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Fouad EL MAZOUNI - publié le Jeudi 4 Février à 10:59

Ce que journaliste veut dire !




Le magnifique, le sublime, dans les grandes occasions, c'est que les mots et les images du journaliste sont écrits ou énoncés sans y penser. Ils sont libres. Ils prennent l’esprit à la lettre et la parole au mot. Ils naissent du courage et de la sincérité. Ils sont audacieux et d’une étonnante vérité. Ils sont justes par leur justice et leur justesse.



Fouad EL MAZOUNI
Fouad EL MAZOUNI
Les mots et les images du journaliste sont éclairés et de bonne foi. Ils ont une exigence par rapport à leur métier. Ils prennent des risques en connaissance de cause pour permettre de savoir pour réagir. Ils donnent la vie ou la mort à la connaissance des faits. Ils usent de leur plume pour permettre à l'esprit critique de s'émanciper des représentations sociales, obscurantistes et rétrogrades. Ils mettent à nu avec véhémence la logique de la servitude et l’hégémonie de tout vendre. Ils brisent les barrières de la collusion des intérêts économiques avec la politique et la presse. On devine de quel tocsin ils sont capables ! C’est toujours à des gens qui ont à dire qu’ils s’adressent. L’héroïque Hugo, merveilleux dans nos cœurs, est vivant en eux.

Le journaliste honnête dit tout à mesure. Il est assez intuitivement attentif pour déceler la réalité des faits, ensuite assez courageux, je dirai presque pieux, pour mener petit à petit le lecteur vers la vérité, en agissant de la sorte pour qu’il la découvre lui-même. En tant que citoyen libre, le journaliste mène lui-même le combat de la vérité, même si c’est un combat difficile. Il n’y a pas de miracle, ni de voie facile. La vérité des faits sans mensonge, l’amour sans péché, la fidélité sans lassitude, la parole libre et libérée sans sacrifice, l‘héroïsme sans appréhension, le progrès sans luttes sociales, ne sont que des rêves… rêves d’ambitieux médiocres. « Celui qui ne veut agir et parler avec justesse finit par ne rien faire du tout », dit Nietzsche.

Le journaliste n’est pas la caution du nouveau mode de tout persuader pratiquant la double vérité, une vérité pour le petit peuple et une vérité pour la dissimulation seule capable de ravitailler son pouvoir, maintenir la croyance dans la légitimité de l'ordre social établi.

Il n’est jamais au service d'un ordre toujours plus raffiné de mensonge et de diffusion de fausses nouvelles. Par-delà la vérité il y va de notre être. Il y a quelque chose de fascinant à voir comment le journaliste parvient à utiliser les diverses techniques d’un certain Gustave le Bon, Mussolini passe pour s'être inspiré, pour façonner notre esprit de bons citoyens. À plus forte raison ce mal est salutaire lorsqu’il sait exploiter les faiblesses, les sentiments des uns et des autres qui croient à chaque fois être les plus entendus. Il nous procure certaines idées de démocratie qu'il juge utiles et nécessaires pour s'opposer à tout obscurantisme, écarter les obstacles que le mensonge oppose à son action. C'est pour cela que nous sommes si légers ! Une race de journalistes complices, tartuffes et imbéciles a existé de tout temps. Sources d’information intermédiaires, ils s’appliquent à forger notre opinion, quand le choix et le destin hésitent. Ils déforment les faits et manipulent la réalité de l'information, rendant notre perception du réel et des hommes beaucoup plus celle des autres, voire des leurs, que la nôtre. Ils sont les premiers soldats des temps de la nouvelle société de communication, celle à deux visages, celui de la surveillance et celui de la discipline. Ils nourrissent l’écumante peur qui éveille les tentations sécuritaires et les attitudes paranoïdes. Ils focalisent sur des boucs émissaires. Que les faibles, les laissés-pour-compte du développement et noyés dans les flots de la mer s’accrochent au mât !

Des journalistes indépendants, intègres, des soldats de la liberté ne peuvent en rien admettre un monde de plus en plus injuste, une société divisée en deux parties illégales, mais pas encore en affrontements. Si peu qu'ils s'y habituent, c'est grave. En me montrant si sévère, j'aurais dû penser que le pouvoir de l'injustice était une pure extension, un prolongement du monde des journalistes complices. Le tricheur, le corrompu, le véreux, le manipulateur, le débauché... si atroce soit-il, n'aurait rien ou peu su pratiquer qui, d'une façon ou l'autre, n'a déjà été mis en exécution avec la complicité du cinquième pouvoir, supposé être un rempart. Le profiteur, le spéculateur financier, la lèpre sociale ne se hasarde pas, n'agit pas dans un seul sentier que les journalistes, par leur silence, n'eurent frayé déjà le chemin. En piétinant le droit de dire et de rapporter la vérité, les journalistes pervertissent totalement la vérité morale et sociale, et, à l'occasion, les questions de conscience restées sans solutions dans l'esprit de ceux là même censés être ses défenseurs !

Quant à la force du poing, les journalistes citoyens priment tous les autres pouvoirs, ils peuvent constituer une excelle puissance de résistance au mensonge, à la tromperie, aux intempéries du bourrage de crânes le plus ignoble. Ils sont un rempart contre le backlash idéologique instaurant toutes ses pompes pour le seul bien du nouvel ordre global.

Une nouvelle société transparente et décentralisée, une libre circulation de l’information et des journalistes libres sont à inventer. Les citoyens conscients ont mieux à faire que de compter sur une société de plus en plus dominée par le sabre de l’exclusion sociale, la concentration des moyens de communication, le poids du « cinquième pouvoir ».

Mais j’ai sans doute tord d’écrire et d’énoncer ainsi puisque je n’y comprends rien, et que : "Autant que le peuple veuille être trompé, qu'il le soit", disait le cardinal Carafa qui, en 1472, prit les commandes de la flotte papale et remporta contre les Turcs une sacrée victoire.



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