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Serge DANIEL - AFP - publié le Lundi 15 Avril à 22:25

En partie brisés, les jihadistes du nord du Mali tentent de se réorganiser






En partie brisés, les jihadistes du nord du Mali tentent de se réorganiser
BAMAKO - Chassés des principales villes du nord du Mali par les armées française et africaines, traqués et en partie brisés dans leur refuge du massif des Ifoghas, les combattants jihadistes tentent de se réorganiser dans des pays voisins et sur le territoire malien.

Dès le début de l'opération militaire française le 11 janvier, "des dizaines de jihadistes ont pris le chemin de la Libye, pour se cacher et se réorganiser", indique sous couvert de l'anonymat un officier de l'armée malienne à l'AFP.

Ils auraient emprunté la route suivante: nord du Mali, massif de l'Aïr dans le nord du Niger, puis massif du Tibesti dans le nord du Tchad, avant de passer dans le sud de la Libye pour certains, et au Darfour, dans l'ouest du Soudan, pour d'autres, selon lui.

"Une partie des islamistes ont quitté le territoire malien pour trouver refuge ailleurs", confirme un militaire africain. Il affirme que "de nombreux combattants" du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un des trois groupes islamistes armés qui ont occupé le nord du Mali pendant plusieurs mois en 2012, "sont retournés dans les camps du Polisario", mouvement indépendantiste du Sahara occidental.

Ces camps sont implantés depuis des décennies dans la région de Tindouf (ouest de l'Algérie).

"Récemment, si les plus hautes autorités de l'ONU ont marqué leur inquiétude et appelé au règlement urgent du problème sahraoui, c'est à cause du risque de voir les terroristes faire des camps un nouveau foyer de jihadistes", selon ce militaire africain.

Cité dans un rapport au Conseil de sécurité début avril, Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, notait que les gouvernements de la région consultés avaient "soulevé de sérieuses inquiétudes quant au risque que les combats au Mali puissent avoir des retombées dans les pays voisins et contribuent à radicaliser les camps de réfugiés du Sahara occidental" qui sont "une bombe à retardement".

"Peur" qu'ils reviennent

Ousmane Maïga, de l'association Coordination des jeunes de Gao, la plus grande ville du nord du Mali, note que "par petits groupes, les islamistes ont filé vers les pays voisins comme l'Algérie, le Niger et la Mauritanie. Maintenant, la peur est de les voir revenir dans le nord du Mali pour reprendre les armes".

Les membres du Mujao et des deux autres groupes islamistes armés présents au Mali, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), ont subi de lourdes pertes depuis janvier - environ 400 morts, selon l'armée française - mais n'ont cependant pas tous fui à l'étranger.

"L'ennemi est toujours sur le terrain", remarque-t-on à l'état-major de l'armée malienne à Gao, comme en témoignent les incursions d'islamistes et les attentats suicides dans cette ville, mais aussi à Tombouctou (nord-ouest) et Kidal (nord-est), ainsi que la longue traque qui leur a été menée dans le massif des Ifoghas (extrême nord-est) par les troupes françaises et tchadiennes.

Pour se déplacer plus facilement, les jihadistes ont en partie abandonné leurs armes mais "peuvent, par leur circuit d'approvisionnement, en avoir rapidement de nouvelles et faire mal", selon un colonel malien.

Après la mort d'un de ses principaux chefs, Abou Zeïd, tué dans les Ifoghas, Aqmi tente de reprendre la main dans le nord-ouest du Mali "sous la direction du chef d'Aqmi dans le Sahara et le nord du Mali, l'Algérien Yéyia Abou Hamame", selon un document militaire confidentiel qu'a pu consulter l'AFP.

Pour le Nord-Est, où sont situées les villes de Gao et Kidal, ce document précise que Abdelkrim Taleb, un Touareg malien, a pris la tête du mouvement et organise "la résistance".

Les différentes sources militaires et sécuritaires régionales interrogées estiment que l'armée française reste "l'épine dorsale de la sécurité dans le nord du Mali", mais qu'elle a amorcé un retrait et n'est plus présente en certains endroits de la région.

Le président tchadien Idriss Deby Itno, qui a envoyé 2.000 hommes au Mali, a également annoncé dimanche un début de retrait: "La guerre face-à-face avec les jihadistes est terminée. L'armée tchadienne n'a pas de compétence réelle pour faire face à une nébuleuse. Les soldats tchadiens vont retourner au Tchad. Ils ont accompli leur mission".

Selon une des sources militaires et sécuritaires, "il faut craindre que les islamistes reprennent pied dans ces zones pour imprimer une nouvelle dynamique à leurs actions terroristes".



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