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AFP - Benoît PETIT - publié le Vendredi 4 Septembre à 11:48

Elections locales au Maroc: un test pour les islamistes à un an des législatives




Rabat - Quelque 15 millions de Marocains sont appelés aux urnes vendredi lors d'élections locales (communales et régionales) qui serviront de test pour le parti islamiste du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, à un an des législatives.



Abdelilah Benkirane
Abdelilah Benkirane
Ce scrutin donnera un aperçu du climat politique dans le royaume, quatre ans après le mouvement de contestation populaire né dans le contexte du Printemps arabe, qui avait amené le roi Mohammed VI à faire adopter une nouvelle Constitution, à l'été 2011.

Quelques mois plus tard, le parti Justice et développement (PJD, islamiste), jusque-là cantonné dans l'opposition, avait engrangé une victoire historique aux législatives, soulevant un vent d'espoir.

Un an avant de remettre son mandat en jeu, M. Benkirane espère que les élections de vendredi démontreront que la cote de sa formation ne faiblit pas.

Si les trois premières années de gestion du PJD n'ont pas débouché sur tous les résultats escomptés -notamment en matière de lutte anticorruption, un des chevaux de bataille du parti-, le chef du gouvernement, habile politicien, reste en effet relativement populaire dans l'opinion.

Au cours de la campagne, il a défendu bec et ongles son bilan et jugé qu'une victoire de son parti serait "logique". Abdelilah Benkirane peut se targuer d'une réduction sensible du déficit public (de plus de 7% du PIB à moins de 5%), à la faveur d'une réforme de la caisse subventionnant l'essence et d'autres produits de grande consommation. Et cela sans heurt social majeur, dans un pays où près d'un jeune sur trois est au chômage selon la Banque mondiale.

Depuis sa nomination début 2012, M. Benkirane, prudent, s'est par ailleurs efforcé de maintenir les meilleures relations avec le palais royal, qui conserve de larges prérogatives, tout en observant les mésaventures des autres mouvements islamistes de la région, en Tunisie et en Egypte.

Ces derniers jours, il a en revanche adopté un ton tranchant à l'égard de ses principaux rivaux, notamment le Parti authenticité et modernité (PAM/Libéral, opposition), qu'il a notamment accusé de financer sa campagne en "vendant de la poudre" (ndlr, de la drogue).

- 'Accusations infamantes'

Des propos vivement critiqués par le quotidien L'Economiste, qui a dénoncé des "accusations infamantes".

La "priorité (de M. Benkirane) ces quatre dernières années n'était pas tant le travail pour l'intérêt général que pour son clan", a tranché Mustapha Bakkoury, chef du PAM, parti fondé en 2008 par un proche conseiller du roi et qui présente le plus de candidat aux communales (18.227).

Au total, près de 140.000 candidats se disputent plus de 32.000 sièges d'élus locaux dans le cadre de ces élections présentées comme une étape majeure du processus de "régionalisation avancée", inscrite dans la Constitution de 2011.

Lors des précédentes élections locales, en 2009, le PAM était sorti vainqueur avec 21% des suffrages. Le PJD avait dû se contenter d'un modeste score de 5,4%... deux ans à peine avant son sacre des législatives.

"Ces élections se jouent entre cinq à six partis, de l'opposition et de la coalition (gouvernementale), mais il existe une forte polarisation entre le PJD et le PAM", résume Mohamed Madani, politologue à l'Université Mohammed V de Rabat.

Alors que 45% des inscrits s'étaient déplacés pour les législatives de 2011, le chiffre de la participation sera en outre scruté, dans un pays qui se dit engagé dans un processus de transition politique et vante sa "stabilité" au sein d'une région tourmentée.

Dans un Maroc qui "apprend à marcher sur la voie de la démocratie, la participation aux élections n'est pas un luxe. C'est le premier pas d'un long processus pour la construction (...) d'un avenir", avançait jeudi le quotidien indépendant Akhbar al-Yaoum.

Deux formations ont toutefois appelé au boycott d'un scrutin jugé dépourvu de réels enjeux: la mouvance islamiste Al Adl wal Ihsane ("Justice et bienfaisance"), interdite mais tolérée et bien implantée dans les quartiers populaires, et le parti Voie démocratique (extrême gauche).



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