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CGNews -Emarrakech - publié le Samedi 21 Février à 10:36

En Indonésie, on se lève tous pour la paix




Raja Juli Antoni - Comme le monde entier, l’Indonésie a regardé avec inquiétude le déroulement des événements récents à Gaza. Par milliers, les Indonésiens ont participé à des manifestations et à des collectes de fonds. Dans une certaine mesure, ces activités ont manifesté sans équivoque leur désaccord avec l’offensive militaire d’Israël et lancé un appel à un cessez-le-feu et à une reprise de l’aide humanitaire immédiats.



Mais ces actions ont-elles contribué à la recherche d’une solution positive durable? Le temps est peut-être venu de méditer l’exemple de ceux qui continuent d’œuvrer pour la paix, même au moment où les choses semblent le plus difficiles.

Bien que des générations les séparent, Elik – un Israélien et Arthur – un Américain, travaillent pour l’avènement de la paix en Palestine et en Israël.

J’ai fait la connaissance d’Elik lorsqu’il a raconté son histoire à la 8e Assemblée de la Jeunesse de la Conférence mondiale des religions pour la paix, qui s’est tenue à Kyoto. La sœur d’Elik est morte il y a dix ans dans un attentat à la bombe dans un supermarché de Jérusalem.

Pendant des semaines après cet événement, Elik était resté enfermé dans sa chambre, en proie à ses pensées. Il voulait se venger sur les auteurs de l’attentat. Mais il savait aussi que la vengeance engendre la vengeance et de plus grandes souffrances encore.

Il décida alors de se libérer du cycle infernal de la vengeance. Il adhéra à une organisation appelée Combattants pour la Paix, un groupe d’anciens combattants israéliens et palestiniens qui pensent que le conflit sanglant qui se déroule sous leurs yeux ne se résoudra jamais par les armes. Ce mouvement, qui a reçu le prix de Common Ground en 2007, se bat pour une coexistence pacifique entre Palestiniens et Israéliens.

Quant à Arthur, je l’ai rencontré lorsqu’il est venu en Indonésie l’an dernier pour le lancement de son livre Hebron Journal.

Art, car tel est son diminutif, est membre des Christian Peacemaker Teams (CPT), mouvement chrétien ayant pour but de transformer la violence par l’action non-violente. Il a consacré sa vie à la paix. Dans sa jeunesse, il a milité aux côtés de Martin Luther King, Jr. au sein du mouvement des droits civiques; par la suite, il a pris part au mouvement contre la guerre du Vietnam dans les années soixante.

Art recourt à la non-violence pour affronter les situations de violence.

Un jour, en 2003, il s’est planté audacieusement devant un char israélien en marche qui s’apprêtait à démolir un marché palestinien. Le tank a stoppé pile à quelques centimètres de lui, avant de faire marche arrière et de s’éloigner. Il a fait de la prison plusieurs fois. Dans des manifestations, il se fait cracher dessus par des gens qui le prennent pour un antisémite et qui croient qu’il prend le parti des Palestiniens.

Pour moi, Elik et Art, avec leur engagement inconditionnel dans le mouvement non-violent, sont une source d’inspiration. Ils nous montrent également qu’il y a aussi des Israéliens et des Américains qui ne sont pas d’accord avec la politique étrangère de leurs gouvernements – rappel utile, s’il le fallait, qu’il ne faut pas généraliser, qu’il s’agisse des juifs, des Israéliens ou des Américains, surtout si c’est pour leur manifester de l’hostilité.

Plus encore, Elik et Art nous prouvent que chacun peut sortir des confins de son groupe pour entrer dans le cercle de la solidarité humaine. Si l’esprit de solidarité nous pousse à collecter de l’argent pour les Palestiniens, il devrait aussi nous pousser à tendre la main aux Israéliens, lorsqu’ils en ont besoin.

Parce que nous voulons un avenir meilleur pour nos frères et sœurs de Palestine, nous devons sortir de notre petit confort intellectuel pour oser une solution plus audacieuse, plus constructive, tant pour les Israéliens et les Palestiniens. Nos initiatives ne doivent donc pas se limiter à apporter un soutien général aux Palestiniens, mais doivent également, associées à d’autres mouvements, chercher à obtenir une paix durable dans les deux pays de façon qu’ils prennent leur place dans le concert des nations et qu’ils puissent eux-mêmes piloter leurs négociations de paix.

Il faudrait que beaucoup d’autres “Elik” et d’autres “Arthur”, d’Indonésie et du monde entier, répondent “présent” pour aider à résoudre ce conflit.



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