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par Siti Musdah Mulia - publié le Vendredi 15 Mai à 06:00

Comment amener les Indonésiennes à participer à la vie politique de leur pays

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Djakarta – A en juger par le pourcentage de femmes qui se sont présentées aux élections législatives d'avril 2009 en Indonésie – 35,25 pour cent sur un total de 11,301 candidats – on peut en conclure que le droit des femmes à participer activement à la vie politique du pays est garanti.

Tant qu'il s'agit de voter et de se présenter à une fonction élective, c'est sans doute vrai, mais, prises collectivement, les femmes indonésiennes ont encore un long chemin à parcourir avant de pouvoir vraiment participer aux décisions politiques qui les concernent directement.

Les organisations de femmes commencent à changer cette réalité grâce aux programmes de formation civique qui traitent des problèmes politiques, culturels et surtout religieux. Depuis 1999, ces organisations apprennent aux femmes à exercer leurs droits civiques de façon à valoriser l'efficacité de leur participation à la vie politique.

En raison de mon propre travail au sein de l'organisation féminine musulmane Muslimat, j'en suis venue à me rendre compte que de nombreuses femmes de mon pays ne mesurent pas l'impact politique qu'elles pourraient avoir sur la qualité de la démocratie Indonésienne. Qui plus est, comme elles n'ont en main ni le savoir ni les outils qui leur permettraient d'exercer leurs droits, elles préfèrent rester silencieuses. De ce fait, elles n'interviennent pratiquement pas au niveau de la législation qui les concerne et sont sous-représentées dans les organes de prise de décision qui ont une incidence sur leur vie en général.

Mais ce défaut d'information n'est pas le seul obstacle qui s'oppose à leur pleine participation à la vie politique du pays. Des valeurs culturelles et religieuses sont aussi en cause. La religion, l'islam en l'occurrence, a été exploitée pour perpétuer une stricte ségrégation des sexes dans le domaine public comme dans le domaine privé. La politique est depuis longtemps considérée comme l'apanage des hommes, tandis que rien n'encourage les femmes à y jouer leur rôle.

C'est pourquoi les programmes d'éducation civique pour les femmes – à commencer par la formation que dispensent les organisations de femmes musulmanes – insistent non seulement sur le principe que les droits politiques sont des droits humains et que l'expérience que peuvent apporter les femmes est précieuse dans la vie de la cité, mais que l'islam, tel que le pratiquent la majorité des Indonésiens, garantit les droits politiques des femmes au sens plein du terme.

Dans la sourate 60 du Coran, Dieu ordonne au Prophète Mahomet d'accepter l'allégeance des femmes de Médine qui participaient à la réunion d'Aqaba qui a précédé son départ de la Mecque pour Médine. Ce passage montre bien le prix que l'islam attache à la voix des femmes. Lorsqu'il a permis à sa cousine, Ummu Hani, d'accorder sa protection à un soldat ennemi vaincu, le jour de son retour à la Mecque, le Prophète montre bien encore combien les voix et les actes des femmes ont de valeur.

Le Coran incite tant les hommes que les femmes à s'entretenir des affaires de la vie quotidienne dans le cadre d'un système de consultation publique, la choura. L'islam considère les femmes comme parties prenantes légitimes à la prise des décisions qui ont une incidence sur la vie publique. Il affirme même que les musulmans, hommes et femmes , sont partenaires dans la pratique du bien et la prévention de l'injustice (Coran 9.71).

Fortes de ce soutien religieux, de nombreuses musulmanes qui, naguère, hésitaient à faire de la politique, ont osé s'inscrire à des partis politiques et à se présenter à des postes électifs dans des assemblées provinciales, régionales et municipales. Certaines ont même brigué la direction de leur parti au niveau régional. Inspirées par les valeurs islamiques, ces candidates sont parties pour changer la société dans un sens positif.

Les textes justifient les efforts que déploient les organisations féministes et musulmanes pour améliorer la participation des femmes à la vie politique, pour étudier les pratiques et les règlements qui restreignent et violent leurs droits et pour proposer des textes susceptibles de faire avancer l'égalité dans tous les secteurs.

Selon les résultats officiels du scrutin tombés ce weekend end, les femmes occuperont 15 pour cent des sièges électifs. Bien que limitée, cette participation est un pas dans la bonne direction. Elle constitue un exemple qui pourra motiver d'autres femmes à se lancer en politique. Les programmes d'éducation civique qui visent à éliminer les obstacles à une participation accrue des femmes et qui apportent une justification religieuse à leur autonomisation, viendront à point assurer que cette participation sera efficace lorsque le moment sera venu pour elles de façonner les décisions politiques.

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* Siti Musdah Mulia, professeur à la Indonesian Conference on Religion and Peace (ICRP), professeur d'études islamiques à l'Université islamique Syarif Hidayatullah de Djakarta, est aussi lauréate du prix international décerné par le Secrétaire d'Etat américain à des femmes de courage. Cet article fait partie d'une série sur les femmes musulmanes et leurs droits religieux, écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews).

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 15 mai 2009. www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=255...


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