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H.A - publié le Jeudi 27 Février à 22:00

Des Algériens, au nom à consonance française, ont combattu, au prix du sang et des larmes, pour l'indépendance de l'Algérie, aux côtés de leurs frères Algériens musulmans.






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Maurice, Fernand, Raymonde, Pierre, Henri, Georges, Roland, André Avec les libérateurs : Au prix du sang et des larmes

Des Algériens, au nom à consonance française, ont combattu, au prix du sang et des larmes, pour l'indépendance de l'Algérie, aux côtés de leurs frères Algériens musulmans. 
Ils partageaient l'amour de la patrie, l'Algérie, la terre qui les a vu naître, grandir et lutter. Ils venaient d'horizons politiques divers. Mais, pour la majorité d'entre eux, ils avaient milité au Parti communiste algérien (PCA) avant d'intégrer le FLN. Leur conscience nationale se développa sur le terrain des luttes politiques et syndicales. Fernand Iveton, né le 12 juin 1926 à Alger, ouvrier tourneur, est mort sur l'échafaud, dressé à la prison de Serkadji, le 12 février 1957, à l'aube. Maurice Audin, né le 14 février 1932 à Béja, en Tunisie, mathématicien, est mort sous la torture, dans les locaux des parachutistes à El Biar, à Alger, le 21 juin 1957. Raymonde Peschard, née le 15 septembre 1927, à Saint-Eugène (Bologhine), assistante sociale, et Pierre Ghenassia, né le 24 juillet 1939, à Ténès, lycéen, sont tombés au champ d'honneur en 1957, l'une au nord de Bordj Bou Arréridj, l'autre au sud de Blida.
Henri Maillot, né le 21 janvier 1928 à Alger, expert-comptable, et Maurice Laban, né le 30 octobre 1914 à Biskra, ingénieur, sont morts au maquis du versant nord de l'Ouarsenis, dans le djebel Sidi Derraga. Le docteur Georges Counillon, Georges Raffini, André Martinez et Roland Siméon sont morts au maquis des Aurès au début de l'année 1956, mêlant leur sang généreux à celui de Laïd Lamrani. Raymonde Peschard, héroïne de la guerre de Libération nationale, volontaire pour porter les armes, a été froidement exécutée par un officier du 49e bataillon d'infanterie de l'armée française, sur ordre du colonel Buis, le 26 novembre 1957, dans le massif des Bibans, à l'est des Aït Abbès, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Sétif. Blessée, elle fut capturée sans armes, à Draâ Errih, au nord-ouest de Médjana. Ses compagnons d'armes, Rachid Belhocine (médecin), Arezki Oukmamou et Redjouani (étudiant en mathématiques spéciales), furent sauvagement achevés sous ses yeux, froidement, l'un après l'autre. « Devant les corps allongés de ses frères de combat et malgré ses blessures, Raymonde Peschard trouvera le courage de déverser sur les soldats un flot d'injures, les traitant de sauvages, de barbares et de nazis.
C'était la seule arme qui lui restait encore ; elle tenait à mourir avec eux (. .. ) », témoigne Djoudi Attoumi, officier de l'ALN, dans son livre Avoir vingt ans au maquis. Raymonde Peschard reçut une balle de révolver dans la nuque. Elle préféra la mort à la trahison. La patrie reconnaissante donna son nom à une grande rue d'un quartier populaire de Constantine, pour perpétuer son souvenir. Le sacrifice du jeune lycéen, Pierre Ghenassia, fut donné en exemple par l'ALN, dans une lettre adressée, en 1958, aux israélites du Sersou. « Juifs et musulmans, fils d'une même terre, doivent faire front et hâter l'avènement d'une Algérie enfin débarrassée du fardeau de la haine et du racisme », souligne le texte. Le nom de Pierre Ghenassia est également cité dans la brochure intitulée Nous Algériens, éditée à Tunis, en mars 1960, par le ministère de l'information du GPRA. Dans une lettre datée du 3 juin 1957, envoyée du maquis à ses parents, Pierre Ghenassia écrivait en substance : « Je milite, depuis, au milieu de milliers de jeunes qui, comme moi, ont rejoint le maquis, et, dans un magnifique élan d'enthousiasme, tendent tout leur être vers la réalisation de leur idéal ... A bientôt, dans une Algérie libre et indépendante. Pierre dit ''El Hadj'' ».
