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Hamid Soussany - publié le Lundi 18 Février à 10:50

Du printemps arabe en général et de l’exception marocaine en particulier




La première remarque qui me vient à l’esprit c’est que la vague de changement qui secoue le monde arabe n’a emporté que des régimes ‘’républicains ’’, épargnant les monarchies arabes. J’ai bien fait de mettre le terme Républicain entre guillemets, car ces régimes n’ont de Républicain que le nom, devenus autoritaires et sanguinaires, pour maintenir leur règne.



Du printemps arabe en général et de l’exception marocaine en particulier

Derrière le printemps arabe les islamistes en embuscade:

Ceux qui ont allumé la flamme de la révolution et ont joué les premiers rôles ce sont les masses populaires, les jeunes, dans une démarche de ras-le-bol général et spontanée, les organisations islamistes et salafistes, en embuscade, ont su monter dans le train en marche avec opportunisme. Car, tenus en laisse par les services de sécurité de leurs Etats ils ne pouvaient prendre aucune initiative visant au renversement des régimes sous peine de voir la répression s’abattaient davantage sur eux. Mais, on a bien vu que dès que le rapport de force le permettait, ils ont envahi les rues et ils étaient les premiers à prendre les armes comme en Libye ou actuellement en Syrie où on peut voir les nouveaux barbares égorger leur semblable aux cris de ‘’allaho akbar’’. Les islamistes sont aussi les premiers à tirer bénéfice des post-révolutions pour prendre le pouvoir, pour l'instant partiellement, comme en Egypte avec les frères musulmans ou en Tunisie avec le parti Ennahda.

Au Maroc, on a bien vu que les jeunes de la mouvance intégriste Al Adl wa alihssan et même des salafistes avaient investi les marches du Mouvement du 20 février initié par des jeunes laïques et idylliques.

En Algérie, le printemps arabe est arrivé en retard. Les algériens, fatiguées par une guerre civile qui a duré plus de 15 ans et qui a fait énormément de victimes, estimés à plus de 100 000 morts, ses islamistes affaiblis par la répression de l’armée, dont les organisations ont été démantelées et discréditées par les méfaits du terrorisme du GIA.
La vague du printemps arabe a échoué à la frontière tunisienne.

L’exception Marocaine:

Il faut bien reconnaitre que c’est Hassan II qui a anticipé le printemps arabe, en introduisant vers sa fin de règne, des réformes politiques : en permettant l’alternance politique, avec le gouvernement socialiste de Abderrahmane El youssoufi, la libération des prisonniers politiques allant même jusqu'à la réintégration de certains d’entre eux dans le champs politique et des responsabilités, le lancement de l’opération Equité et Réconciliation avec son volet auto-critique et ses vertus thérapeutiques de la libération de la parole. Tout ceci dans un cadre global de modernisation du pays, poursuivi par Mohamed VI faisant du Maroc un pays ouvert sur le monde, notamment par la promotion d’un tourisme de masse qui a eu la double vertu , économique et politique, dont celle de conforter l’ouverture des esprits et la tolérance des marocains.

L’avènement Mohamed VI a consacré une monarchie moderne avec le lancement de
grands chantiers économiques et institutionnels, une monarchie ouverte à la critique laissant le soin aux marocains attachés à la monarchie de la défendre . Ainsi les débats et les remises en cause de certaines pratiques protocolaires Royales ou sur certains choix politiques se font au grand jour par des marocains de l’intérieur alors, qu’il y a quelques années ce genre d’exercice étaient réservés aux opposants marocains exilés qui comptaient parmi les plus radicaux.

La réforme de la constitution, l’arrivée du PJD aux commandes balisées d'un
gouvernement de coalition, considéré à juste titre comme étant un parti islamiste modéré, ont été considéré par les observateurs, dans le texte et dans les faits, comme un mouvement habile qui a permis au régime de surfer sur la vague sans glisser.

Paradoxalement, de cette épreuve, la monarchie s’en sort renforcée et consolidée.

Pendant les marches et les manifestations pacifiques, hormis quelques débordement, les manifestants dénonçaient la corruption , les abus de pouvoir de l’administration et la misère sociale mais évitaient de remettre en cause la légitimité de la monarchie.

Autre signe de changement opéré sur le champ politique marocain, les partis de gauche rejoints par les tenants du courant laïque issus de la société civile, anciennement opposés à la monarchie, considèrent que le danger, c’est la pensée intégriste et salafiste et que la monarchie et leur allié dans ce combat idéologique. Au point que certains affirment, avec lucidité, que le meilleur rempart contre les islamistes au Maroc c’est le Roi.

Bien entendu, cela a eu pour effet de conforter le Roi, dans sa position d’arbitre, mais aussi dans son rôle de garant de la stabilité et des libertés individuelles et collectives.

Il reste que la lutte contre la pauvreté,la chômage, la corruption, doit se poursuivre avec acharnement, la réforme des institutions y compris dans la pratique administrative et politique doit également aboutir, car c'est bien connu, les intégrismes se nourrissent de la misère sociale et intellectuelle du peuple.

Il appartient aussi aux partis de progrès et aux forces vives de la société marocaine d’être en mesure d’écrire et de proposer aux marocains un autre projet de société, que celui prôné par les obscurantistes de tout poil. Un projet qui prend en compte l’histoire du Maroc, dans sa richesse culturelle et dans sa diversité avec sa double-face qui tient à ses traditions et à sa modernité, et de son lien avec la monarchie qui fait partie de son identité.

Il faudra aussi associer la vitalité des Marocains du Monde à cette grande réflexion en vue de l’écriture commune du projet de société pour un Maroc moderne, démocratique, prospère, ouvert sur lui même et sur le monde.

C’est dans ce sens, que l’exception marocaine doit être cultivée et entretenue, au service de la paix et de la prospérité.

Hamid Soussany
soussany@free.fr
Nice-France-


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