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Abdelkarim Chankou - publié le Jeudi 16 Mai à 11:27

Dix ans après les attentats du 16 mai 2003






Abdelkarim Chankou
Abdelkarim Chankou
En somme c’est la même gueule de bois du journaliste analyste attitré, la même langue de bois de l’intellectuel passe-partout et à court d’idées et le même chèque en bois du politique qui n’a pas froid aux yeux, qui manie à la perfection l’art de vendre du vent…

Le récipiendaire de ces discours qu’est le citoyen lambda est pour ainsi dire réduit de force à jouer le rôle passif de spectateur. On pense pour lui, on parle à sa place, on propose des solutions à sa place. Il n’a rien à craindre donc.         

Une décade après les attentats du 16 mai qui ont endeuillé Casablanca en faisant officiellement 42 morts dont les kamikazes et une centaine de blessées plus ou moins graves, les discours politique, intellectuel, religieux, communicationnel et économique demeurent les mêmes à quelques variations infinitésimales près.

C’est la faute aux imams qui passent leur temps à jeter l’anathème sur les athées et à excommunier les mécréants. C’est la faute à l’école publique qui a démissionné de son rôle premier, celui de formation du citoyen idéal.  C’est la faute à l’Etat qui considère toujours la Culture et la Jeunesse comme les parents pauvres des départements ministériels en leurs allouant des miettes budgétaires. C’est la faute à la misère dans laquelle patauge une majorité de Marocains et qui constitue un terreau propice au développement du terrorisme et tous les fanatismes possibles. C’est la femme aux  jeunes filles et femmes qui déambulent presque nues dans les rues.  C’est la faute aux télévisions étrangères par satellite qui inondent le pays de films sataniques etc. etc. Les victimes du terrorisme du 16 mai comme d’avril 2007 ou 2011 ressusciteront et in aura pas fini d’égrener tous les boucs émissaires du terrorisme !

Personnellement il n’existe qu’une cause du terrorisme au Maroc. C’est la défaillance de la cellule familiale. Son manquement à son rôle  naturel et premier de pré-éducateur (vs prédicateur) a eu pour conséquence la naissance d’une sorte de « Marocain de 3e type » assoiffé de tout encadrement exogène à même de combler le vide affectif et spirituel laissé par des parents indignes ou démissionnaires.

Mais il n’y a pas que le renoncement parental qui est la cause de ce phénomène de production d’individus hyper-réceptifs aux discours extérieurs les plus haineux du moment qu’ils y trouvent leur compte ; il y a aussi le phénomène de l’éclatement de la cellule familiale, même quand celle-ci remplit son devoir  pré-éducatif à la perfection.  Un frère ou une sœur qui quitte la maison familiale après mariage ou immigration peut provoquer chez un membre de la fratrie, souvent le cadet, un choc psychologique qui peut être extériorisée par une débauche mentale ou comportementale ; c’est-à-dire par une dérive genre terrorisme (ou jihad combattant) ou une aliénation par l’alcool ou les drogues dures.

Un exemple type de  ce phénomène d’éclatement de la cellule familiale que les sociologues semblent oublier par inadvertance ou ignorance : le fait qu’avant ces 20 dernières années, quand les familles amazigh n’entraient pas en alliance avec d’autres familles issues d’autre ethnies, le terrorisme et la violence en général était encore inconnu chez ces familles berbères. Mais dès que le mariage mixte amazigho-arabe ou amazigho-européen est devenu monnaie courante on a commencé à assister à l’apparition d’individus terroristes d’origine berbère. Cette aliénation terroriste ou djihadiste étant souvent le fruit d’un rejet de la mariée par la famille de l’époux et vice versa. De même qu’elle peut être le résultat d’une réaction vindicative d’un membre de la fratrie contre l’Occident qui a « volé » le grand frère ou la grande soeur immigré(e) ou marié(e) à un(e) occidental(e). D'ailleurs ce même raisonnement, disproportion numérique prise en compte, expliquerait pourquoi chez les familles juives très unies le terrorisme prosélyte est pratiquement inexistant.

Le mot de la faim pour conclure : s’ils ont un mérite les attentats du 16 mai 2003 ont fait sortir les Marocains d’une très longueur torpeur qui leur a fait croire, notamment grâce à l’histoire officielle,  qu’ils sont un peuple singulier, paré contre tous les maux et fléaux sociétaux du monde moderne.

http://chankou.over-blog.com/article-dix-ans-apres-les-attentats-du-16-mai-2003-117822611.html



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