Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU



Omar El Bacha - publié le Mardi 4 Octobre à 08:47

Elections au Maroc : Honni soit mal qui y participe!






Elections au Maroc : Honni soit mal qui y participe!
Le citoyen marocain qui exerce son droit de vote se mue en démocrate, le temps que dure l’élection. En déposant son bulletin aux couleurs de ceux qu’il prédestine à la gestion de sa vie politique, ce votant se départit, en un seul geste et en une seule fois, de l’unique pouvoir qu’il a de changer le cours de sa destinée.

Une fois son vote exprimé, l’électeur redevient ce qu’il a toujours été au yeux des acteurs politiques, un vulgaire habitant. Cependant, son bulletin le mettra sous tutelle pendant toute la durée du quinquennat en devenir. Il n’exercera plus sa citoyenneté que par procuration. En réalité, il ne jouit pleinement de son pouvoir de citoyen que durant la courte période préélectorale.

En glissant son bulletin dans l’urne, le citoyen marocain accepte de facto que des élus parlent, agissent et régissent en son nom, tout le long de la durée législative. Certains politiciens de proximité utilisent leur mandat au mieux de l’intérêt de leurs électeurs mais la plupart d’entre eux le mettent au service du parti politique auquel ils appartiennent qui in fine leur renvoie l’ascenseur, sous forme de privilèges personnalisés et de retraite dorée avant l’âge.

L’électeur marocain vote pour un programme, une connaissance, ou tout bêtement pour un bonimenteur qui a su gagner sa confiance. La séquelle est la même, en définitive, puisqu’au bout du processus, le citoyen est délesté d’une précieuse monnaie d’échange. Une carte dont une grande majorité de votants n’en mesure pas encore, pour le moment en tout cas, l’extrême importance.

Le vote de non retour
Dans l’ensemble, le corps électoral marocain présente tous les symptômes d’une déficience chronique en matière démocratique. Il lui manque le référentiel et le substantiel, éléments indispensables à la pratique de la démocratie, telle que communément admise dans les pays ayant une longue et effective expérience dans le domaine. Cette situation fait que l’électeur national est souvent obnubilé par les promesses abusives que lui font miroiter, sans vergogne, certains politiciens, peu scrupuleux. A certaines élites près, le suffrage exprimé reflète généralement cette tendance et fréquemment se distingue par un caractère bien plus émotionnel que rationnel.

Beaucoup de citoyens semblent oublier qu’après avoir accompli leur devoir civique, ils ne pourront plus revenir en arrière car ils s’engagent et engagent inexorablement l’avenir du pays pour 5 longues années. En une journée, ils passeront de l’état souverain de décideurs à celui moins glorieux d’exécutants où ils se retrouveront indubitablement soumis aux décisions politiques, sociales, économiques de leurs mandataires. Désormais, ils auront à subir les décisions des élus qu’ils auront, en leur âme et conscience, volontairement choisis.

Cette situation devra inciter l’électeur marocain à sérieusement réfléchir aux conséquences de son acte électoral et à prendre toutes les dispositions nécessaires afin que son vote, en faveur de telle ou telle couleur politique, ne lui porte pas préjudice. Son statut de démocrate souverain ne durera que le temps que prend le comptage des voix exprimées.

Un changement significatif intervient dans la vie du citoyen s’apprêtant à exercer son droit à l’expression populaire. Il se départit du statut de vulgaire habitant, qui lui colle à la peau durant toute la période législative, pour devenir citoyen à part entière grâce à la récupération de la quote-part de pouvoir qui lui revient de droit en démocratie. Dans cette optique et compte tenu de la solennité du moment, il n’a pas droit à l’erreur, durant l’accomplissement de son devoir électoral, car il n’a qu’une seule chance de choisir le bon représentant. Il n’a qu’une unique tentative pour atteindre son objectif avec, toutefois, deux conditions pour réussir son coup: ne pas se tromper de cible et bien viser. Une fois le résultat du scrutin connu, il sera condamné à se conformer à toutes les décisions prises, en son nom, par les élus que lui ou d’autres auront démocratiquement porté au sommet de l’exécutif.

L’abstentionnisme, épée à double tranchant
Quant aux abstentionnistes, ils se déclarent, autant par conviction que par engagement ou désengagement politique, farouchement opposés à toute participation au scrutin. Leurs motivations sont multiples et varient d’une personne à l’autre mais tous ont pour dénominateur commun la mise en doute de la légitimité des élections. A travers leur abstentionnisme, ils aspirent à fragiliser les décisions du vote en ne cautionnant pas ses résultats. Le succès de leur action ou inaction, selon l’angle de perspective, est toutefois conditionné par la réalisation d’un important taux d’abstention. Et même dans ce cas de figure, les résultats du scrutin ne seront jamais annulés ou déclarés illégitimes.

