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Montassir Nicolas Oufkir - publié le Mercredi 5 Octobre à 11:26

Élections législatives "post-printemps arabe" au Maroc : le duel PAM-PJD






Montassir Nicolas Oufkir
Montassir Nicolas Oufkir
Le 7 octobre 2016 auront lieu les premières législatives « post-printemps arabe » au Maroc. L’enjeu de ces élections est déterminant quant à l’avenir du Royaume Alaouite. Aujourd’hui, cinq années après la réforme constitutionnelle qui a mené les islamistes au pouvoir, le royaume s’est vu contraint de vêtir le voile de la stabilité sociale pour éviter de subir le même sort que ses pays voisins. Mais qu’en est-il de la situation socioéconomique réelle du Maroc? Quel mouvement politique est capable d’ôter ce voile et de mettre en lumière la situation dramatique dont est victime le citoyen marocain? Comment l’électeur marocain peut-il sauver la Mère-Patrie?
 
À la suite du référendum constitutionnel du 1er juillet 2011 qui a débouché sur une réforme de la Constitution marocaine, les élections de 2011 ont conduit le Parti de la justice et du développement (PJD) au pouvoir. Ce parti, dirigé par Abdelilah Benkirane et se décrivant comme étant islamiste et conservateur, a remporté les élections avec 27.08 % des suffrages exprimés, ce qui lui a permis d’avoir 107 sièges sur 395 et de constituer ainsi le nouveau Gouvernement du Maroc. 
 
Cette arrivée des islamistes au Sommet de l’État marocain, une première dans l’histoire du royaume, a en quelques sortes voilé la situation socioéconomique du pays. Cette imposture politique n’est pas sans effets sur la pérennité du Royaume Alaouite. 
 
Le vote du 7 octobre 2016, une action déterminante dans l’avenir du royaume
Chômage en hausse, déficit budgétaire, accroissement de la dette publique, hausse de la fiscalité, passage en force de la réforme de retraite, dégradation du rapport aux femmes, bafouement des droits humains, telles sont les grandes prouesses du parti de la Lampe durant son quinquennat. 
 
Depuis que les islamistes sont au pouvoir, le peuple marocain suffoque. Dans un contexte de mondialisation économique et culturelle, l’action de « gouverner par la religion » ne peut être que destructible pour une nation émergeante. L’idéologie islamiste en politique est, de par son histoire, une idéologie archaïque qui va à l’encontre de l’évolution du monde contemporain. Le Chef du Gouvernement et Secrétaire Général du PJD, Abdelilah Benkirane, en est complètement imprégné. Il exerce une sorte de dogmatisme politique et religieux sur une population affaiblie par des discours limite fondamentalistes. 
 
Le PJD n’hésite pas à endoctriner son électorat par une rhétorique islamiste aiguisée bien que cela soit contraire aux principes du droit constitutionnel marocain. En effet, l’article 3 de la Constitution définit bien la religion de l’État en citant que « L’Islam est la religion de l’État, qui garantit à tous le libre exercice des cultes ». Cependant, l’article 7 vient encadrer l’utilisation de la religion par les partis politiques en citant que « Les partis politiques ne peuvent être fondés sur une base religieuse, linguistique, ethnique ou régionales, ou d’une manière générale, sur toute autre base discriminatoire ou contraire aux droits de l’Homme ». Ces deux articles décrivent clairement le Maroc comme étant est un État musulman mais aucunement un État islamiste. Or, les fondements mêmes du parti au pouvoir, le PJD, vont à l’encontre des articles 3 et 7 de la Constitution. Les leaders de ce mouvement islamiste utilisent sans gène un discours religieux qui vise à endoctriner une majorité absolue de l’électorat marocain. 
 
Dans ce même contexte, Abdelilah Benkirane n’hésite pas à faire son meâ culpâ pour conquérir les votes. Il n’hésite pas non plus à faire planer la théorie du contrôle, de l’imperium in imperio, en dépit de la stabilité du Royaume Chérifien.
 
A contrario, le Parti authenticité et modernité (PAM), dirigé par Ilyas El Omari, adopte un discours vide de toute connotation religieuse, basé sur la transparence et le progressisme social. Ce mouvement politique constitue une bonne alternative, si ce n’est la seule, au parti islamiste en place.
 
PJD versus PAM : bipolarisation de la scène politique marocaine
« Sauvez le Maroc, votez pour le changement, aujourd’hui et pas demain, car demain il sera trop tard ! », tels étaient les termes visionnaires employés par Ilyas El Omari, Secrétaire Général du PAM, lors d’un discours destiné à l’électorat marocain en 2016. 
 
Arrivé premier en termes de sièges aux élections communales de 2015 avec 21 % des sièges, le PAM est en effet le seul mouvement politique crédible ayant les capacités de vaincre les islamistes au pouvoir. C’est un parti qui donne une place importante aux jeunes et aux femmes, contrairement à la majorité des mouvements politiques marocains. Armé de ses jeunes cadres compétents et de son militantisme pour les causes des femmes, des jeunes, des handicapés, des retraités et des plus démunis, fort de sa popularité croissante aux seins des zones rurales qui abritent la majeure partie d’une population marocaine pauvre et négligée, le parti du Tracteur est l’unique mouvement susceptible d’apporter un vent nouveau à la scène politique marocaine et à la propulsion du Maroc sur les devants de la scène internationale. 
 
D’autant plus que le discours du PAM est un discours responsable, démocratique et vide de toutes ambigüités, contrairement au discours du PJD, que si nous l’analysons de façon scientifique, nous pourrons tirer la conclusion absurde que « voter pour un parti islamiste dans un pays musulman est la condition sine qua non pour obtenir la bénédiction de Dieu et donc la prospérité économique du pays ». 
 
Enfin, si nous tenons compte de tous ces indicateurs, nous pourrons croire que tous les espoirs des marocains ainsi que leur destin durant les prochaines décennies résident sur leur capacité à voter de façon responsable et réfléchie ce 7 octobre 2016.

Montassir Nicolas Oufkir
Doctorant et chercheur en Science Politique au laboratoire Croyances, Histoire, Espaces, Régulation Politique et Administrative (CHERPA) à Sciences Po Aix en France. Il est spécialisé en politiques publiques et Relations internationales et auteur de plusieurs articles et essais scientifiques notamment sur le terrorisme et la Sécurité internationale. Oufkir est également lauréat de l’École de politique appliquée à l’Université de Sherbrooke au Canada.


Source : http://www.blog.ma/Elections-legislatives-post-pri...



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