Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Appel à renforcer le rôle des jeunes dans le suivi de l’Agenda 2030 à... | via @lemagMaroc https://t.co/CmCOvzqFM2 https://t.co/80Vlht9g1c



Nadia Madani - publié le Vendredi 2 Janvier à 12:58

Des parents et des enfants






L’histoire d’un ami -vivant en Europe - qui vient de perdre sa maman mais qui n’a pas daigné prendre l’avion pour assister à ses funérailles m’a inspiré cet article dont le sujet me tracassait depuis longtemps. Notre ami n’a rien d’un ingrat, encore moins d’un « oueld el hram ». Il est même l’exemple du bon citoyen, et l’exemple du bon père de famille. Il répugne faire du mal à quiconque et pourtant n’a pas de bons liens avec sa grande famille. Le secret de ce froid entre lui et les siens n’est jamais sujet de discussion avec les autres. On devine par contre qu’il a mal quelque part : jamais d’excès de joie et une tonalité toujours triste à la voix comme au regard. Très lié à sa femme –qui est la seule certainement à posséder ses secrets – à ses deux enfants et à ses amis ; on ne peut vraiment rien lui reprocher. Pourtant il y aura plein de gens qui lui reprocheront son « indifférence » vis-à-vis de la mort de sa mère, comme pour « l’étranger » d’Albert Camus.

Cet incident, ainsi que d’autres, m’ont révélé une chose : il y en a de ces parents qui meurent dans les cœurs de leurs enfants avant même de mourir dans la vraie vie. Des parents qui font grand cas lorsque leurs enfants leur désobéissent mais qui ne se gênent pas de les priver d’amour et d’attentions. Pour eux, tel fils n’est pas comme l’autre, il y a le bon et il y a le raté ; il y a celui qui peut commander et celui qui ne le peut pas ; il y a la fille qui a droit aux honneurs et celle qui ne peut être qu’humiliée. Pour ces parents le cœur a cessé d’aimer leurs enfants d’un amour pur, ils ne sont que dureté et autorité. L’exemple d’une proche me vient à l’esprit : une femme simple d’esprit et du cœur et dont la mère n’a jamais été fière. Sans ressources dans la vie, elle travaille de temps en temps mais se trouve toujours dépossédée par sa mère qui exige d’elle une part de ce qu’elle gagne. J’ai connu une autre qui a passé toute sa jeunesse -sans se marier- à travailler pour nourrir une jeune mère veuve, bien établie et qui pense à un nouveau remariage. Peut-on être aussi cruel avec ses enfants ? Doivent-ils payer pour nous le prix de leur affranchissement ? Les a-t-on-mis au monde pour nous servir ou pour les élever et les aider ? Les rôles peuvent s’inverser bien sûr; ils pourront devenir nos assistants un jour, mais il faut d’abord les rendre forts et leur déployer notre argent avant de désirer le leur.


Tagué : Nadia Madani

               Partager Partager