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par Karl F. Inderfurth et Theodore L.Eliot Jr. - publié le Vendredi 3 Décembre à 06:00

Enfin, une opinion sur l’Afghanistan venant de l’intérieur

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Washington/Boston – Les médias nous rappellent sans cesse les dures réalités de l’Afghanistan d’aujourd’hui, un pays dans sa dixième année de guerre et dont le gouvernement à Kaboul, est considéré comme corrompu et inefficace. Or il faudrait aussi tenir compte d’un autre point de vue : l’avis des Afghans sur leur propre situation.

Un récent sondage révèle que de nombreux Afghans pensent en réalité que les choses s’améliorent – sans doute lentement, mais s’améliorent malgré tout. L’enquête en question, menée par l’Asia Foundation à Kaboul, la sixième du genre depuis 2004, permet d’avoir un aperçu de l’opinion publique afghane sur la durée.

L’équipe de 634 sondeurs afghans ont interrogé 6500 personnes – presque autant de femmes que d’hommes, représentatifs de tous les groupes ethniques – à travers les 34 provinces du pays. Dans les zones inaccessibles à cause des combats, ils ont eu recours à la méthode des échantillonnages avec remplacement dans la même région. Le sondage a été effectué deux mois avant les élections parlementaires de septembre.

Près de la moitié des sondés (47%) disent que le pays est sur la bonne voie. Ils étaient 38% à le croire en 2008, et 42% en 2009. De la même manière, pour 37% des personnes interrogées, le pays a pris une mauvaise direction - une baisse, par rapport aux pourcentages des deux années précédentes. Les trois raisons principales citées pour expliquer cet optimisme sont une meilleure sécurité, des projets de construction et de reconstruction - notamment de routes et de ponts - et enfin, l’ouverture d’écoles de filles. Plus de la moitié des sondés (54%) disent être au courant de tels projets dans leur quartier.

Il s’agit là d’un indicateur très révélateur de ce qui se passe « dans l’esprit et le cœur » des Afghans : ils voient des améliorations, qui ont un impact direct sur leur vie quotidienne.
En même temps, les Afghans se montrent très conscients des grosses difficultés qu’ils doivent affronter ; l’insécurité (les attaques, la violence et le terrorisme) étant indiquée comme le plus grand des problèmes par 37% des sondés, puis viennent le chômage élevé (28%), et la corruption (27%). La corruption a d’ailleurs fait un bond en avant, par rapport aux 17% de l’an dernier.

Malgré ces difficultés, selon l’enquête, le degré de confiance dans les institutions afghanes demeure élevé ; l’armée afghane venant en tête de liste avec 90%. Les Afghans pensent que l’armée leur procure la sécurité et qu’elle est honnête et juste. Ils reconnaissent toutefois qu’il ne s’agit pas encore d’une armée professionnelle, et que son entraînement reste insuffisant. Pour 70% des personnes interrogées, l’armée n’est pas opérationnelle et ne peut agir seule, elle a toujours besoin du soutien des troupes étrangères pour continuer à être formée.

Le président afghan Hamid Karzaï a fixé la fin de l’année 2014 comme l’échéance à laquelle l’armée et la police afghanes allaient être prêtes à prendre le relais des forces américaines et de l’OTAN – un calendrier qui a été approuvé au sommet de l’OTAN, la semaine dernière à Lisbonne.

L’enquête montre que les Afghans sont satisfaits de la performance du gouvernement national et que leur satisfaction a augmenté de manière constante au cours des trois dernières années et qu’elle se situe à 73%. L’amélioration du système éducatif est le plus souvent citée parmi les réalisations du gouvernement. Des chiffres concrets en sont la preuve - 7 millions d’enfants dont 2,5 millions de filles – sont désormais scolarisés ; l’an dernier 90.000 ont réussi leur diplôme de fin d’études. L’enquête révèle également un énorme soutien pour les efforts du gouvernement Karzaï de réconciliation avec les Taliban et autres groupes d’opposition. 83% soutiennent les tentatives du gouvernement pour mettre fin aux combats par la négociation, ce qui représente une hausse de 71% par rapport à l’an dernier.

Lassés par la guerre, les Afghans sont également de plus en plus méfiants à l’égard des motivations de ceux qui essaient de prendre le contrôle du pays. Le degré de sympathie vis-à-vis des groupes rebelles a baissé de manière importante par rapport à l’an dernier – 56% en 2009 contre 40% cette année. Si dans le Sud et dans l’Ouest du pays – zone des combats actuels - les gens manifestent davantage de sympathie pour les rebelles, l’enquête montre que dans l’ensemble du pays, toutes régions confondues, davantage d’Afghans n’éprouvent plus aucune sympathie à leur égard. Les deux principales raisons étant : qu’ils sont des oppresseurs et qu’ils tuent des innocents.

Enfin, 81% des Afghans sondés disent continuer à être d’accord avec le principe démocratique des droits égaux pour tous les groupes, sur le plan de la représentation politique, notamment pour ce qui est de l’égalité des sexes et l’égalité d’accès des femmes à l’éducation.

Les nombreuses conclusions encourageantes de l’enquête paraissent presque illogiques, étant donnée les rapports négatifs qui nous parviennent de ce pays. Mais après tout ce que les Afghans ont vécu, le moindre signe de progrès est pris comme un pas en avant. Ils ne renoncent pas à la possibilité d’un avenir meilleur pour leur pays. D’ailleurs, la communauté internationale devrait en faire autant.

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* Karl F. Inderfurth, professeur à l’Eliott School of International Affairs à l'Université George Washington était Sous- Secrétaire d’Etat aux Affaires d’Asie du Sud de 1997 à 2001. Theodore L.Eliot Jr. Etait l’ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan de 1973 à 1978 et il est doyen émérite de la Fletcher School of Law and Diplomacy de l’Université Tufts. Tous deux sont administrateurs de l’Asia Foundation. Article distribué par le Service de Presse de Common Ground (CGNews avec l’autorisation du Khaleej Times.

Source : Khaleej Times, 21 novembre 2010, www.khaleejtimes.com

Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=289...


Tagué : cgnews

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