Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Afrique: la diplomatie algérienne multiplie les impairs à cause du... | via @lemagMaroc https://t.co/GvkvQIop7S https://t.co/fhLnSnexyU



Abdelhak Riki - publié le Mardi 16 Juin à 10:15

"Écrasez-les ou bien ils vous écraseront" ! HOUSE of CARDS




« En politique le choix est rarement entre le bien et le mal,
mais entre le pire et le moindre mal »
Nicolas Machiavel



Il s’agit bien de la série américaine « House of Cards » qui bat tous les records d’audience. Une série classée dans le « top ten » des séries les plus suivies à l’image de "Breaking Bad", "Games of Thrones", "The Walking Dead", "Homeland" et autres… Au Maroc aussi ces séries ont leurs « fans », grâce aux télés étrangères ou bien aux DVD vendus dans les Souikas et autres Derb Ghallef …

"House of Cards" ou "château de cartes" est une série éminemment politique qui place le spectateur en plein tourbillon d’une "lutte à mort" pour la conquête du pouvoir. Pas n’importe quel pouvoir, mais le pouvoir autour du bureau le plus puissant de la planète. Le bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington.

Le principal protagoniste de la série est sénateur américain et chef de file des démocrates qui, avec sa femme et son équipe de fidèles, concocte des stratagèmes pour atteindre le cœur du pouvoir américain: la Maison Blanche. Tous les moyens sont bons, la politique, le machiavélisme, le sexe et la drogue, l’argent et le lobbying, la presse et les journalistes et enfin la mort politique et physique.

Les péripéties et stratagèmes véhiculées par "House of Cards" peuvent être facilement transposées dans diverses époques (de l’époque romaine à nos jours) et diverses institutions (État, parti politique, administration, institution économique…) qui ont pour activité principale le jeu de pouvoir et la conquête de ce même pouvoir…

Il est légitime de se poser la question de savoir l’étendue de la frontière entre la réalité de la politique de chaque jour et la fiction développée par la série américaine. En suivant les épisodes de "House of Cards" on s’imagine dans une jungle où le danger guette à chaque instant et les coups bas fusent de toutes parts…

La "noble" politique est écorchée vive dans cette série et le spectateur est tiraillé entre plusieurs attitudes. Celle de la fascination pour la capacité du principal personnage de la série, "Francis Underwood", à analyser les situations, anticiper les problèmes, élaborer des stratagèmes et même participer sur le terrain à l’exécution des tâches les plus sordides en liquidant sans aucun état d’âme tous ceux qui présentent une menace pour lui…

L’autre attitude est celle de la frustration pour tous ceux qui pensent que la politique est avant tout un combat d’idées, de programmes et de convictions. Enfin, on peut trouver, ceux pour qui la série américaine "House of Cards" est une aubaine tombée du ciel, pour aiguiser encore leurs connaissances sur les méthodes et pratiques, légales et illégales, saines et sales, pour avancer dans leur quête propre de conquête de pouvoir, que ce soit dans une administration vis-à-vis d’un chef hiérarchique; un parti politique local, régional ou national; une banque; une usine; un organe de presse; une association et même au sein de la cellule familiale…

"House of Cards" ne peut pas laisser indifférente la personne qui regarde la série … Personne ne peut l’être et c’est la force de la série. On est amené à choisir son camp et il est surprenant de voir que parfois le spectateur est enclin à sympathiser, voire même encourager et se féliciter de la capacité du couple "Francis et Claire Underwood" de mener à bien leurs maléfiques stratagèmes.

"House of Cards" projette le spectateur dans son propre monde. Inconsciemment, il est enclin à transposer ce qui se passe dans la série dans sa propre sphère d’activité. Il se projette dans son univers réel en cherchant à identifier tous les obstacles sur son chemin d’ascension sociale et de conquêt de pouvoir, en fomentant des stratégies pour y arriver, en se dotant des moyens pour exécuter ses plans…

Je pense que c’est la force de cette série. De véhiculer d’une situation particulière (la fiction de conquête de pouvoir à la Maison-Blanche) un message universel où chacun se trouve impliqué dans les jeux de pouvoir… En se remémorant à chaque fois la fameuse phrase prononcée par "Francis Underwood" lors de l’épisode 1 de la saison 2… « Écrasez-les ou bien ils vous écraseront »!

Nicolas Machiavel, penseur italien de la renaissance, aurait suivi avec intérêt cette série qui puise largement dans sa philosophie et sa théorie politique du "Prince" et aurait trouvé normale la phrase prononcée par "Francis Underwood" car s’inscrivant dans le droit chemin de quelques-unes de ses réflexions à l’image de celle-ci: «Il y a deux manières de combattre, l’une avec les lois, l’autre avec la force. La première est propre aux hommes, l’autre nous est commune avec les bêtes ».


Tagué : Abdelhak Riki

               Partager Partager