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Belkouch Hicham - publié le Lundi 16 Décembre à 23:27

#Code_numérique ... On ne gardera pas le silence !






En essayant de mettre un peu d’ordre dans ma chambre, j’ai commencé à fouiner dans de vieux cahiers que j’avais gardés comme souvenir d’enfance. Par pur hasard, je suis tombé sur un bloc note dans lequel je griffonnais souvent quand j’avais 12, 13 ans. En relisant les petites phrases d’enfant que je rédigeais à l’époque, je suis tombé sur un paragraphe très mal écrit, qui avait comme titre : Comment me vois-je dans le futur ?

Bien sur je ne vais pas partager avec vous tous ce que j’avais écris, mais au milieu de mes rêves d’adolescent, un passage a attiré mon attention, une ligne où j’avais noté : « Faire de la politique, mais pas comme les politiciens. »

Après avoir lu ça, j’ai eu un moment de réflexion afin de voyager dans mon passé et je me suis rappelé pourquoi ai-je écris ça à l’âge de 12 ans : J’étais encore un jeune adolescent qui ne pensait qu’au foot, et qui jouait des matchs « 9widsate » qui duraient des heures et des heures au milieu de la route devant l’immeuble où j’habitais. Un jour, lors d’une campagne électorale, un Monsieur est venu interrompre notre match de foot pour nous dire qu’il était candidat aux élections et qu’il allait bâtir un terrain dans notre quartier si jamais il gagne les élections. J’ai passé toute la semaine d’après à demander à mes parents, aux voisins, aux professeurs de voter pour lui … Finalement, il avait gagné les élections et nous n’avons revu ni sa gueule ni son terrain. C’est à ce moment là où j’avais écris dans ce fameux cahier que je m’étais fixé comme objectif de … Faire de la politique, mais pas comme les politiciens.

Aujourd’hui, 11 ans après avoir griffonné ces petits mots d’adolescent, je me suis dis que je peux en quelques sorte dire que j’ai pu réaliser mon rêve. Il est vrai que je ne suis pas membre d’un parti politique, que je ne suis pas « Politicien professionnel », que je n’ai pas de siège au parlement (d’ailleurs je n’en veux pas). Mais je ne peux nier que je m intéresse à la politique et que je la fais à ma façon, avec les moyens dont je dispose, tout en gardant mon émancipation politique et ma liberté intellectuelle.

Je me suis posé comme question : Comment ai-je pu réaliser mon rêve d’enfance ?
Et je ne vous cache pas que je n’ai pas réfléchis longtemps à cette question, car la réponse était simple et claire : Les réseaux sociaux … Oui, pour moi Facebook, Twitter ainsi que mon blog personnel ne sont pas de simples réseaux pour faire de nouvelles connaissances, mais plutôt un espace de partage, de débats, d’échange, de confrontation, de mobilisation … Et c’est grâce aux réseaux sociaux que j’arrive aujourd’hui à publier mes opinions et mes positions sur divers sujets politiques, économiques et sociaux, en influençant comme je peux l’échiquier politique du pays.

Aujourd’hui, en lisant le projet de loi sur le code numérique qu’a présenté dernièrement le gouvernement, j’ai bien peur pour mon rêve d’enfance et j’ai bien peur que je ne puisse continuer à faire de la politique à ma façon. Je ne sais pas si j’aurai toujours l’occasion de me présenter comme étant un jeune blogueur marocain qui est engagé dans le processus de changement politique de mon pays, un jeune qui a participé au débat sur les réseaux sociaux qui a précédé la naissance du mouvement 20 février et qui continue à partager ses opinions et ses positions politiques, qui a critiqué sur les réseaux sociaux la grâce royale du pédophile Daniel Gate et qui s’est battu pour la libération des jeunes adolescents de Nador.

Car après avoir lu ce projet de loi, j’ai constaté qu’il contenait un article 73 qui interdisait de parler des sujets pouvant porter atteintes à la religion musulmane ou aux politiques du public.
Devrai-je comprendre que vous me demandez de fermer ma gueule ? De ne parler que des matchs du Real Madrid, des vidéos de Sina et des publications de Maroc Insolite ?… Je ne peux vous le garantir !!

Simple question : Si cette loi avait vu le jour avant 2011, aurions-nous eu le droit de lancer le débat sur les réformes politiques au Maroc qui ont donné naissance au mouvement du 20 février ? Aurions-nous eu le droit de lancer le débat au sujet de la grâce royale du pédophile espagnole ? Est-ce que Daniel Gate serait aujourd’hui en prison ? Ou plutôt les jeunes qui ont critiqué cette décision ? … Car cet article 73 est tellement ambigu, que chacun peut analyser à sa façon « l’atteinte à la politique »

Autre question : Si cette loi avait vu le jour avant 2013, aurions-nous eu le droit de dire qu’emprisonner les jeunes adolescents de Nador était une grave erreur de la part des autorités marocaines ? Car ce même article 73 interdit de parler des sujets qui portent « atteinte à la religion musulmane. »

Le message que je tiens à dire aux responsables marocains :
Les jeunes ont déserté les partis politiques, ils ont déserté les syndicats, ils vous ont laissé vos institutions … pour toutes les raisons et les contraintes que nous connaissons. Ce n’est pas parce qu’ils ne s’intéressent pas à la politique, loin de là. Cela est juste dû à vos erreurs et aux promesses imaginaires que vous avez données un jour à un jeune garçon de bâtir un terrain de foot dans son quartier.

Aujourd’hui, bien sur que je ne suis pas porte parole de la jeunesse marocaine, mais je ne suis qu’un simple jeune qui ne veut pas voir son rêve tomber, une simple voix qui se révolte contre ce projet de loi, un simple électron libre qui vous a laissé les institutions politiques que vous voulez, avec les postes que vous voulez, avec les promesses imaginaires que vous voulez … Mais qui ne tolère pas que l’on touche au seul espace dans lequel les jeunes arrivent à parler et à s’exprimer librement.

Hier, le ministre de l’Industrie, du Commerce, de l’Investissement et de l’Economie numérique, Hafid Elalamy a déclaré qu’il n y a pas de décision de retrait du projet venant du gouvernement, mais qu’il est « gelé » … Je ne sais pas ce que cela veut dire exactement, mais ça prouve une chose, que ce dernier est toujours dans le circuit législatif.
Bref, nous continuerons à mener notre compagne contre le code numérique, on ne peut tolérer une telle loi dans notre pays, on vous montrera par plusieurs façons notre refus à cette mascarade afin de dire haut et fort qu’on ne joue pas avec nos libertés d’expressions.

On ne gardera pas le silence !!



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