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par Dalila Mahdawi - CGNEWS - publié le Dimanche 13 Juin à 18:45

Dans le sillage de la flottille tragique, travailler pour la paix






Le sang a coulé à bord du MV Mavi Marmara, ce navire chargé d’aide à destination de Gaza. A juste titre, des voix s’élèvent pour critiquer l’emploi de la force par Israël contre des populations civiles. Tardivement, sans doute, la communauté internationale en revient à la nécessité de mettre immédiatement un terme au siège de Gaza.

Louise Arbour, présidente du International Crisis Group, organisation non-gouvernementale qui se consacre à la prévention et à la résolution des conflits sanglants, déclarait, selon The Independent: “Il est facile de condamner l’agression d’Israël contre une flottille humanitaire à destination de Gaza – inutile, mal préparée et disproportionnée. Il est beaucoup plus difficile – et pourtant il faut le faire – de comprendre en quoi cet incident remet complètement en cause la politique d’Israël envers Gaza, dans laquelle la communauté internationale a sa part de responsabilité”. Mais Mme Arbour devrait pousser plus loin son argumentation : cette nouvelle effusion de sang constitue aussi une mise en accusation de la communauté internationale, qui n’a pas su donner la priorité à la poursuite d’un processus de paix juste.

Lever le blocus qui pèse sur les 1,8 millions de résidents de Gaza est une mesure indispensable, de même qu’une enquête sur les événements qui se sont déroulés à bord de la flottille. Mais ce n’est là qu’une partie du problème : la véritable urgence est de mettre fin à un conflit vieux de 62 ans.

Ce qu'il faut maintenant, au moment précisément où cela est le moins probable, c'est reprendre immédiatement les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens. Puissent les morts du Mavi Marmara, au lieu de donner prétexte à un nouvel échange d'accusations et d'approfondissement des divisions entre deux communautés, qui ne sont déjà que trop radicalisées, servir à libérer la dynamique qui pourra persuader Palestiniens et Israéliens de retourner une fois pour toutes à la table de négociations.

Malheureusement, devant tous ces morts, les réactions des poids lourds de la politique internationale comme les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni ne risquent guère de changer le statu quo. Les pleutres réactions d'Ottawa et de Washington, se bornant à exprimer leur “profond regret”, produisent un effet négatif et semblent révéler un refus de se prononcer pour un cheminement vers la paix. Les Nations Unies elles-mêmes se sont bornées à condamner en termes nébuleux les “actes” à bord des embarcations, en recommandant une enquête “selon les critères internationaux”.

Rares sont les pays à avoir souligné le besoin d'un dialogue constructif. Les passions étant à leur comble, il est même possible que les négociations de paix amorcées il y a quelques semaines ne s'enlisent. Mais comme le disait le Président Nicolas Sarkozy voici quelques jours, après avoir condamné “l’usage disproportionné de la force” : “Ce qu'il faut, c'est qu'Israéliens et Palestiniens se parlent directement, c'est du temps perdu tout ça. Et il faut absolument qu'on surmonte tous les blocages pour parvenir à une paix durable dont chacun connaît les paramètres définitifs".

Les pays occidentaux et arabes sont restés remarquablement silencieux au cours de ces décennies de violence et de souffrances indicibles, ils doivent aujourd'hui retrouver leur voix. Ils sont complices, non seulement de la tragédie de lundi dernier, mais aussi de l'échec de la paix. Le chemin d'une paix juste et durable, comme en témoignent d'innombrables négociations avortées, est semé d'embûches. Mais les difficultés peuvent et doivent être surmontées.

La violence, les gesticulations, ne mèneront nulle part. Seul un accord définitif protègera les droits des Palestiniens et offrira des garanties aux Israéliens. Les deux côtés doivent accepter l’inéluctabilité de la paix et de la coexistence, et la communauté internationale doit les aider à y parvenir.

Les Etats-Unis, l'ami le plus proche d'Israël, doivent jouer un rôle de premier plan pour pousser les parties à la négociation. Lors de son discours du Caire, l'an dernier, le président Barack Obama avait promis l'avènement d'une ère nouvelle dans les relations de son pays avec le monde musulman. Les Palestiniens l'ont félicité d'avoir su trouver le ton d'une politique américaine plus équilibrée au Moyen-Orient. Il est temps maintenant de joindre les actes à la parole.

S'il y a quelque chose à tirer des événements tragiques sur la flottille, c'est qu'ils sont le symbole d'un tournant critique dans la relance des efforts de construction de la paix. En laissant passer cette occasion de parvenir à un règlement, il est évident que les affrontements sanglants vont se poursuivre. Formulons l'espoir que l'indignation internationale déclenchée par une violence aussi insensée qu'évitable contraindra le monde à exiger la fin des tueries et de la haine qui l'ont engendrée et qu'elle accompagnera les Palestiniens et les Israéliens dans leur recherche d'une solution constructive et permanente.

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* Dalila Mahdawi, journaliste arabo-britannique qui s’intéresse en particulier aux droits de l’homme, travaille actuellement à Beyrouth.


Tagué : flottille

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