Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Afrique: la diplomatie algérienne multiplie les impairs à cause du... | via @lemagMaroc https://t.co/GvkvQIop7S https://t.co/fhLnSnexyU



Dominique AGEORGES - AFP - publié le Lundi 27 Mai à 01:02

Cannes: La Palme d'or à une passion brûlante entre deux jeunes femmes






Le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche, entouré de ses deux actrices Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, lors de la cérémonie de clôture du 66e Festival de Cannes, le 26 mai 2013. | AFP/VALERY HACHE
Le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche, entouré de ses deux actrices Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, lors de la cérémonie de clôture du 66e Festival de Cannes, le 26 mai 2013. | AFP/VALERY HACHE
Une passion brûlante entre deux jeunes femmes, "La vie d'Adèle" du Franco-tunisien Abdellatif Kechiche, a remporté dimanche la Palme d'or du 66e festival de Cannes, une première pour un film qui parle aussi ouvertement et crûment d'homosexualité.

"C'est une très belle histoire, un amour magnifique auquel tout le monde peut s'identifier, peu importe la sexualité", a estimé Steven Spielberg, président américain d'un jury qui a osé placer sur la plus haute marche un film aux scènes très explicites de sexe lesbien.

Lors de la remise de la Palme, Spielberg avait maintenu le suspens en déclarant que le jury allait quelque peu innover "en honorant trois personnes" avant d'appeler les deux actrices "Adèle, Léa et Abdel... pour +La Vie d'Adèle+", qui sont montés ensemble sur scène où ils sont tombés dans les bras les uns des autres.

La France, qui repart également avec le prix d'interprétation féminine attribué à la Franco-Argentine Bérénice Bejo dans "Le Passé", n'avait pas remporté la Palme d'or depuis 2008 pour "Entre les murs" de Laurent Cantet.

Le président de la République François Hollande a estimé que la Palme d'or récompensait "le talent des artistes, la liberté du réalisateur, son audace et la confiance qu'il porte dans la jeunesse".

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a salué "un hymne d'amour à la jeunesse de France", "à l'heure où d'autres cherchent à la diviser".

Interrogé sur le choix du jury alors qu'une nouvelle manifestation de masse contre le mariage homosexuel avait eu lieu le même jour à Paris, Steven Spielberg a répondu: "Ce n'est pas la politique qui nous a influencés mais le film". "Nous avons voulu remettre des prix de cinéma et pas des prix politiques", a enchaîné le cinéaste roumain Cristian Mungiu.

Spielberg a cependant précisé que "La vie d'Adèle" portait "un message important", lors de la conférence de presse qui a suivi.

"Je voudrais dédier ce prix, ce film à cette belle jeunesse de France (...) qui m'a beaucoup appris sur l'esprit de liberté et du vivre-ensemble", ainsi qu'à "une autre jeunesse (...) de la révolution tunisienne, pour leur aspiration à vivre eux aussi librement, s'exprimer librement et aimer librement", a déclaré Kechiche en recevant son prix.

Adapté librement d'une bande-dessinée "Le bleu est une couleur chaude" de Julie Maroh, "La vie d'Adèle - chapitre 1 et 2" suit la naissance et l'évolution d'une passion absolue entre les deux personnages d'Adèle et d'Emma.

Famille et violence

"Nous avons été privilégiés de voir ce film et non gênés", a poursuivi Spielberg, allusion aux scènes de sexe très crues du film.

Adèle Exarchopoulos, l'Adèle du film, s'est adressée à sa partenaire Léa Seydoux pour la remercier "d'avoir été aussi généreuse avec moi (dans) ce film".

Auparavant Bérénice Bejo était montée sur scène afin de recevoir le prix d'interprétation féminine, offrant un joli moment d'émotion. En larmes, elle s'est adressée au réalisateur iranien du film, Asghar Farhadi en lui déclarant: "Je t'aime tellement, j'aime tellement ce film".

Couronnée par un César pour son rô le de star du cinéma dans "The Artist, Bérénice Bejo a connu une "success story" fulgurante depuis deux ans, qui se poursuit avec une récompense pour son rô le de mère déchirée entre son mari d'avec qui elle veut divorcer et son nouveau compagnon.

Pour le prix d'interprétation masculine, le jury a choisi d'honorer Bruce Dern, acteur de 76 ans, pour son rô le de vieil homme acariâtre dans le road-movie d'Alexander Payne "Nebraska".

Les Américains Joel et Ethan Coen, qui avaient reçu la Palme d'or en 1991 pour "Barton Fink", se sont vu attribuer le Grand prix pour "Inside Llewyn Davis", racontant les tribulations d'un chanteur de folk dans le Greenwich Village des années 60.

La famille, un des thèmes centraux de la compétition officielle, a été encore récompensée avec le prix de la mise en scène au Mexicain Amat Escalante pour "Heli", une oeuvre radicale et dérangeante sur le destin d'une famille confrontée à la violence.

Le Japonais Hirokazu Kore-Eda a reçu pour sa part le prix du jury pour "Tel père, tel fils", réflexion profonde et sensible sur la paternité.

Enfin le Chinois Jia Zhangke s'est vu attribuer le prix du scénario pour "A touch of sin"(un soupçon de péché), sombre fresque montrant la violence d'une société chinoise en plein boom économique minée par la corruption et la pauvreté.

"Le cinéma me fait vivre", a dit le réalisateur chinois, dont le "courage" a été salué par le jury. "La Chine change si vite en ce moment. Je pense qu'un film est le meilleur moyen pour moi de rechercher la liberté", a-t-il ajouté.


Tagué : Cannes 2013

               Partager Partager