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Marouane Bakit - publié le Vendredi 13 Septembre à 15:45

Comment enrayer la machine à rumeur en Libye






Marouane Bakit
Marouane Bakit
Tripoli, Libye – Les rumeurs et l'intox prévalent sur les sites web et sur les réseaux sociaux libyens, ainsi que dans les médias traditionnels. Une des rumeurs les plus récentes a consisté à affirmer que les raffineries de pétrole des villes libyennes allaient fermer. Cette fausse alerte a engendré des files d'attente interminables dans les stations service et des retards chez les personnes qui se rendaient à leur lieu de travail. Dans la foulée, le ministre du pétrole a annoncé qu'il s'agissait de fausses informations.

De telles rumeurs poussent le public à montrer du doigt ; elles sont une menace pour la sécurité du pays et elles accentuent le clivage qui existe entre les partisans de Mouammar Kadhafi et ceux de la révolution. Afin de lutter contre ce phénomène, le gouvernement libyen a lancé l'initiative en ligne RumorControlLibya, visant à dissiper les rumeurs qui menacent le pays. Et, bien que cette initiative ne soit certainement pas suffisante pour résoudre tous les problèmes à elle seule, elle est un pas dans la bonne direction.

Dix mois en arrière, de nombreuses rumeurs ont circulé lorsque le gouvernement libyen a annoncé, puis démenti, que Musa Ibrahim, l'ancien porte-parole de Kadhafi, avait été attrapé. La confusion au sujet de cet événement aux différents niveaux du gouvernement, et les informations erronées qui en ont découlé, ont abouti à un conflit sanglant dans la région de Beni Ulid, au nord-ouest du pays, qui a été le site d'affrontements réguliers entre les tribus partisanes de Kadhafi et les tribus opposées.

Nombreux sont ceux qui considèrent la Libye comme la victime d'une conspiration programmée qui vise à créer des conflits entre les hommes politiques et à semer la terreur au sein des citoyens au moyen de rumeurs. Selon certains avis, c’est l'ancien régime qui serait responsable de cette conspiration.

Ce qui pose un problème considérable est le fait que bien des rumeurs semblent partir de sources officielles, telles que des chaînes télévisées et des sites web du gouvernement. Ensuite de cela, des journalistes reprennent ces informations sans en vérifier l'authenticité.

En guise de réaction, le bureau de l'information et de la communication du premier ministre a lancé l'initiative RumorControlLibya afin de combattre les rumeurs sur Facebook (https://facebook.com/LybianGovernment) et Twitter.

Depuis son lancement, RumorControlLibya a démenti les rumeurs concernant les refus de visas par les ambassades européennes (visas qui donnent accès à 26 pays européens), et le bombardement de bases d’Al-Qaïda à l'est du pays. Bien qu'il soit encore trop tôt pour affirmer si cette initiative sera en mesure d’éviter des affrontements, reste qu’elle est positive et se répand rapidement sur les réseaux sociaux.

Malheureusement, un nombre considérable de Libyens ne sont pas au courant de RumorControlLibya. Le gouvernement doit donc promouvoir davantage son existence, comme, par exemple, en se servant des moyens médiatiques traditionnels.

De plus, cette initiative à elle seule sera insuffisante pour mettre fin aux rumeurs sur le long terme.

Les organismes médiatiques ont également un rôle à jouer. Ils doivent à la fois accroître l’obtention d’informations et le nombre de reportages. Ils doivent vérifier les faits, améliorer l'exactitude, réagir plus rapidement aux nouveaux sujets et offrir les points de vues des différents groupes concernés par les événements qui font l'objet du reportage.

Les journalistes pourraient bénéficier de davantage de moyens et d'outils pour combattre l'intox et vérifier les faits. Un cadre de professionnels des médias expérimentés et fiables pourrait aider les médias libyens à entièrement adopter le rôle de pilier dans le pays. L'amélioration des chaînes nationales est essentielle, ce qui engendrera une meilleure perception des médias et de leur rôle dans le pays.

Le gouvernement doit également s'efforcer d'améliorer l’obtention d’information et le nombre de réponses. Un bulletin quotidien de nouvelles n'est pas toujours suffisant. Les bureaux du gouvernement doivent également faire parvenir des informations aux différents médias, qui, à leur tour, pourront les rendre publiques. Cette collaboration amènera inévitablement la confiance et la crédibilité en les nouvelles et les porte-paroles du gouvernement.

Le soutien du secteur des médias est une composante critique du processus de démocratisation en Libye. RumorControlLibya est sans doute un bon début, les chaînes médiatiques et le gouvernement doivent maintenant jouer un autre rôle important.

*Marouane Bakit est une jeune journaliste et militante libyenne. Article écrit pour (CGNews).


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