(« Nous l'appelions ainsi », témoigne le commandant Azzedine). Une copie de cette lettre nous a été communiquée par Jean Pierre Saïd, son cousin maternel, lui aussi moudjahid. Henri Maillot, capturé et exécuté de sang-froid le 5 juin 1956, à Djebel Derraga, par de jeunes militaires français de son âge, faisant partie du 504e bataillon du Train, était entré dans l'histoire de la guerre de Libération nationale en subtilisant à l'ennemi, le 4 avril 1956, un camion plein d'armes au profit de l'ALN. Au lendemain de cette opération spectaculaire réalisée en plein cœur d'Alger, il donna les raisons de son engagement, dans une déclaration transmise de son refuge à la presse : « Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien d'origine européenne. Je considère l'Algérie comme ma patrie. Je considère que je dois avoir à son égard les mêmes devoirs que tous ses fils. Au moment où le peuple algérien s'est levé pour libérer son sol national du joug colonialiste, ma place est aux côtés de ceux qui ont engagé le combat libérateur... En accomplissant mon geste, j'ai conscience d'avoir servi les intérêts de mon pays et de mon peuple ... ». Abane Ramdane cita ce geste de bravoure en exemple et, au nom de la direction du FLN, considéra qu'Henri Maillot méritait d'être élevé au grade d'officier de l'ALN. Maurice Audin, jeune mathématicien, « a été étranglé le 21 juin 1957, au centre de tri de la Bouzaréah, à El Biar, au cours d'un interrogatoire mené par son assassin, le lieutenant Charbonnier, officier de renseignements du 1er RCP, qui tentait vainement d'obtenir des renseignements sur l'organisation clandestine du Parti communiste algérien.
Le crime fut commis au su d'officiers supérieurs ... du colonel Trinquier, alors adjoint du colonel Godard, du colonel Roux, chef du secteur de la Bouzaréah, du capitaine Devis, officier de renseignements attaché au sous-secteur de Bouzaréah, et qui avait procédé par ailleurs à l'arrestation de mon mari, du commandant Aussaresses, du commandant de la Bourdonnaie », accuse son épouse, Josette Audin, qui partagea sa vie de militantisme. Ce sont là des noms propres symboliques qui ont versé leur sang pour que vive l'Algérie, pour ce qui nous fait vivre. Ce ne sont pas des « Français de France » à opposer à un Camus « un Français d'Algérie », mais bien des Algériens morts pour la libération de leur pays, l'Algérie, souligne Josette Audin dans un article publié dans le quotidien El Watan.
La longue liste des prisonniers de guerre porte, elle aussi, des noms d'Algériens à consonance française : Pierre Chaulet, Odet Voirin, Annie Steiner, Elyet Loup, Jean Farrugia, Célestin Moréno, Eliane et Jacques Gautron, Paul Caballéro, Lucien Hanoun, Jean Masseboeuf, les frères Meyer, Daniel et Gabriel Timsit, Jacques Salort, Christian Buono, Henri Alleg, Jules Molina, Raymond Hannon, Henri Doménech et bien d'autres encore, comme les hospitaliers et les cheminots de Blida et tous ceux cités par les journaux lors des procès. Se retrouvèrent également en prison au milieu d'autres femmes combattantes, Jacqueline Guerroudj, condamnée à mort, et sa fille, Danielle Minne, arrêtée au maquis. Ces Algériens, non musulmans, qui, aux côtés des Algériens musulmans, engagèrent leur vie dans une voie pleine de courage, n'étaient malheureusement qu'une infime minorité. Les autres optèrent pour le maintien de la domination coloniale avec tous les avantages moraux et matériels qu'elle leur assure, souligne Georges Acampora, moudjahid de la première heure, ancien condamné à mort. Sapeur-pompier à la retraite, il vit toujours en Algérie, dans le quartier populaire de Bab el Oued qui l'a vu grandir. Mohamed Rebah, auteur du livre Des Chemins et des Hommes



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