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CGNews - Emarrakech - publié le Samedi 20 Septembre à 12:24

Entre Israël et le Liban




Zohar Shechtman - Israël – Je conduis; la route est calme. J’allume la radio qui diffuse une chanson que je connais bien. Il aimait cette chanson, il l’aimait beaucoup... Je me souviens que petit il aimait déjà cette chanson; il connaissait les paroles par coeur, paroles que je ne lui entendrai jamais plus prononcer.



Surmonter une mort aussi terrible, celle de son fils, c’est, entre autres choses, faire avec le titre qui planera toujours au-dessus de sa tête, telle une éternelle étiquette portant l’inscription “Mère en deuil”. Aujourd’hui, je vais rencontrer une femme qui endure ce que j’endure: l’émotion, l’étiquette, et pire que tout, le cruel manque de celui qui n’est plus. Mais moi, j’ai perdu mon fils dans les Forces de défense israéliennes et elle, elle vient du Liban. Si j’avais reçu cette demande à une autre époque, je pense que je ne l’aurais pas acceptée.

Je ne pense pas que j’aurais compris qu’elle vivait probablement, tout comme moi, sous le poids du deuil. Et pourtant j’ai quelques doutes quant à la rencontre – Comment cela va-t-il se passer? Me sentirais-je suffisamment libre pour lui parler à coeur ouvert? Jeudi dernier, nous nous sommes mises d’accord sur les détails de notre rencontre. A midi à Peace Park où, autrefois, était installée une base des Forces de défense israéliennes. Et maintenant, nous nous trouvons toutes deux à quelques mètres de l’endroit où nous avons toutes deux perdu nos fils : la frontière. J’arrive et je constate qu’elle est déjà là. Je me l’étais imaginée autrement, en habits religieux. Elle est assise là, en jeans et tee-shirt, pas très différente de moi. “Bonjour”, dis-je tout en lui souriant. Elle me sourit à son tour. Nous commençons à parler et, aussi étrange que cela paraisse, la conversation se déroule en hébreu et nous nous découvrons plusieurs intérêts communs, outre celui pour lequel nous avons organisé la rencontre. Nous parlons de tout, ouvertement et facilement. Mon quotidien n’est pas si différent du sien et je l’apprécie vraiment.

C’est une femme positive, qui fait preuve de sagesse et de grandes qualités. A la fin de notre rencontre, nous décidons de rester en contact. J’espère sincèrement que nous pourrons le faire malgré la distance qui nous sépare. Néanmoins, même si cela s’avérait impossible, cette rencontre m’aura ouvert de nouveaux horizons, permis un enchaînement d’idées plus large et fait découvrir une notion que je n’oublierai jamais : un être humain reste un être humain. Nous sommes en vie, nous pleurons, nous rions, nous aimons, nous nous blessons, nous sommes des humains. Cela n’a rien à voir avec les hommes, les femmes, la race ou la religion.


Tagué : isra, jeunes, liban

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