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Mehdi Bennani - publié le Mercredi 20 Mars à 10:53

De quelques éclaircissements sur le Maroc et l’Union africaine




Les visites royales au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Gabon, ayant débuté le 15 mars 2013 avec Dakar comme première station, sont l’occasion pour certains de critiquer la politique africaine du Maroc et de la qualifier d’intéressée, mettant ainsi l’accent sur la non-appartenance du royaume à l’Union africaine (UA).



De quelques éclaircissements sur le Maroc et l’Union africaine
La plupart de ces commentateurs, le plus souvent étrangers au continent africain ou impliqués directement dans des manœuvres diplomatiques contre le Maroc, omettent par méconnaissance ou à bon escient, de décrire la réalité historique des liens entre le Maroc et l’organisation panafricaine.

L’ancêtre de l’UA, est l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont le Maroc était un membre fondateur. Dans le cadre de celle-ci, le rôle et la présence du Maroc n’ont jamais été mis en question. D’ailleurs, membre du Comité de libération de l’OUA, le Maroc a apporté une aide politique et matérielle aux mouvements de libération reconnus par cette organisation.

Néanmoins, malgré cette présence au sein de l’organisation, la question du Sahara a été instrumentalisée par l’Algérie afin d’isoler et d’affaiblir le Maroc pour des raisons politiques et diplomatiques, à la fois liées au positionnement respectif des deux pays lors de la Guerre froide, mais aussi du fait des intérêts particuliers d’Alger dans la région.

Ainsi, en 1980, l’Algérie a regroupé suffisamment de soutiens pour pousser le Polisario, mouvement séparatiste, à demander sa reconnaissance et son adhésion à l’OUA lors d’un sommet tenu au niveau des Chefs d’Etat. Le royaume du Maroc, confiant de l’identité marocaine du Sahara a répondu à cette manœuvre par la formulation d’une question préjudicielle, motivée par les dispositions des articles 4 et 28 de la Charte de l’OUA disposant que ne peuvent adhérer à l’organisation que les Etat africains indépendants et souverains. La requête déposée par le Polisario, appuyée par l’Algérie, répondait-elle à ces conditions ?

La force déstabilisatrice de cette action a conduit à la suspension de l’examen des deux questions par le sommet des Chefs d’Etat. En 1981, une seconde tentative écrite fut conduite par l’envoi d’une missive à Edem Kodjo, alors Secrétaire général de l’OUA. Ce dernier y a répondu par la négative, affirmant qu’il n’était pas compétent pour traiter de cette question du fait qu’une décision de suspension de l’examen des deux questions ait été prise au niveau des Chefs d’Etat.

En 1982, à la veille des élections au poste de Secrétaire général de l’OUA, Edem Kodjo a notifié par écrit au Polisario son admission à l’OUA en tant que « république arabe » au motif qu’une majorité d’Etat l’avait reconnue. Cette décision fut une surprise après le refus de 1981, mais surtout de par sa violation flagrante des dispositions de la Charte de l’OUA. Sans doute les prétentions d’Edem Kodjo à un second mandat ont-elles joué un rôle important dans cette prise de décision.

Suite à ce grave évènement, une crise institutionnelle a traversé l’OUA qui a fini par se réunir au niveau des Chefs d’Etat en 1984. Après de longues tractations, il a semblé que le Maroc était victime du fait accompli. Il a alors décidé de se retirer de l’organisation en raison de la violation du droit international et de la Charte de l’organisation panafricaine.

Dès lors, il est apparu clairement que cette manœuvre visait à mettre un terme aux efforts du Maroc et de l’OUA pour régler la question du Sahara occidental marocain.

Dès lors, le Maroc, fort de la légalité et de la légitimité de la marocanité du Sahara dit occidental, développe une politique africaine  ne répondant pas à une volonté exclusive de régler la question du Sahara. Cette politique consacre surtout la ferme intention du royaume de ne pas se voir éloigné de son identité africaine et du continent qui a forgé son histoire, sa culture et qui dictera son avenir. La politique africaine du Maroc répond également à une nécessité. Celle de rappeler à ceux qui l’ont oublié, que le Maroc est une victime des jeux obscurs de son voisin algérien, malgré les efforts de rapprochement bilatéral fournis par le royaume.

Mehdi Bennani


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