Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Une veille informationnelle sur le festival international du film de Marrakech App #eMarrakech #FIFM2016... https://t.co/34xwOAAqjU



AFP - Nicolas REVISE, Stephen COLLINSON - publié le Jeudi 22 Août à 09:48

Egypte: le dilemme américain




Washington (District of Columbia) - La crise en Egypte met au jour le dilemme des Etats-Unis face au Caire, Washington étant écartelé entre son attachement aux valeurs démocratiques et sa volonté de préserver son alliance stratégique avec ce géant arabe.



Egypte: le dilemme américain
Soutiens pendant 35 ans des régimes autoritaires, pro-occidentaux et anti-islamistes de Anouar al-Sadate et de Hosni Moubarak, les Américains sont dans l'embarras depuis la chute de Moubarak en février 2011 suivie au printemps 2012 par l'élection démocratique du président islamiste Mohamed Morsi avant sa destitution par l'armée le 3 juillet et le bain de sang des derniers jours.
 
Pour des experts interrogés par l'AFP, les Etats-Unis sont tiraillés, pris en étau, entre morale et réalisme politique et peinent à articuler une diplomatie cohérente sur l'Egypte: comment combiner la promotion de la démocratie et des droits de l'homme -- valeurs que les Américains aiment mettre en avant -- et la protection de "leurs intérêts de sécurité nationale", c'est-à-dire ménager leur alliance avec un pays pivot de la stabilité au Moyen-Orient.
 
Le président Barack Obama avait plaidé en juillet 2009, dans son fameux discours du Caire, pour la démocratisation des pays arabes. Depuis le Printemps arabe de 2011, les Etats-Unis ont adopté une ligne plus "réaliste", une forme de "Realpolitik" mêlant pragmatisme diplomatique et valeurs morales, explique Hussein Ibish du centre American Task Force on Palestine.
 
A l'égard de l'Egypte, Washington "tente d'aller aussi loin qu'il le peut sur ces valeurs (morales) sans mettre en péril le fondement de sa relation stratégique" avec Le Caire, analyse M. Ibish, parlant d'un "équilibre subtil".
 
D'un côté donc, l'administration Obama condamne la répression "lamentable" des manifestations pro-Morsi, réclame le retour de la démocratie et menace de geler son aide militaire et économique de 1,55 milliard de dollars par an. De l'autre, elle évite soigneusement de qualifier de "coup d'Etat" le renversement de M. Morsi, accepte de facto le nouveau régime installé par l'armée et s'interdit de parler de "guerre civile".

"Numéro d'équilibriste"

Le département d'Etat résume d'ailleurs parfaitement son dilemme.
 
"Nous devons prendre des décisions fondées sur nos intérêts de sécurité nationale mais aussi sur nos valeurs et nos principes", explique la porte-parole adjointe du ministère, Marie Harf. 
 
"C'est un numéro d'équilibriste", admet-elle.
 
De fait, aux yeux de Gregory Gause, professeur de science politique à l'université du Vermont, le débat entre valeurs morales et intérêts stratégiques nationaux agite la diplomatie américaine depuis la présidence Jimmy Carter (1977-1981) qui avait érigé les droits de l'homme en pièce maîtresse de sa politique étrangère.
 
"Il y a toujours eu cette tension. L'intérêt stratégique national à court terme l'a en général emporté sur la démocratie et les droits de l'homme. Nous y sommes en Egypte", pense l'expert.
 
Car, rappelle M. Ibish, l'Egypte reste "exceptionnellement importante" pour les Etats-Unis qui "ont travaillé" avec Moubarak pendant trois décennies, puis en 2011 avec l'armée, avec les Frères musulmans de M. Morsi l'année suivante et aujourd'hui avec le nouveau pouvoir.
 
Qu'il s'agisse du traité de paix israélo-égyptien de Camp David en 1978 parrainé par les Etats-Unis, de la circulation sur le Canal de Suez et dans l'espace aérien égyptien, de la coopération militaire et dans le renseignement, Washington entretient une "relation stratégique vitale avec l'Etat égyptien", constate-t-il.
 
Sous pression de parlementaires et d'organisations des droits de l'homme qui réclament de fermer le robinet de l'aide à l'Egypte, l'administration Obama a annulé des exercices militaires et repoussé la livraison d'avions de chasse. D'autres mesures punitives pourraient être prises.
 
Mais couper l'assistance "enverrait un signal de plus du retrait des Etats-Unis du Moyen-Orient", prévient sur son compte Twitter le directeur du Brookings Doha Center, Salman Shaikh. La porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki a justement rappelé que "notre aide à l'Egypte est vitale pour nos propres objectifs de sécurité nationale et pour la stabilité régionale".



               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles