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Dr Mohammed MRAIZIKA - publié le Jeudi 15 Janvier à 10:08

Caricatures et grandeur du Prophète (1)




Trêve de baliverne et que la raison et la lucidité l’emportent sur cette manie, obsessionnelle, qui consiste à prêcher des idées haineuses (E. Zemmour, Michel Houellebecq, le FN…) et de professer des thèses aux relents xénophobes à des fins électoralistes ou promotionnelles. Par-delà, cette manie fait énormément de tort aujourd’hui. Ses méfaits sont dévastateurs et les dégâts qu’elle génère, en toutes matières, sont inestimables. Mais, ce qui rend cette manie dangereuse, c’est qu’elle se drape, pour agir et prospérer, d’un principe fondamental dénommé : liberté de pensée. Certes. C’est l’Islam (ses lieux, ses symboles, son dogme et son prophète) qui lui offre aujourd’hui sa « matière première », mais, malicieuse comme elle est, elle trouvera demain, une fois cette source tarie, une autre victime expiatoire pour assurer sa survie.



La grandeur du prophète Mohammad (sws) ne se mesure pas à l’aune de ces caricatures, ces écrits et dires diffamants et injurieux qui prolifèrent ici ou ailleurs. Quinze siècles d’histoire affirment cette grandeur d’âme et d’esprit et plus d’un milliard et demi d’individus répètent quotidiennement, à travers la planète, le nom du prophète Mohammad (sws) et louent ses vrais « visages » : la droiture, l’honnêteté, la bravoure, la piété, la générosité, la noblesse et le pardon. Il est « une miséricorde envoyé à l’humanité entière » (Coran) sous le signe de la paix et de la fraternité.

Et ce ne sont ni des caricaturistes ni les attaques désobligeantes d’un journal dit satirique (…) qui changeraient quelque chose à cette réalité.

Cette grandeur et ces « visages » bienveillants du Prophète Mohammad (sws), des hommes d’une autre trempe intellectuelle l’ont loué et clamé.
Pour Lamartine (1790- 1869), « Jamais homme n’accomplit en moins de temps une si immense et durable révolution dans le monde. […] Si la grandeur du dessin, la petitesse des moyens, l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie de l’homme, qui osera comparer humainement un grand homme de l’histoire moderne à Mahomet ? »(Cf. Histoire de la Turquie, éd. Librairie du Constitutionnel, 1854, livre premier, p. 277-280)
Georges Bernard Shaw (1856-1950, dramaturge irlandais, prix Nobel de littérature 1925) apporte ce témoigne éloquent : «…J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité ».
Ernest Renan (1823-1892) écrit dans ses Études d’histoire religieuse, (Ed. Michel Lévy frères, 1858, p. 248) : « Mahomet nous apparaît comme un homme doux, sensible, fidèle, exempt de haine. Ses affections étaient sincères; son caractère, en général, porté à la bienveillance (…) ».
Goethe (1749-1832) n’hésita pas à affirmer (Divan occidental et oriental, 1819) : « jusqu’à ce jour il n’est pas un homme qui puisse se comparer à Mahomet ».
Voltaire (1694 -1778) lui-même, après des errements coupables, finit par reconnaître, dans son Supplément à l’Essais sur les Murs (1763), au Prophète Mohammad des qualités humaines et intellectuelles intangibles : « Il joua le plus grand rôle qu’on puisse jouer sur la terre aux yeux du commun des hommes ».

L’un des traits les plus marquants du « visage » de Mohammad c’est sans doute la magnanimité. Il faisait preuve, en toute circonstance, d’une maitrise de soi, d’une noblesse, d’un savoir pardonner à ses ennemis les plus acharnés, incomparables. « Il ne rendait jamais le mal par le mal, mais pardonnait et oubliait les offenses » (Hadith rapporté par Abû Dâùd). En cela, il obéissait à son Seigneur qui lui recommanda une conduite exemplaire : « N’obéis pas aux dénégateurs et aux hypocrites, délaisse leur méchanceté et place ta confiance en Dieu, Dieu suffit comme garant. » (Sourate 33, verset 48).
Lorsqu’il est rentré (en l’an 629) victorieux à la Mecque, Mohammad (sws) n’a prêché ni vengeance ni exclusion, ni haine contre ceux qui l’ont combattu, calomnié ou trahi. Toute sa vie, à l’instar de ses devanciers, Prophètes et Messagers, il a supporté l’offense et pardonné l’injure. Jésus a été traité de « juif fanatique », Moïs « de menteur » et de « sorcier », Noé de fou et Salomon, « Sage parmi les hommes », fut qualifié de « dictateur » à la fin de son règne (à cause de la levée d’impôts et institution de la corvée).

Aujourd’hui, la communauté des croyants est blessée et touchée dans ce qu’elle a de plus cher et plus profond : sa foi. Mais, dans ces circonstances difficiles et particulières, elle a l’obligation de s‘armer de sagesse et de noblesse, de prendre modèle sur le prophète et sa « sîra ».
Mais, si la personne du prophète et le Coran sont sacrés, l’âme humaine que Dieu a créée est plus que sacrée, car «… quiconque tuerait une personne (…), c’est comme s’il avait tué tous les hommes. » (Sourate al-mâîda, verset 32)
Elle doit, dans le cadre de la loi, dans le respect de la vie humaine et des biens d’autrui, avec la contribution de tous les hommes de bonne volonté, œuvrer pour que s’instaure la paix entre les hommes et s‘établisse un dialogue fraternel et sincère entre les civilisations et les cultures.
Elle ne doit, surtout pas, céder à la provocation, tomber dans le piège de la haine et commettre l’erreur de répondre au mal par le mal.
N’est-ce pas vers cet abîme que ces professionnels de la provocation et ces fanatiques et agitateurs cherchent à la conduire ?
Elle doit surtout méditer ce que l’enseignement coranique lui dicte de bon et de sage pour qu’elle reste un exemple à toute l’humanité et à jamais sur la « voie droite » : « Ne semez pas le désordre sur la Terre, après que l’ordre y a été établi » (Sourate 7 – verset 56), car «… Dieu n’aime pas les semeurs de désordre» (Sourate 1 – verset 205). « Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. (S. 41, Fusillât, v.34)

(1) Par respect du deuil des familles des 17 victimes des récents attentats, odieux et criminels qu’a connu la capitale française, par respect de la liberté de pensée, qui est un bien précieux à défendre et à consolider et qui a été touché au cœur par le terrorisme, le nom du journal « Charlie Hebdo », cité dans l’article dans sa version de septembre 2012, n’est pas mentionné dans cette nouvelle publication.

Une pensée pour les millions de fidèles musulmans qui sont aujourd’hui peinés, attristés de voir leurs lieux de cultes souillés et leur religion dévoyée et utilisée à des fins criminelles et qui voient de nouveau, ce matin 14 janvier 2015, leur prophète « caricaturé ».

Dr Mohammed MRAIZIKA
(Chercheur en Sciences Sociales…)



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