées politique dans le quel le bon peuple triomphe du méchant tyran en coup de baguette ou d’épée magique au cours d’une ultime bataille opposant des méchants qui sont vraiment méchants et des gentils qui ne sont motivés que par de bons sentiments. La réalité n’est jamais aussi simpliste et surtout jamais aussi manichéenne. Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est qu’un changement fait dans la rapidité et l’improvisation par un peuple encore immature en matière de révolution débouche sur une anarchie stagnante qui pourrait réduire en cendres tout un état, la stagnation étant hélas une caractéristique incontestable dans la négociation arabo-arabe. Mais revenons au changement, il est voulu par qui ? Et pourquoi ? Certes, par le peuple d’abord, et les revendications du peuple sont on ne peut plus claires et légitimes : plus de justice, d’égalité, de liberté et de dignité. Mais dans une révolution, il y a toujours un ou plusieurs meneurs, cela va de soi pour que l’action soit méthodique et cohérente. Cela dit, aujourd’hui dans les pays arabes où les contrastes entre conservatisme et modernisme sont extrêmement forts, les opinions et les tendances ne cessent de se multiplier et de s’affronter, cela a donné naissance à des partis et des groupes qui prônent des régimes et des modes de vie diamétralement opposés, et même s’ils se trouvent ralliés par une cause commune qui est résolument la chute du régime en cours, ils voient aussitôt leur alliance défaite, laissant libre cours à leurs bonnes vieilles querelles en pleine période de transition. Une chose est certaine, on ne peut pas idéaliser naïvement tout mouvement contestataire, car même au milieu d’une grande révolution dont l’enjeu principal est la démocratie, peut se cacher des « iznogouds » et des groupes dont les motivations sont loin d’être démocratiques, la sournoiserie étant hélas un outil très efficace en matière d’arrivisme politique, nous en subissons même la preuve aujourd’hui, et il n’est pas difficile de constater que certains corrompus incrustés dans le gouvernement avaient, eux aussi dans le passé, enfilé la casquette de militants contestataires.

Mais en suivant ce raisonnement, il y aura de quoi être paranoïaque, et la méfiance abusive n’est pas non plus une solution pour avancer, à moins que les politiciens et les contestataires acceptent à chaque discours de passer au détecteur de mensonge, ce qui peut être une très bonne idée dans un dessin animé satirique, mais dans la réalité, une plaisanterie ridicule.

Toujours est-il, que des pays arabes en sont à ce stade aujourd’hui, celui de la fameuse transition, un combat qui semble plus rude et plus conflictuel que le premier, une liberté à peine effleuré, mais encore loin d’être acquise. La course au pouvoir enflamme les esprits, certains craignent le pire, et le spectre d’un scénario à l’iraquienne fait peur. J’ai lu sur le figaro.fr que l’Italie redoute un probable « exode biblique » que représenterait l’arrivée de plusieurs centaines de milliers de réfugiés musulmans en provenance de la Libye et de l’Afrique du Nord ! Il est clair que de l’autre côté de la mer, on prédit déjà notre fin.

En arriverons-nous là ?


Tagué : Khalid Souqbi

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