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Abdelhak Najib - publié le Vendredi 5 Avril à 10:03

Coopération entre le Maroc et la France : L’engagement culturel comme levier de développement




Les relations culturelles entre le Maroc et la France obéissent à une tradition d’échanges. En dehors des instituts français, Paris a lancé un vaste programme intitulé « la saison culturelle France-Maroc », comme une plate-forme pour fructifier les arts et la culture.



Coopération entre le Maroc et la France : L’engagement culturel comme levier de développement
Le Maroc est un pays de la Francophonie. Cette exigence linguistique a donné corps à des échanges culturels entre Paris et Rabat qui remontent à plusieurs décennies. Outre la période coloniale et ses influences, c’est le Maroc indépendant dans son rapport à la France de la culture qui prime désormais. 
 
Si l’on prend les cinq dernières années, le contenu des échanges culturels entre les deux pays a atteint un réel stade de maturité. Ce sont aujourd’hui des programmes ciblés, des opérations inscrites dans la durée pour des visions stratégiques où la culture est appréhendée en tant que levier de développement. Dans ce sens, ce sont plus de 80 auteurs francophones invités, plus de 30 aides à l’édition et à la traduction et 15 manifestations culturelles organisées dans le cadre du mois de la Francophonie. Sans oublier une vingtaine de festivals soutenus au Maroc. Ce sont aussi des salons de livres, des cycles de cinéma et des conférences d’auteurs de tous bords. Toute cette richesse se décline à travers des thématiques aujourd’hui canalisées. 
 
Dans ce cadre, l’acquis majeur demeure, sans conteste, « la Saison culturelle France-Maroc ». Lancée en 2011, avec  plus de 120 manifestations qui se déroulent tout au long de l’année dans 13 villes du Maroc au travers du réseau de 10 Instituts Français et de 3 Alliances Franco-Marocaines, « la Saison culturelle France-Maroc » est, en 2013, à sa troisième édition. Voici donc un projet d’envergure qui atteste de la bonne santé des échanges culturels entre Paris et Rabat. Artistes, universitaires et intellectuels sont, entre autres, mis à contribution, avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France. 
 
Politique culturelle 
 
La vision du SCAC est claire. C’est un travail d’initiation, de lancement et d’accompagnement qui est entrepris. En effet, le SCAC et les établissements culturels français au Maroc travaillent sur un partenariat avec les institutions marocaines, publiques et privées. Leur rôle est de créer des actions de coopération culturelle et linguistique. Le but étant d’accompagner les politiques publiques nationales et locales ainsi que les initiatives de la société civile, en particulier la création artistique. Ceci participe d’une philosophie qui a, certes, mis du temps avant de se concrétiser, mais qui a porté ses fruits en faveur de l’engagement culturel et de l’essor social. C’est dans ce sens que le SCAC soutient également la diffusion culturelle et le développement de la langue française en encourageant la francophonie. Ce point est crucial. Car, contrairement à ce que l’on peut croire, la langue française est en perte de vitesse face à d’autres langues. L’arabisation tous azimuts a donné naissance à toute une génération pour laquelle le français n’est pas une langue prioritaire. Et c’est là que le travail sur la diffusion de la langue revêt toute son importance. Pour arriver à doter la francophonie d’un véritable outil de diffusion, plusieurs projets voient le jour. Ils visent à la mise en place et au cofinancement de plusieurs programmes de formation. Il est question, de manière concrète, de bourses d’études et de stages pour la formation de haut niveau de jeunes artistes marocains.  Plusieurs domaines sont pris en ligne de compte. Cela englobe la musique, la danse, le théâtre, la création plastique et le septième art. Il faut aussi ajouter ici le fait que  l’Ambassade de France soutient la formation des jeunes comédiens de l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle (ISADAC) de Rabat, ou encore l’association Shems’y pour l’initiation aux arts du cirque. 
 
Partenaires ciblés
 
Si les bénéficiaires de ces larges programmes sont nombreux, les retombées en termes de rayonnement, de visibilité et de notoriété sont palpables. Dans le champ des arts plastiques, la France accompagne des groupes comme le « Collectif 212 » et « Appartement 22 » à Rabat, « La Source du Lion » à Casablanca. En ce qui se réfère à la musique, elle soutient « L’Boulevard des jeunes musiciens » à Casablanca et la Chorale de Rabat. Elle appuie également l’émergence de la danse contemporaine au Maroc en soutenant les projets de création des jeunes chorégraphes.
 
