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Al-Hussein Al-Midrat - publié le Lundi 23 Septembre à 11:13

Des graffitis pour un Maroc plus propre et inclusif






Des graffitis pour un Maroc plus propre et inclusif
Al-Dusheira, Maroc – En marchant à travers les ruelles étroites et les allées du quartier de Juhadiyya, dans la ville d’Al-Dusheira, mon attention est attirée par des graffitis, beaux et riches en couleurs, qui pressent les lecteurs de protéger l’environnement. À Al-Dusheira (ville située au sud du Maroc) il est tout à fait possible de se réveiller un matin et de trouver la façade de sa maison entièrement recouverte de phrases et d’images qui soulèvent des questions ou qui expriment des idées et des impulsions de la jeunesse marocaine.

Les graffitis sont particulièrement appréciés des jeunes Marocains. Certains contiennent des mots ou des expressions abrégés ou encodés, de telle manière que seuls les jeunes peuvent les déchiffrer. Ce langage de la rue à l’aspect rebelle vise cependant rarement la calomnie ou l’insulte.

Pourtant, les graffitis ne sont pas qu’un simple moyen d’expression ; cette année, nous avons observé qu’ils étaient également un point de convergence entre la jeunesse, la société civile et le gouvernement marocains.

Au mois de juin dernier, le Conseil municipal d’Al-Dusheira et des organisations pour la société civile, telles que le Forum des associations d’Al-Dusheira (Majd), ont collaboré à l’occasion de la journée internationale de l’environnement. Une des initiatives a consisté à inviter les résidents de la ville à décorer les murs avec des fresques mettant en évidence la culture, l’art et l’histoire de la région. Les jeunes Marocains ayant pris part à ce projet ont produit des peintures murales qui promeuvent l’éducation civique, le sens de l’intégration et le sentiment de responsabilité envers leur société, l’environnement et la culture locale.
Si l’art du graffiti bénéficiait d’un soutien plus important et si les jeunes qui mettent volontairement leur talent au service d’un travail civique se voyaient encouragés davantage, ces derniers pourraient alors acquérir de l’expérience et des compétences, tout en aidant le Conseil municipal d’Al-Dusheira à assurer une meilleure protection environnementale et une prise de conscience des problèmes qui touchent la ville.

Cette initiative a servi de plateforme aux jeunes, et ils ont pu canaliser leur énergie de manière constructive. Des slogans tels que « un quartier propre est digne de ses habitants », « Dieu est beau et aime la beauté » et « peu importe qui est ton père, les bonnes manières l’emportent sur la descendance » sont apparus sur les murs d’un jour à l’autre. Des fresques représentant le drapeau du Maroc et le slogan du royaume « Dieu, la patrie, le roi » avaient pour but d’exprimer le sens d’appartenance au pays, ainsi que les pluralismes culturel, linguistique et artistique. Ces œuvres ont été réalisées en arabe et en tamazight (la langue de la population autochtone d’Amazigh en Afrique du nord), lançant ainsi un appel à la cohésion entre personnes d’origine arabe et la population Amazigh. De tels messages renforcent la réforme de la constitution de 2011, qui reconnaît le tamazight comme une des langues officielles du Maroc.

Les jeunes qui ont pris part à cette initiative se sont portés volontaires pour transformer la rue principale de la ville en une peinture murale unique représentant tout ce qui leur vient à l’esprit.

Le conseil municipal a récompensé les jeunes artistes selon un nombre de catégories, dont celle du quartier le plus propre, de la meilleure fresque et du slogan qui encourage le plus adéquatement la jeunesse à mieux se comporter et à participer à l’organisation de la vie civique. L’enthousiasme de ces jeunes et leur conscience des problèmes que doit surmonter leur société les amènent promouvoir la sensibilisation aux problèmes environnementaux, mais pas seulement.

La jeunesse est déjà au devant des activités environnementales à Al-Dusheira, telles que la diminution de la production d’ordures domestiques, la contribution aux efforts de recyclage, l’organisation de campagnes pour peindre des murs, nettoyer des allées et préserver les zones de verdure.

Des projets de la sorte offrent un soutien financier à la jeunesse, des activités pour combler leur temps de loisirs et les encouragent à s’engager dans le volontariat. Elles offrent des alternatives à la jeunesse plus démunie et marginalisée qui encourt le risque de sombrer dans la drogue, l’alcool ou la délinquance.

Les graffitis ont toujours été le moyen de prédilection de la jeunesse pour exprimer des sentiments. À travers des initiatives de la sorte, les jeunes sont également amenés à participer à la vie de leurs communautés et à proposer des solutions constructives aux problèmes que les Marocains doivent affronter.

*Al-Hussein Al-Midrat est un membre du conseil des dirigeants de la jeunesse d’Agadir et le directeur d’un journal en ligne appelé Agadir TV. Il étudie la culture arabe et les arts à l’Université de Ibn Zahr. Article rédigé pour (CGNews).



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