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par Sana Saleem - CGNEWS - publié le Dimanche 22 Août à 14:50

Donner un coup de main au Pakistan






Karachi (Pakistan) – « Il semble que le nombre de personnes affectées par cette crise [les inondations au Pakistan] soit supérieur au nombre des personnes touchées par le séisme en Haïti, le tsunami de 2004 ou le tremblement de terre survenu au Pakistan en 2005. Et si le nombre des victimes est aussi élevé que celui qui a été annoncé par le gouvernement [pakistanais], il est supérieur au nombres des victimes des trois catastrophes réunies, » a déclaré Maurizio Giuliano, porte-parole du bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, à l'Associated Press.

Ces deux dernières semaines, j'ai regardé des images des zones touchées par les inondations: des photos d'hommes et de femmes portant leurs enfants sur leurs épaules, avançant avec de l'eau jusqu'à la taille et transportant le peu qu'il leur reste de leur famille et de leur maison avec hésitation. Il y a aussi les images d'hélicoptères de sauvetage larguant des vivres que les gens se disputent pour leurs familles. Beaucoup affichent des visages qui expriment la peur, la colère et l'incertitude. Au fil des ans, seuls les visages ont changé; des personnes déplacées à l'intérieur de la vallée de Swat aux rescapés des inondations de Khyber-Pakhtunkhwa, il n'y a qu'une seule constante: la désolation.

« Il aurait été préférable de mourir dans les inondations car nos vies de misère sont bien plus terribles, » confie Ahmed, un homme qui a fui avec sa famille la ville de Shikarpur, dans la province du Sindh, et qui a passé la nuit à grelotter sous la pluie.

Sans nul doute, il semble que ce soit la plus grande catastrophe de l'histoire du Pakistan. Beaucoup a été dit sur les désastreuses conditions de vie des victimes des inondations. De la compassion face à l'appel des victimes, à la colère face à l'inertie du président pakistanais, nous avons analysé la situation bien trop de fois.

La semaine dernière, un reportage de BBC News indiquait que plus de 14 millions de personnes avaient été touchées par les inondations. Cependant, le reportage poursuivait en affirmant que des oeuvres de charité, liées à un groupe ayant soi-disant des liens avec al-Qaïda, avaient fourni de l'aide aux victimes des inondations. Ce n'est pas le seul reportage dans le genre; la plupart des médias occidentaux ont couvert l'événement en mettant l'accent sur « l'angle taliban ».

Je comprends que les accusations formulées par les victimes laissées à l'abandon risquent d'être exploitées mais serait-ce donc la seule raison que nous ayons de leur venir en aide?

Plutôt que de critiquer ce qui est en train de se produire et de se demander pourquoi il en est ainsi, nous ferions mieux de faire pression sur le gouvernement pakistanais pour qu'il garantisse des mesures plus efficaces pour gérer la catastrophe. Après tout, c'est le manque de réponses appropriées à la catastrophe qui ne permet pas de faire autrement que de compter sur l'aide d'organisations indépendantes de secours. L'Etat a eu de nombreuses occasions, dans le passé, d'apprendre de ses erreurs et de développer une meilleure politique de gestion des catastrophes. Toutefois, il apparaît clairement que cela n'a pas été la première de ses priorités.

Cette inertie a créé un vide entre les autorités et le peuple pakistanais et la majorité d'entre nous avons choisi de faire confiance aux organisations indépendantes de secours plutôt qu'au président. Si certaines de ces organisations de secours ont des liens avec des groupes terroristes, cela tient au fait que le gouvernement a échoué à assumer ses responsabilités.

Le population du Swat et des régions avoisinantes ont déjà suffisamment souffert face aux talibans. Cette guerre leur a coûté leurs vies et leurs biens. Et comme si cela n'était pas suffisant, ils ont été frappés par les pires inondations en 80 ans. Le monde devrait les aider non pas à cause de l'insécurité et de la peur mais par esprit d'humanité.

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* Sana Saleem est rédactrice spécialisée à BEE Magazine et blogue sur Global Voices, Asian Correspondent et son blog personnel, Mystified Justice.


Tagué : cgnews

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