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APS - publié le Vendredi 5 Février à 11:50

Décryptage du génome de la punaise de lit



Paris - Le décryptage du génome de la punaise de lit enfin réalisé par des scientifiques pourrait aider à déjouer la résistance aux pesticides de cet insecte suceur de sang qui pique les dormeurs.



La punaise de lit commune (Cimex lectularius), qui mesure 4 à 7 mm à l'état adulte est une familière de l'homme depuis des milliers d'années.

Alors qu'elles avaient quasiment disparu aux Etats-Unis depuis les années 1950 en raison d'un recours important au DTT, ces punaises sont revenues en force dans ce pays notamment à New York et elles prospèrent aussi en Europe notamment à Paris.

Le développement des transports, le chauffage des logements, la densité humaine favorisent son installation dans les zones urbaines.

Deux études parues dans la revue Nature permettent d'entrevoir des pistes pour essayer de limiter leur essor.

"Désormais, un très fort pourcentage de punaises de lit présentent des mutations génétiques qui les rendent résistantes aux insecticides courants", constate dans un communiqué Louis Sorkin, du Muséum américain d'histoire naturelle à New York, co-auteur de l'une des études.

Les punaises se sont adaptées en fabriquant des enzymes détoxifiantes qui dégradent les insecticides. Qui plus est, leur "peau" s'est durcie pour se protéger de ces produits.

Les chercheurs ont mené leurs recherches génétiques sur tout le cycle de vie des punaises. L'oeuf donne une nymphe. Celle-ci connaît plusieurs étapes de croissance, marquées chacune par un repas de sang qui permet de passer à la prochaine phase. Ce n'est qu'après qu'elle devient adulte.

Or les scientifiques ont découvert que l'insecte développait des mécanismes de résistance aux insecticides à partir du moment où il commençait à se nourrir de sang.

"Cela suggère que les punaises sont vraisemblablement plus vulnérables à leur premier stade de nymphe, ce qui en fait potentiellement une bonne cible pour les futurs insecticides", souligne le Muséum américain d'histoire naturelle.

Les chercheurs se sont intéressés également au patrimoine génétique des bactéries qui colonisent la punaise et donc une partie sont sans doute favorables à sa croissance et sa reproduction.

"Des antibiotiques qui attaqueraient les bactéries bénéfiques aux punaises (mais ne seraient pas essentiels à l'homme) pourraient venir en complément des pesticides", estime le Muséum.

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