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Jawad AMAHMOUL - publié le Mercredi 8 Juin à 17:54

Cette manière obsolète de faire la politique






Le Maroc change. Enfin, c’est sûr qu’il n’est plus ce qu’il était. Il suffit de lire la presse et de voir la télé pour s’en rendre compte. Aujourd’hui au moins on ose parler de tout, même des choses qui fâchent, qui gênent et qui titillent. La prostitution, la sexualité, l’adultère, l’alcool, la religion, la monarchie même, et j’en passe. Rien ne résiste plus au pouvoir de la plume et du verbe. On est réellement en phase de détruire notre vieille maison caduque et de construire une nouvelle demeure. Mais, tout cela est-il suffisant ? A-t-on le droit de crier victoire ? Cela me semble un peu déplacé. Car finalement, le Maroc authentique n’est-il pas resté à l’écart de ce brouhaha.

Et si le Maroc n’arrive pas, malgré la velléité réformiste, à décoller dans le bon sens c’est en grande partie à cause de l’absence d’hommes- et aussi de femmes- qui peuvent donner une forme concrète aux idées exprimées dans les plans et les discours officiels. Le Maroc regorge de compétences, de génies, de surdoués. Aux sceptiques je recommande de jeter un coup d’œil sur le nombre de nos fils et nos filles admis chaque année dans des grandes Ecoles de l’hexagone. Voilà une bonne vieille référence. Disons qu’il y a seulement une carence, dû au fait que rares sont ceux parmi ces surdoués qui s’intéressent de près, ou même de loin à la chose politique.

Crise de patriotisme ! C’est surtout la méfiance et le désespoir qui me semble être les vraies causes de ce désintérêt dont nous payons très cher le prix. Comment voulez-vous que ces jeunes imbus de logique cartésienne et des valeurs de la modernité acceptent d’intégrer un domaine qui a toujours été considéré comme une chasse gardée aux enturbannés analphabètes et aux pires des arrivistes ?

Notre salut et celui des futures générations dépend de l’épuration de nos institutions et de nos partis et de la mise en place d’une nouvelle culture politique, axée sur la démocratie et l’alternance. Nos formations politiques sont appelées à répudier ces concepts vermoulus dont les miasmes ont infesté l’atmosphère et à bannir ces pratiques éculées qui font de quelques amourachés du pouvoir des leaders ad vitam aeternam.

La politique et le pouvoir ne sont pas des professions comme les autres, qui s’exerce du berceau jusqu’à la tombe, mais un poème auquel chacun doit apporter sa rime et partir. On ne fait pas de la politique pour s’enrichir sans cause ni pour acquérir une immunité qui sert de couvercle à des actes qui sont normalement punis par la loi, mais pour défendre une cause et pour contribuer au progrès.

En s’agrippant mordicus à un siège, nos hommes politiques donnent un mauvais exemple à la jeunesse et contribue à nourrir l’image fort déplaisante que se font d’eux les citoyens ordinaires. Et dieu sait à qui tout cela profite !

Quoi de plus irrationnel que de voir à la tête de certaines formations qui se définissent comme étant les haros de la démocratie, des personnes qui ont échoué à récolter le nombre dérisoire de voix nécessaire pour siéger au parlement ? Comment quelqu’un qui a été boudé par les électeurs de la circonscription à laquelle il appartient peut-il espérer devenir le représentant d’un peuple de plus de trente million ?

Ces pratiques auraient pu passées inaperçues si elles étaient perpétrées par des sociétaires des formations fastoches, créées pendant les années de plomb pour combler le vide. Mais qu’elles soient consacrées par des partis qui prétendent avoir une légitimité, une histoire et une assise populaire, c’est inacceptable.

Un parti politique ne doit pas être lié à untel mais plutôt à une idéologie et à un programme bien déterminé qui le distingue des autres. Ce qui n’est malheureusement le cas d’aucune formation.

Toutes ces données contribuent à la faillite de la politique et au désintérêt des électeurs. Nous avons frôlé la catastrophe lors des législatives avec un taux de participation qui tourne autour de quarante pour cent. Si les politiques ne décident pas de rompre avec cette manière obsolète, nous devons nous attendre à un taux encore plus bas. Si on veut réellement sauver la baraque, alors il est temps de procéder à la rationalisation de la vie politique. Ceux qui s’estiment incapables de contribuer au développement de notre pays doivent jeter l’éponge. Car il est inacceptable qu’ils viennent dire après qu’ils ne pouvaient rien faute de moyens et que le sous-développement et la pauvreté sont des fatalités marocaines.


Tagué : Jawad AMAHMOUL

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