De par la nature du paysage politique marocain, il est fort douteux que l’abstentionnisme, qu’il soit de contestation, d’indifférence ou de méfiance, ait une quelconque influence sur l’issue du vote. Son important taux de 55%, aux législatives de 2011, ne lui a même pas permis de dépasser son état accessoire de rejet symbolique des règles du jeu démocratique ou des acteurs politiques y prenant part.

Quelque soit sa forme, l’abstentionnisme, aux législatives de 2016, ne constituera véritablement un handicap que pour un seul parti. C’est celui sérieusement engagé pour l’avenir du pays et dont les cadres sont, politiquement et académiquement, hautement qualifiés et, en principe, tous moralement irréprochables. L’abstention lui fera perdre un ensemble de voix qui pourraient se reporter sur lui, puisque, dans l’acte civique et abstraction faite de toute différence d’approche, il rejoint les abstentionnistes dans la lutte contre les défauts et dysfonctionnements du système.

Ceux qui en profiteraient, par contre, seraient les partis démagogues et populistes, au corpus idéologique très soudé. L’abstention pour eux est une aubaine puisque leurs électeurs votent en masse et de façon très régulière. Ils sont toujours présents là où il le faut, quand il le faut. Ils considèrent que ceux qui ne voteront pas contre eux sont en fait avec eux car ce sont des voix en moins pour leurs adversaires politiques.

Le vote, un droit à géométrie variable
L’abstentionniste marocain doit revoir son positionnement dans l’échiquier politique national. Ce qu’il prône cause préjudice beaucoup plus au Maroc intègre, et à ses nobles serviteurs, qu’aux institutions qu’il est censé combattre. Son retour à la participation impactera positivement la scène politique du pays et principalement la 3ième voie, réclamée et soutenue par les élites pour briser la bipolarité incarnée par un conservatisme rétrograde et un libéralisme sauvage. Cette voie est une force alternative, fédératrice, portant en elle les aspirations des patriotes marocains à assoir une vraie monarchie parlementaire, avec une réelle séparation de pouvoirs.

L’abstentionniste a été ignoré, humilié, en 2011, se rattrapera-t-il en 2016? Aura-t-il le courage et la conscience de modifier sa ligne de conduite et, par ricochet, le cours de l’histoire politique du pays? En tout état de cause, la métamorphose de l’abstentionniste en électeur actif n’est déterminée que par le geste citoyen, simple et volontaire, que s’assigne tout démocrate patriote: déposer un bulletin de vote, le jour du suffrage. L’idéal enfin serait qu’il le fasse pour le renouveau et la réforme, la crédibilité et le dynamisme. Qu’il le fasse pour ceux qui ont promis de servir le pays et non pour ceux qui ont l’intention de se servir dans le pays. Bref, qu’il opte pour le changement que propose la 3ième voie!

Moi, ressortissant marocain à l’étranger, je n’ai pas la chance de participer au scrutin. Ce gouvernement, au détriment de la constitution de 2011, m’a condamné à n’être qu’un objet volant non identifié, en perpétuelle orbite à la périphérie du système politique marocain. Un ressortissant de l’au-delà qui n’accèdera jamais à tous les droits dont bénéficie le commun des mortels au pays.

Heureusement que j’ai une contrée d’adoption qui me gratifie de ces droits. Elle me garantit ce que n’a pu m’offrir mon bled et dans de bien meilleures conditions. En cela, et en beaucoup d’autres droits et avantages, je lui suis loyal à jamais, redevable à l’infini et reconnaissant à l’éternel.

Ah, mea culpa, je suis également bien traité dans mon pays d’origine. J’y suis super citoyen le temps que durent mes vacances d’été et citoyen honoraire tant que mes transferts garnissent les réserves en devises de l’Etat. Et si je ne suis pas encore taureau dans son arène politique, je suis quand même vache à lait devant son portique!



Source : http://www.blog.ma/Elections-au-Maroc-Honni-soit-m...



               Partager Partager


Nouveau commentaire :
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook, Twitter ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.

Les internautes peuvent signaler des messages qu’ils estiment non conformes à ces Charte de modération en cliquant sur le bouton « Alerter ».

Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles