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Carl E. Arkantz - publié le Jeudi 11 Février à 21:40

De globe en blog... ou de la globalisation




La Terre est ronde. Pour avoir osé prétendre cela, Galilée fut tourmenté et condamné par l’Église catholique et ses inquisiteurs. Il ne faisait que reprendre ce que Copernic disait déjà avant lui, en avançant que non seulement la Terre était ronde mais qu’elle tournait en rotation autour du Soleil.



Cette vision héliocentrique du Monde n’était pas politiquement ni religieusement correcte, puisque les docteurs de l’époque voulaient que la Terre fusse le centre de l’Univers. Le principe héliocentrique allait à l’encontre de cette volonté. C’est au nom de Copernic que la condamnation de Galilée fut prononcée, et le savant dut jurer sur la Bible que la Terre était bien le centre de l’Univers. Ce qui ne l’empêcha pas de murmurer dans un souffle : « Et pourtant , elle tourne. »

Pour les savants grecs, la Terre était bien ronde. Du moins, elle le devint. Cette opinion fut fondée dès le 5ème siècle par Parménide ou plus vraisemblablement par Philolaos, un pythagoricien. Elle s’opposa à la conception de Thalès qui voyait la Terre comme un disque reposant sur l’eau, ou à celle d’Anaximandre, disciple de Thalès qui l’envisageait comme un cylindre. Avec Aristote parviennent les premières preuves de cette sphéricité.

Dans les premiers temps, les peuples du Nord avaient une perception de la platitude de la Terre fixée sur l’observation des bateaux qui disparaissaient à l’horizon comme s’ils s’abîmaient dans le vide. Cela faisait naître en eux la crainte de ce vide, de ce néant peuplé de créatures infernales qui semblait engloutir hommes et équipages. Comment expliquaient-ils alors le retour des marins dans leurs foyers ? Ainsi les Vikings qui découvrirent l’Amérique bien avant Christophe Colomb et y installèrent des colonies durent bien admettre que la Terre était ronde.

Pourquoi certains scientifiques du Moyen-âge revinrent-ils sur cette idée en voulant faire accroire que la Terre était plate ? Pourquoi l’Église s’inscrivit-elle dans cette démarche ? Cela est dans doute dû à une lecture littérale de la Bible et de la création du Monde. Le fait que Dieu ait fait l’homme à son image donnait à l’homme cet atome de divinité que nulle autre créature de l’Univers ne pouvait posséder. L’homme étant apparu sur Terre, la Terre devenait par extension le centre de l’Univers peuplé par les seules créatures intelligentes de Dieu, à savoir les seules créatures connues des hommes de l’époque. Ce qui excluait de ce schéma les populations de l’Afrique à qui on nia qu’elles eussent une âme ou les peuplades mongoles d’Asie qu’on assimila à des bêtes féroces. Le monde médiéval était un monde essentiellement européen. Et les grandes découvertes de la Renaissance avec notamment celle du Nouveau Monde (même s’il s’agit d’une redécouverte) considérèrent les populations, improprement appelées indiennes, comme des sauvages qu’on venait exhiber dans les cours d’Europe comme des animaux de foire. Ce mépris de l’autre se prolongea bien au-delà. Et il existe hélas encore dans l’esprit de certains.

Ronde, plate ou aplatie au sens physique du terme, la Terre serait en phase de devenir plate, si elle ne l’est pas déjà, à en croire Thomas L. Friedman dans son remarquable ouvrage « La Terre est plate : une brève histoire du XXIème siècle ». En analysant l’évolution du monde par la convergence de forces concomitantes et complémentaires, Thomas Friedman constate que l’évolution des technologies notamment a conduit à réduire les distances entre les hommes, à bouleverser les modes de production si ce n’est les modèles économiques eux-mêmes.  En passant d’un monde dominé par les Etats nations à celui pris en charge par les individus en passant par l’étape intermédiaire du règne des entreprises, le monde s’est rétréci. La compétition est devenue multiforme. Les échanges de plus en plus rapides. C’est peut-être cela qu’on appelle la globalisation. Le terme même de globalisation ne vient-il pas du mot globe. On retombe toujours sur cette bonne vieille terre. La globalisation vue par les anglo-saxons, c’est la mondialisation. Pourtant la globalisation irait encore plus loin si l’on envisage que la globalisation engloberait dans un même modèle économique les hommes, les civilisations, les institutions. Une sorte d’avant-goût de l’ère du Verseau. Une ère de fraternité et d’échanges qui s’affranchirait des différences sans nier les particularismes, des frontières comme des distances pour un développement harmonieux de l’Humanité. Du moins, on ose l’espérer…

Carl E. Arkantz
www.arkantz.com
http://arkantz.canalblog.com/
7 juin 2007

La Terre est plate : Une brève histoire du XXIème siècle
Thomas L. Friedman
Trad. Laurent Bury
Edition Saint-Simon
ISBN 2-915134-25-1


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