C’est le même souci de diversité qui est à la base du travail des établissements culturels français. L’objectif étant de proposer aux publics marocains une diversité reflétant celle de la production française comme celle de la production marocaine. Cela touche les arts vivants, le cinéma ou encore le débat d’idées. Ceci se traduit également par le soutien apporté à plusieurs festivals de renommée internationale comme le Festival des Musiques Sacrées de Fès, le Printemps des Alizés d’Essaouira et le Festival Timitar à Agadir.
 
Une saison marocaine
 
Forte de ses acquis, « la Saison culturelle France-Maroc » peut se targuer d’avoir poser les jalons d’une coopération à long terme. Il s’agit là d’une stratégie qui touche plusieurs villes, à travers plusieurs thématiques et impliquant plusieurs acteurs locaux de la culture. Et cette année, au-delà du cinéma et de la musique, au-delà des arts de la scène et des arts plastiques, le patrimoine occupe une place de choix. 
 
Les divers programmes ambitionnent aussi de faire rencontrer les nouveaux visages de la scène urbaine avec leurs homologues venus de France. Et ce, par le biais de deux événements qui consacrent les musiques actuelles en mettant en lumière des artistes marocains, mais pas seulement, puisqu’a été pensée une création de concert avec l’Orchestre National de jazz et une tournée dédiée à la chanson française avec la participation de la jeune scène musicale de l’Hexagone. 
 
Place aux poètes
 
On ne peut parler de culture au Maroc sans parler de cette trouvaille nommée la « Cigogne volubile ». Cette année encore, ce programme donnera l’occasion à des poètes de se faire entendre. Cette édition sera axée autour de la thématique « Éloge de la lenteur », un simple prétexte de rencontres, d’échange et de réflexion autour de la lenteur et de notre rapport au temps, comme l’a précisé, Alexandre Pajon, Directeur de l’Institut français de Tanger. Seront présents lors de cette 17e édition, Rachid Boudjedra, Vassilis Alexakis, Lamia Berrada-Berca, Colette Fellous et bien d’autres auteurs. Ce Salon conjuguera littérature et musique avec une programmation artistique riche : un concert de musique traditionnelle hassanie, un récital de piano classique, une exposition inédite de Saïd Ouarzaz, un concert jazz du Baptiste Trotignon Quartet, une performance audiovisuelle autour de l’œuvre d’Albert Camus, « L’étranger » par le collectif Onlit. Une telle variété n’a jamais été constatée auparavant. C’est là le gage d’une nouvelle étape de  la vision culturelle entre les deux pays. 
 
Le Maroc médiéval 
 
L’autre grand rendez-vous culturel en vue, dans cette politique culturelle maroco-française, est l'exposition sur le Maroc Médiéval. Elle sera organisée à l'automne de l’année 2014 au Musée du Louvre à Paris. Pour les organisateurs, c’est le début d'une aventure commune avec les institutions marocaines partenaires,  comme l’a souligné le Président-directeur du musée parisien, Henri Loyrette. Il s’agit là d’un projet qui émane d'un accord signé au courant de l’année 2012.  Il est clair que ce projet s’inscrit aussi dans la continuité  du Département des Arts de l'islam auquel le Maroc a apporté un soutien important. Une telle exposition est à même de faire la lumière sur l’étendue des relations culturelles entre Rabat et Paris. Cette exposition, présentée pour la première fois au Louvre, sera suivie d'une étape en Espagne, puis au Maroc. Mais le plus important, c’est que ce partenariat avec le Louvre n’est que l’amorce d’autres réalisations dans le domaine culturel. Le but du Louvre est d'inscrire dans le long terme ce partenariat ponctuel avec les institutions marocaines. Cette collaboration est appelée à prendre plusieurs aspects. Cela va des échanges de collections, au partage des savoirs et expertises du Louvre en matière d'ingénierie culturelle en passant par la formation, les partenariats scientifiques, ainsi que des échanges de personnels, de conservateurs et de vidéographes.
 
On le voit bien, la politique culturelle française pour le royaume a atteint un réel degré de force.  La Saison culturelle France-Maroc au titre de l’année 2013, entièrement dévolue à la création artistique aux confluents des rives françaises et marocaines, a touché le cœur de sa cible à travers 25 événements phares qui sillonneront 11 villes incarnant la volonté pluridisciplinaire des arts et surtout la richesse des échanges entre Rabat et Paris. 
 
Abdelhak Najib
Journaliste


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