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MAP - publié le Jeudi 1 Décembre à 09:41

Émouvants témoignages en hommage à feue Fatéma Mernissi, figure atypique de la sphère intellectuelle marocaine



Rabat - Une pléiade d'universitaires, artistes, collègues et amis ont rendu, mercredi à Rabat, des témoignages émouvants et élogieux à la mémoire de la défunte Fatéma Mernissi, l'une des figures atypiques de la sphère intellectuelle marocaine, mettant en avant ses qualités humaines et professionnelles.



Fatéma Mernissi
Fatéma Mernissi
S'exprimant à l'ouverture du 1er colloque international de la chaire Fatéma Mernissi, qui se poursuit jusqu'au 2 décembre, sous le thème "Mille et une facettes de l'œuvre et de la vie de Fatéma Mernissi", Aïcha Belarbi, professeur chercheur et membre de la chaire, a souligné l'importance de transmettre à la jeunesse le dynamisme de la pensée de Mernissi, qui a apporté énormément à la sociologie mondiale en tant que femme représentante du monde arabo-musulman. Fatéma "fut une voyageuse qui a brisé les frontières en participant activement à la création du féminisme marocain naissant et en y contribuant par sa réflexion, ses écrits, ses actions et surtout sa vigilance", a-t-elle souligné d'emblée.

Mme Belarbi a, par ailleurs, relevé que l'organisation de ce 1er colloque de la chaire constitue "une occasion pour célébrer la présence de Fatéma, poursuivre le fil de sa pensée, transmettre aux jeunes, hommes et femmes, ce désir fervent de la recherche, de la participation civile et de la citoyenneté et témoigner de son œuvre monumentale. Cette chaire pourra, ainsi, créer une dynamique, pour les œuvres de Mernissi pour que les jeunes générations puissent s'inspirer de ses approches, les prolonger, les revisiter et les renouveler car, a-t-elle dit le sourie affectueux, "Fatéma aimait la création et bannissait la répétition".

Pour sa part, le doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines, Jamal Eddine El Hani, a indiqué que ce colloque est l'opportunité pour la faculté de rendre hommage à cette figure emblématique connue à l'échelle internationale, en reconnaissance de sa contribution, ses revendications pour l'égalité du genre, et sa lutte pour la cause féminine, entre autres.

En passant en revue le parcours de cette femme "révoltée", qui, a-t-il dit, a contribué, à la construction sociale d'une jeunesse en difficulté, d'où son livre intitulé "Tcharmil", un phénomène qui mérite une approche multi-disciplinaire. Pour sa part, le président de l'Université Mohammed V- Rabat, Said Amzazi, a dressé un portrait chinois de cette sociologue, la qualifiant de force tranquille, de "pasionaria inspirée du féminisme musulman, auteur féconde et prolifique d'une œuvre qui traversa le temps, éternelle contemplatrice de cette terre et des sociétés d'un monde qui parcourrait sans relâche, infatigable exploratrice qui défend l'âme de notre humanité contemporaine quelque peu écartelé entre conservatisme et modernité".

La défunte était éprise de dépaysement et de nouveauté et a été prédestinée à une gloire qu'elle n'a jamais cherchée, a-t-il ajouté, relevant qu'elle s'est attardée sur beaucoup de thématiques sensibles, notamment l'interprétation du Coran et du Hadith et la domination masculine dans le monde arabo-musulman.

Le président du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique, Omar Azziman, a fait l'éloge de Mernissi, évoquant "le travail courageux et ardu qu'elle a accompli tout au long de son existence, par moment, au péril de sa vie, pour libérer la pensée islamique, la mettre à l'abri des instrumentalisations et la protéger des scléroses afin de permettre au monde musulman de prendre sa place dans les temps modernes et monter dans le train de l'Histoire".

M. Azziman s'est également rappelé les moments d'expéditions de la défunte à la découverte et à la recherche des doctrines profondes classiques dans le but de réaliser un travail de contextualisation et de relativisation loin de idées figées, des a priori et des préjugées, mettant en avant son engagement en faveur de la démocratie, de la liberté, l'égalité, la dignité et sa contribution à l'organisation des droits de l'Homme, dont elle a vécu la gestation.

Layla Chaouni, directrice des éditions Le Fennec et ami de Fatéma, a, pour sa part, affirmé que la défunte était quelqu'un qui "ne recherchait pas les honneurs et que cette chaire l'aurait, certainement, fait un petit peu sourire". Elle a annoncé, à cette occasion, que sa maison d'édition compte éditer et publier au Maroc l'ouvrage de la sociologue Fatéma Mernissi "le Harem politique : le prophète et les femmes", le traduire et publier également sa version arabe en vue de perpétuer son travail.

Cet hommage posthume a été ponctué par la projection d'un film court sur la défunte intitulé "Shéherazade veut un ordinateur" réalisé par Mohamed Abderrahmane Tazi. Dans son témoignage, M. Tazi, qui a côtoyé Fatéma depuis son enfance, a annoncé que les voyages qu'il a effectué en compagnie de la défunte ont été enregistrés en photos fixes et animées qui seront exploitées prochainement dans un documentaire en collaboration avec la réalisatrice Farida Benlyazid.

Créée par HEM Business School et l'Université Mohammed V de Rabat, la chaire Fatéma Mernissi est portée et coordonnée par le Cesem, centre de recherche de HEM, d’un côté, et la Faculté des lettres et des sciences humaines-Rabat Agdal, d’un autre côté. Fatéma Mernissi (1940-2015) a fait ses études à Rabat puis en France et aux Etats-Unis. Enseignante universitaire, sociologue et écrivain de renom, elle mena en parallèle un combat pour l’égalité et l’émancipation de la femme, et créa les "Caravanes civiques" et le collectif "Femmes, familles, enfants".

La défunte, qui s’est intéressée au statut de la femme dans l’islam, a écrit de nombreux ouvrages qui ont été traduits dans plusieurs langues dont "Sexe, idéologie et Islam", "Le Harem politique", "Sultanes oubliées", "Le Monde n'est pas un harem" et "Chahrazade n'est pas marocaine".

Pendant les différents événements de ce colloque de 3 jours, chercheurs, artistes, journalistes, professeurs politiciens, vont contribuer à la réflexion sur une série de thématiques, dont "femmes/ hommes, société et démocratie", "dynamiques locales et jeunes à l’ère de la mondialisation", "économie réelle et entrepreneuriat social" et "questions culturelles et enjeux médiatiques".

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