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Reuters - publié le Mercredi 26 Août à 11:14

Cazeneuve : Rien ne justifiait d'arrêter el Khazzani en France



Paris - Bernard Cazeneuve a défendu mercredi l'action des services de renseignement français après la mise en examen du tireur du Thalys, réaffirmant qu'Ayoub el Khazzani n'avait commis sur le territoire français aucune infraction justifiant son arrestation ou son expulsion, comme l'a évoqué le Front national.



Le Marocain de 25 ans a été mis en examen puis écroué dans la nuit de mardi à mercredi, notamment pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste".

Le ministre de l'Intérieur a évoqué sur France Inter un possible lien entre le jeune homme, qui avait consulté dans le train une vidéo appelant à des actions violentes au nom de l'islam, et l'Etat islamique.

"L'enquête dira les conditions dans lesquelles cela a été organisé. Ce que l'on peut dire en tous les cas, au regard des autres événements qui se sont produits en France et en Europe, c'est qu'il y a aujourd'hui une volonté de Daesh, à partir de la Syrie mais pas seulement, de frapper la plupart des pays de l'Union européenne", a-t-il déclaré.

Les services de renseignement français, alertés début 2014 par leurs homologues espagnols (Ayoub el Khazzani a résidé plusieurs années à Algésiras, dans le sud de l'Espagne) sur la radicalisation du tireur et sa possible venue, ont alors émis une fiche "S" qui permet un suivi discret en cas de contrôle.

Ayoub el Khazzani a résidé plusieurs mois en France en 2014, selon ses dires. Il est établi qu'il a travaillé dans une entreprise de téléphonie mobile de la région parisienne du 3 février au 3 avril 2014.

Le procureur de la République de Paris, François Molins, a déclaré mardi qu'Ayoub el Khazzani n'avait pas été contrôlé en France et "n'avait pas attiré l'attention des services", et une source française proche du dossier a déclaré à Reuters que sa fiche ne portait aucune trace d'un passage en France.

"Rien à ce moment-là ne signale une activité à caractère criminel en France", a confirmé Bernard Cazeneuve, soulignant que la France avait été le seul pays de l'espace Schengen à avoir émis une fiche "S", alors que le Marocain se serait également rendu en Allemagne, Autriche et Belgique.

"Ces fiches S sont des fiches de renseignement, ce ne sont pas des mandats d'arrêt internationaux", a souligné le ministre.

49 MESURES D'EXPULSION

"Lorsque certains, dans l'emportement, la recherche de la polémique, le goût de l'outrance, demandent les raisons pour lesquelles les services français n'ont pas procédé à l'arrestation de cet individu, il était la quasi totalité du temps à l'étranger", a-t-il justifié.

Les fiches "S", a-t-il insisté, "sont des outils dont disposent les services de police pour procéder à la surveillance de ceux sur lesquels ne repose aucune incrimination pénale, mais qui peuvent par leur activité représenter à un moment ou à un autre un risque de trouble à l'ordre publique ou une atteinte à la sûreté de l'Etat".

Quelque 5.000 personnes sont visées par une fiche "S".

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a réclamé dimanche dernier que les étrangers fichés en France pour islam radical soient immédiatement exclus et interdits de territoire.

"On ne peut procéder à l'expulsion d'un étranger résidant en France que dès lors qu'il y a suffisamment d'éléments témoignant soit d'une infraction pénale soit de la volonté de commettre un crime", a répondu Bernard Cazeneuve.

Il a précisé avoir proposé depuis le début de l'année 49 mesures d'expulsion "sur la base de dossiers très étayés d'étrangers étant en lien avec des entreprises terroristes".

"Il y a pour ceux qui sont partis sur le théâtre des opérations (en Syrie principalement-NDLR) et qui sont revenus 840 fiches 'S' émises", a-t-il dit. Sur ces 840 fiches, "il y en a 140 qui concernent des combattants étrangers qui ont pu résider en France ou qui y résident encore".

Une réunion des ministres de l'Intérieur et des Transports de l'Union européenne se déroulera samedi à Paris "pour regarder des propositions très concrètes" sur le renforcement de la sécurité après l'attentat du Thalys Amsterdam-Paris.

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