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Abdellah CHAHBOUN - MAP - publié le Jeudi 9 Octobre à 12:20

Dans la douleur, la Suisse sonne le glas de son mythe bancaire




Genève - Il souffle comme un vent de panique sur les banques suisses à l'annonce, mercredi, d'un calendrier officiel pour la fin de la longue tradition helvétique du "secret professionnel".



La nouvelle a pris de court les milieux financiers bien que l'exécutif ait fait d'ores et déjà de "la totale transparence bancaire" une grande priorité pour la réforme de la politique financière.

Longtemps entretenu dans la profession du banquier, le mythe de la haute morale fiscale s'effondre sous la pression surtout des Etats-Unis et des partenaires européens, en quête de rapatriement des fonds colossaux non-déclarés de leurs ressortissants.

Et après plusieurs années de résistance, le gouvernement n'a eu d'autre choix que de se conformer à la nouvelle norme internationale d'échange automatique des données fiscales des banques, dont l'entrée en vigueur est prévue dès 2017.

"Les comptes au noir des Suisses restent un thème tabou mais l'offensive se prépare", estime le conseiller bancaire, P. Sansonetti, pour qui la régularisation des comptes non déclarés s'avère désormais la seule solution raisonnable. "Cette option est devenue urgente pour les clients étrangers et inévitable pour les résidents dans le pays", affirme-t-il.

Le secret bancaire, instauré sous sa forme actuelle en 1934, a conféré à la Suisse, des années durant, la réputation d'une place financière sûre et discrète, un atout de taille qui a permis aux banques helvétique de gérer environ un tiers de la fortune mondiale.

Selon les détracteurs de la place financière suisse, une grande partie de ces fonds serait non déclarée aux fiscs des pays concernés.

"De nos jours, les attaques des fiscs étrangers contre les banques lèvent le voile sur l'ampleur du phénomène de fraude. Le mythe est bel et bien sur le point de s'effondrer", affirme L. Thevenoz, expert bancaire à Genève.

Pour autant, la levée du secret bancaire risque de se faire profondément ressentir sur les activités du secteur moteur de l'économie, et bien au-delà.

Dans le collimateur, les autorités ont dû ainsi livrer, voire dénoncer, les listes de milliers de détenteurs de comptes non déclarés à la France et aux Etats-Unis. Toujours est-il que le numéro un du secteur UBS vient d'être condamné à une caution record de plus d'un milliard d'euros, à l'issue d'une enquête judiciaire menée depuis des mois pour fraude fiscale.

L'autre poids lourd de la place, Crédit Suisse, avait écopé en mai dernier d'une amende sans précédent de 3 milliards de dollars aux Etats-Unis pour "aide à l'évasion fiscale", la plus sévère amende jamais subie par une banque étrangère.

Les propos tenus ces derniers temps par le président de l'Association suisse des banquiers (ASB), Patrick Odier, ne sont pas passés inaperçus.

Le chef de file des banquiers suisses a en effet déclaré que ceux-ci ne s'opposeraient plus à l'échange automatique d'informations en matière d'évasion fiscale si cela devenait un standard universel. "Nous attendons des politiciens qu'ils comprennent le danger : si la Suisse ne réagit pas, les affaires financières et les emplois se délocaliseront à l'étranger", a-t-il averti.

Sans baisser les bras, M. Odier a plaidé en faveur d'un concept de secret bancaire "à même de garantir la confidentialité mais qui ne puisse pas être détourné à des fins illégales".

Reste encore à savoir si les Suisses eux-mêmes ne seront pas tentés de forcer in extrémis les choses en faveur d'un maintien de la tradition de silence bancaire par voie des urnes. En tout cas, c'est au peuple que revient le dernier mot en cas de consultation sur un dossier aussi sensible, comme le veut le système helvétique de démocratie directe.



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