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Abdallah Bouhamidi - publié le Mercredi 13 Novembre à 10:31

Ceux d’Akka N’wanine






Ceux d’Akka N’wanine
Des hommes, jeunes et vieux et des enfants. Étrange procession en ce lieu, Tizlit, le plus petit des deux lacs d’Imilchil. Ils portent des drapeaux du Maroc et quelques maigres besaces.

Deux sont chargés d’une banderole qu’ils portent haut lorsque je m’arrête pour leur demander qui ils sont et où ils vont. La banderole est agitée par le vent qui commence à se faire froid en ces hauteurs. Elle m’est d’abord présentée à l’envers et cela donne lieu à un jeu de danse comique. L’un des porteurs à qui je demande de tourner la banderole pour que je puisse la lire fait un tour sur lui-même.

Manifestement personne à part, peut-être les enfants, ne sait lire.

La banderole précisément est un message au Roi Mohamed VI et demande entre autre une école pour les enfants de leur village Akka N’wanine qui est à une trentaine de kilomètres  de là où nous sommes.

Où vont-ils comme ça ?
 Non pas vers un lieu mais vers la satisfaction de leurs revendications. « Nous-nous arrêterons quand nous aurons une réponse. » Ils ne vont vers nulle part que vers le changement de leurs conditions de vie et une promesse d’un avenir meilleur pour leurs enfants et petits enfants.

L’âge des marcheurs va d’une dizaine d’années à plus de 70 ans. La direction prise frôle le surréalisme. Vers l’ouest et donc vaguement vers la capitale du pays que la plupart ne sauraient situer ni évaluer la distance qui les en sépare.
De plus vers cette direction, il y’a peu de monde et peu de lieux urbanisés. Le plus proche est Aghbala à quelques 70 kilomètres de là.

Comme nous l’avons dit, il commence à faire froid même si l’automne est plutôt clément cette année, trop même pour les besoins en eau du pays. Il y’a des années où il neige sur ces hauteurs en cette période de l’année.

La maigreur de l’équipement, quelques  sacs de fortune et des couvertures portées en bandoulière, est frappante.  Mais  ces hommes et ces enfants sont comme portés par un enthousiasme communicatif.
Je leur demande si je peux prendre des photos.
Et comment ! Ils acceptent comme un seul homme.
Je leur promets un article. Ils prennent notre rencontre comme un signe de la justesse de leurs revendications.

Longtemps après les avoir quittés, je ne cesse de m’interroger sur leur démarche dont le caractère surréaliste, notamment par la direction prise en dit long à la fois sur la gravité de leur situation et la grandeur de leur espoir.

Puissent-ils être entendus.



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