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MAP - publié le Mercredi 16 Novembre à 11:42

Droits de l'Homme: la Tunisie revisite plus de 60 ans de violations



Tunis - L'Instance Vérité et Dignité (IVD), organe chargé de la justice transitionnelle en Tunisie, organise, jeudi et vendredi, les premières audiences publiques des victimes des violations passées des droits de l'Homme dans le pays.



La période couverte par ce travail de mémoire s'étale sur plus de 60 ans de l'histoire contemporaine du pays, c'est-à-dire à partir de juillet 1955, quelque temps après l'Indépendance, jusqu'à décembre 2013, soit deux ans après la Révolution du Jasmin.

La finalité de ces audiences, dont les premières séances seront retransmises en direct, est "de révéler la vérité, rendre justice aux victimes et interroger le système et non les bourreaux, loin de l'esprit de vengeance", a souligné la présidente de l'IVD, Sihem Ben Sedrine, dont l'action est contestée par un large pan de la société civile et de la classe politique.

Au cours de chacun de ces séances, qui devront se poursuivre d'ici à 2017, la parole sera donnée à 4 ou 5 victimes des graves violations pour un témoignage entre 30 et 40 minutes, explique l'IVD, sans donner de précision sur le calendrier de ces audiences.

Dans le but de conférer une symbolique à son action, l'Instance a choisi de tenir la première séance dans un célèbre club de la banlieue de Tunis, où l'épouse du président déchu, Leila Ben Ali, avait pris l'habitude d'organiser des fêtes privées.

L'Instance Vérité et Dignité a reçu plus de 65 mille dossiers pour des violations de toutes sortes, notamment 603 homicides avec préméditations, 61 exécutions sommaires, 194 disparitions forcées, 10 mille cas de torture et 846 déplacements forcés.

Il est aussi question de plus de 4.100 affaires de corruption financière et de détournement de deniers publics, plus de 11.200 atteintes à la liberté d'expression et de la presse, ainsi que 355 cas de viol et d'abus sexuels.

L'IVD, entrée en fonction en juin 2014, est composée en principe de quinze membres, dont le mandat a été fixé, par une loi organique, à quatre années, renouvelable une fois pour une année seulement.

Depuis son installation officielle, l'Instance n'a eu de cesse d'essuyer des critiques sur ses méthodes de travail et son approche d'un dossier aussi sensible, sa présidente, Sihem Ben Sedrine, une opposante de l'ancien régime, cristallisant l'animosité à cause de ses "affinités" et sa "proximité" prétendues avec le mouvement islamiste d'Ennahda.

Plusieurs voix, dont le président tunisien Béji Caid Essebsi, s'étaient élevées pour mettre en garde contre "une justice de vengeance" et appeler à "revoir de fond en comble" le processus de justice transitionnelle.

Le travail de l'IVD, qui devrait être celui de la préservation de la mémoire et de la réconciliation nationale, n'a pas échappé aux tiraillements idéologiques, aux calculs partisans et aux polémiques interminables, devenus le lot quotidien des Tunisiens depuis la chute de régime de Ben Ali en janvier 2011.

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