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Mansour Kamal - publié le Jeudi 23 Janvier à 10:57

Commerces de chicha; de nouvelles confusions




Au moment ou Altadis a mis en vente dans les kiosques de tabac la molasse destinée à la chicha, les autorités de la Préfecture de Casa-Anfa engagent une nouvelle campagne d'interdiction de cette activité commerciale, existant sans problèmes dans plusieurs pays.



Tout dernièrement presque l'ensemble des débits de boissons, cafés, bars, cabarets et hôtels dans la préfecture de Casa-Anfa ont reçu un avis administratifs pour le moins étonnant de par son timing et son contenu.

Dans ce document, il s'agit de faire appliquer le contenu d'un ancienne décision de la wilaya datant de septembre 2004 et consistant à interdire de servir la chicha aux clients.

Pour autant cette nouvelle donne simpliste et inexplicable, du fait que bien des choses ont évidemment changé entre 2004 et 2014, interpelle plusieurs réserves

1- Sachant que tout récemment Altadis, société étrangère qui détient le monopole de distribution de tabac au Maroc, a mis en vente dans les bureaux de tabac la molasse Fakher destinée à la confection des chicha, la question est de savoir comment peut-on interdire aux cafés de le commercialiser alors qu'il est vendu légalement dans tous les bureaux de tabac avec l'accord de l'Etat, qui engrange les recettes fiscales conséquentes ?

2-  De ce fait, en faisant le parallèle avec le cas des boissons alcoolisées, dans ce dernier cas il existe une loi qui limite leur vente aux seuls clients non musulmans. 

Pourtant, dans la réalité 99,99% des clients de ces débits d'alcool sont des Marocains évidemment musulmans. 

Les autorités locales ainsi que les services de police le savent parfaitement et font l'impasse sur cette situation contradictoire et burlesque.

Dans le cas de la chicha, il n'existe aucune base légale qui l'interdit, seules quelques décisions de walis ou de gouverneurs inspirées des directives de leur administration de tutelle sont prises comme référence à ce sujet.

Pourtant, des poursuites judiciaires ont été engagées et des personnes ont été mises en prison pour des motifs relevant plus de l'imaginaire que de faits répréhensibles dûment définis par le code pénal.

3 -  Au demeurant, dans l'hypothèse d'une application totale des mises en garde et le cas échéant des sanctions contenues dans ce document de la prefecture de Casa-Anfa, comme première conséquence directe des milliers de salaries seraient mis au chômage avec des effets conséquents inévitablement néfastes sur des milliers de familles.

À l'heure où l'économie du pays traverse une période très critique et de nombreux indicateurs économiques sont au rouge, la décision du Gouverneur de Casa-Anfa mettrait en péril tout un secteur d'activité employant des milliers de salariés et tirant d'autres secteurs d'activité employant à leur tour de nombreux salariés.

Pire que cela, justement  dans le sillage des impacts collatéraux, il y a lieu de s'interroger sur le nombre de personnes qui risquent de verser dans la délinquance, le délit ou le crime, ce qui n'est nullement un gain au double plan social et sécuritaire.

4-  Il est évident que cette activité devrait etre légalisée et réglementée comme cela est en vigueur dans beaucoup de pays arabes, européens et autres.

L'intérêt serait partagé entre toutes les parties et sur tous les plans.

L'Etat rentabiliserait des recettes fiscales consistantes et utiles pour le Trésor public. 

Il suffit de faire une simulation sur les fonds à capitaliser dans pareille hypothèse pour évaluer les capitaux négligés jusque-la du fait de cet attentisme et de ce manque de détermination sur le sujet.

De l'autre côté, en autorisant cette activité  - certes aussi nuisible que la vente des cigarettes et des boissons alcoolisées mais qu'on pourrait tolérer tout comme les autres-, le pays s'inscrirait positivement dans le domaine des libertés individuelles et collectives. 

Des organisations nationales et internationales, activant dans le domaine des droits de l'homme, mettent a l'index et reprochent justement certaines exactions policières et les incarcérations abusives qui s'en suivent.



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