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Meryem Lebbar Traduit par Mohammed Bouida - publié le Mardi 22 Novembre à 22:18

Élections à venir au Maroc: évaluation d'une prophétie






Les révolutions arabes ont démontré l'incapacité des communautés épistémiques de prédire le comportement de la rue arabe. De même, des spéculations sur une victoire écrasante du Parti Justice et Développement (PJD) dans les élections législatives du 25 Novembre, qui sont basées sur une analogie avec l'expérience tunisienne dans laquelle le Parti Ennahda (PE) est sorti grand vainqueur, affichent des limites à plus d'un titre. Une brève analyse comparative entre le PE et le PJD que l’issue du scrutin Novembre 25 est incertaine.

En Tunisie, le PE a tiré avantage de son exclusion par le régime de Zine El Abidine Ben Ali. À son crédit, il a incarné une opposition longtemps dirigé contre un régime dont les dérives autoritaires et répressives n’avaient d’égale que le manque de réactivité et d'initiatives de libéralisation politique. Le fait que l'EP n'a pas eu d'expérience en matière de gouvernance, prouvant sa capacité à réaliser les attentes a ajouté à sa crédibilité. Cela explique en partie pourquoi les PE a gagné la confiance de la population tunisienne comme une alternative crédible.

Au Maroc, la situation est différente. Contrairement à une idée reçue, le PJD est bien ancré dans le paysage politique marocain comme il est loin de monopoliser l'opposition. Le PJD a non seulement participé aux élections précédentes, mais s'est également investi dans plusieurs expériences au plan local. Pour éviter de mentionner le cas embarrassant de Aboubakr Belkora [1], qui reste discutable selon le PJD, il est au moins possible de dire aujourd'hui que l’on dispose de peu d’éléments d’appréciation pour évaluer la performance du PJD. Par extension, il ya un élément de surprise lié au potentiel de ce parti pour remporter la part du lion des votes dans les élections parlementaires à venir.

Un autre facteur décisif à l’appui de cette idée est lié à la question amazigh.

Deux traits caractérisent la population Tunisienne. Tout d'abord, l'homogénéité de sa population en termes de composantes culturelles et religieuses et la deuxième, le militantisme amazigh n'a pas gagné de terrain pour politiser sa cause.

Contrairement à la Tunisie, le militantisme amazigh est une poche de la mobilisation cruciale dans le paysage politique marocain [3]. Si la Constitution du 1er Juillet a reconnue Tamazight comme langue nationale, il est utile de garder à l'esprit que le PJD a pris une position plutôt unique vis-à-vis de cet aspect de la réforme.

Lors du débat précédant le vote sur la nouvelle constitution, Abdelilah Benkirane, Secrétaire Général du PJD, s’est opposé à l'intégration de l'amazigh comme langue nationale dans le nouveau texte. En réaction, les associations amazighes et des jeunes ont interprété cette déclaration comme hostile. Le 6 août 2011, les manifestants du Mouvement 20th Février avaient scandé des slogans contre le parti dans la région du Souss (sud du Maroc). Une page Facebook a été créé revandiquant sa dissolution. Arehmouche Ahmed, un militant du mouvement et Président du Réseau Amazigh pour la Citoyenneté (RAC), a déclaré son intention de déposer une plainte contre le PJD. Pour pousser l'analyse plus loin, il est possible de faire valoir que l'alliance probable du PJD avec le Parti de l'Istiqlal (PI) serait également un facteur aussi pesant négativement sur sa popularité auprès des sensibilités amazighes, étant donné la perception de du PI comme la formation politique qui a constamment défendu une l’arabisation de l'administration marocaine et de l'éducation.

L'incertitude concernant les résultats électoraux est un phénomène nouveau dans le monde arabe. À cet égard, le Maroc est un cas d'espèce ; le pays connaît un «Printemps Pacifique», sans une idée a priori sur le résultat des urnes. Si la victoire du PE était largement attendue en Tunisie et ailleurs, la capacité des partis politiques à mobiliser les électeurs hésitants est la clé pour façonner le résultat définitif au Maroc. Le PJD, comme l’un des favoris, devra démontrer des compétences inégalées pour rectifier son image auprès de la communauté amazighe qui représente une majorité pesante. Ce faisant, le parti doit éviter l'alliance avec les IP pour faire entendre sa voix. Toutefois, cela semble une option difficile, compte tenu du fait que le PJD est confronté à une concurrence féroce du G8.

Traduit de l’anglais [Morocco’s Upcoming Elections: Assessing an Outcome Prophecy ] par Mohammed Bouida



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