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Kamal Znidar - publié le Samedi 6 Juillet à 11:02

Egypte : L'armée, s'est-elle trompée en écartant Morsi?




La confrérie des Frères Musulmans à laquelle appartient l'ex-président, Mohamed Morsi, destitué de la présidence de la république égyptienne mercredi par l'armée, a rejeté l'idée de participer à un quelconque gouvernement de transition.



Egypte : L'armée, s'est-elle trompée en écartant Morsi?
« Nous voudrions réaffirmer notre rejet catégorique du coup d'Etat militaire contre le président, la Constitution et la légitimité de l'Etat ainsi que notre rejet de toute coopération avec le pouvoir qui a usurpé la volonté du peuple … Nous ne participerons pas à ce pouvoir », a déclaré le porte-parole de la confrérie, Jihad Haddad, lors d'une conférence de presse qui s'est organisée jeudi soir au Caire.

Le président déchu, accusé d'affront à la justice et qui pourrait être déféré devant le parquet général dès la semaine prochaine, Jihad Haddad n'a pas omis d'appeler à sa remise en liberté comme il a appelé ses partisans à manifester pacifiquement et participer au « vendredi du refus » du coup d'Etat militaire et l'Etat policier qui a ordonné l'arrestation de trois cents membres des Frères Musulmans.

Suite à ces appels, des dizaines de milliers des pro-Morsi, essentiellement des Frères Musulmans et des salafistes, mais aussi des égyptiens se définissant comme "démocrates", ont manifesté vendredi dans plusieurs villes du pays. Parmi les manifestants, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, qui a affirmé que la confrérie et le reste des partisans du président déchu ne reconnaissent pas le coup d'Etat militaire qui l'a inversé et qu'ils resteront mobilisés par millions jusqu'à ce qu'il soit revenu au pouvoir.

« Nous resterons dans les rues par millions jusqu'à ce que nous portions en triomphe notre président élu … Le coup d'Etat militaire n'est pas valide … Notre révolution est pacifique et le restera et si Dieu le veut notre pacifisme sera plus fort que les balles et les chars … Les arrestations, la prison, la potence, rien ne nous dissuadera … Nous avons déjà vécu sous un régime militaire et nous ne l'accepterons pas une nouvelle fois », a lancé le Guide suprême de la confrérie islamiste devant plusieurs dizaines de milliers de personnes rassemblées à Nasr City au Caire.

A El-Arich, dans le nord-est du pays, des partisans armés de l'ex-raïs égyptien ont attaqué le soir du vendredi le siège du gouvernorat du Nord-Sinaï avant de hisser leur drapeau. Les manifestants armés ont occupé le bâtiment du gouvernorat après des échanges de tirs qui ont poussé les forces de sécurité à déserter les lieux. Plus tôt dans la journée, cinq policiers ont été tués par un groupement d'hommes armés circulant à moto. Peu avant, un soldat a été tué par des militants islamistes qui ont tiré à la roquette et à la mitrailleuse sur des postes de police et militaire de cette région instable.

A Alexandrie, dans la nuit du vendredi à samedi, douze personnes ont péri et quatre cents soixante ont été blessées lors des heurts entre partisans et opposants du président déchu. Selon un responsable de la santé dans la ville côtière, la plupart des décès étaient dus à des tirs de balles réelles et de chevrotine.

Au Caire, quatre partisans de Mohamed Morsi ont été tués lors d'échanges de tirs avec les forces de l'ordre devant le siège de la Garde républicaine, non loin du palais présidentiel. Près de la place Tahrir, deux personnes ont succombé dans les intenses combats qui se sont déroulés entre pro et anti-Morsi. A Assyout, un partisan de l'ex-raïs a été tué lors des affrontements entre les partisans de l'ex-chef d'Etat et les forces de sécurité, ce qui porte le nombre des victimes à vingt cinq morts.

L'institution militaire, apparemment, s'est trompée dans sa lecture de la situation. En destituant Mohamed Morsi, l'armée a voulu sauver des vies qui seraient perdues dans des affrontements entre ses partisans et ses opposants en cas de sa résistance jusqu'au bout. Mais ce qu'on voit en Egypte est tout à fait l'opposé de ce que l'armée a voulu voir sur terre… Mauvais calculs de la part des militaires !

Sur terre, la décision des militaires n'a fait qu'empirer la situation. Au lieu de faire recours à la force pour écarter Mohamed Morsi, l'armée a dû proposer à l'ex-raïs l'organisation d'un référendum… ça permettra au peuple égyptien de s'exprimer sur l'idée de son départ et ça évitera à l'Egypte ce bain de sang : trente neuf morts, dont dix membres de forces de sécurité, depuis la destitution de l'ex-président par l'armée.


Tagué : Kamal Znidar

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